Petite politique partisane
À la source du problème, Stephen Harper n’a pas encore dirigé son élection minoritaire. Il a voulu profiter d’un exposé sur l’état de l’économie pour introduire des mesures politiques partisanes comme la fin du financement des partis politiques, la suspension du droit de grève des fonctionnaires et ainsi de suite.
Pourtant, au cours de la campagne électorale qui avait pris fin le 14 octobre dernier, jamais les Conservateurs n’avaient abordé ces sujets. Pourquoi débuter son mandat par l’adoption de mesures jamais soumises à l’approbation populaire?
Alors que la situation économique exige des interventions rapides et musclées, on se retrouve avec des suggestions inappropriées ayant peu d’influence sur la situation économique actuelle et on reporte les vraies décisions à un budget à venir trois mois plus tard.
Définitivement, Monsieur Harper est fort mal conseillé.
Une coalition hors-nature
Pendant ce temps, l’opposition libérale, bloquiste et NPD présente une alternative surprenante formée de deux partis qui s’engagent à former un gouvernement de remplacement, appuyés par un troisième parti qui ne fera pas partie de la coalition, mais qui s’engage à ne pas la renverser.
C’est ainsi que l’on retrouve à la même table Stéphane Dion, Jack Layton et Gilles Duceppe qui se disent prêts à vivre un mariage à trois. Ce sont pourtant ces mêmes chefs qui, pendant la campagne électorale, s’injuriaient sur la place publique. Face à la possibilité de l’élection d’un gouvernement minoritaire, on rejetait l’idée d’un gouvernement de coalition. Il aura suffi de quelques semaines pour oublier ce que l’on avait dit en période électorale.
Une bande d’irresponsables
Il ressort de cette crise que nos élus se comportent comme une bande d’irresponsables, indignes de notre confiance.
Stephen Harper est responsable d’avoir allumé cet incendie et de refuser que les autres viennent l’éteindre. Il a beau vouloir diaboliser les députés du Bloc québécois, ces derniers ont été élus en toute légitimité par 38,1 % des Québécois.
Les Conservateurs n’ont pas fait mieux dans l’ensemble du Canada, récoltant
37,6 % des votes. En démocratie, le premier devoir d’un dirigeant est de respecter le vote populaire, même s’il ne nous plaît pas. Si l’on commence à renier ce principe élémentaire, c’est la démocratie que l’on met en péril.
Les Libéraux, NPD et Bloquistes ne font pas mieux en tentant d’imposer Stéphane Dion comme Premier Ministre aux Canadiens. Ce dernier a été largement rejeté par l’électorat; même les membres de son propre parti n’en veulent plus. Il y a tout de même des limites.
Couper les salaires
La seule solution trouvée par le Premier Ministre du Canada pour mettre fin à l’actuelle crise : proroger le parlement ou, si vous préférez, fermer la «shop».
Pendant que nos élus se crêpent le chignon comme une bande d’étudiants du primaire dans une cour d’école qui joue à «mon père est plus fort que le tien», des entreprises ferment leur porte et des milliers de travailleurs perdent leurs emplois au Canada.
Quand leurs «shops» ferment, les travailleurs canadiens perdent leurs salaires. Pourquoi en serait-il autrement pour nos députés et ministres. Surtout que ce sont eux qui ont choisi de mettre fin à leurs activités parlementaires.
Quand un entrepreneur décide de mettre la clé dans la serrure, c’est parce qu’il n’a plus de commandes, qu’il n’a plus les moyens de poursuivre ses activités et non pas parce que ses employés se chicanent.
De ce temps-ci, ce ne sont pas les commandes qui manquent à Ottawa. La crise économique actuelle requiert des interventions immédiates, des mesures majeures pour atténuer les impacts. Si nos élus décident de ne pas faire le travail, ils ne méritent pas leurs salaires.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux députés fédéraux : «Est bien trompé qui pense imposer le respect par le bâton.»