Il m’arrive de penser que la démocratie est peut-être devenue trop facile chez-nous. C’est un acquis que l’on ne remet plus en question; pire, que l’on néglige. On se contente d’un taux de participation de 60 à 70 %.
Trop de cynisme
Plusieurs concluent, par dépit, que les politiciens sont tous semblables et que peu importe qui on élit, ça ne change rien. Les gens qui pensent ainsi n’ont pas entièrement tort, mais ils n’ont pas complètement raison non plus.
Si les politiciens se ressemblent tous, pensent qu’ils peuvent acheter nos votes avec des promesses farfelues qui, de toute façon, seront payées avec notre argent, c’est peut-être parce que l’on aime ça.
On en est venu à ne plus faire confiance aux politiciens, à les accuser de tous les maux et à exiger d’eux une disponibilité totale. Dans de telles conditions, il est normal que des gens qui auraient la compétence pour accomplir une telle fonction hésitent à se présenter.
Bonbons ou vérité?
Je ne veux pas excuser les politiciens, mais nous avons notre part de responsabilité dans ce constat.
Prenons l’exemple de l’actuelle campagne électorale provinciale et analysons l’attitude des trois chefs. Les élections ont été déclenchées par Jean Charest sous le prétexte que la tempête économique qui s’en vient exige que nous ayons un gouvernement fort, capable de diriger la province d’une main de fer dans la tourmente.
Depuis quatre semaines, Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont parcourent le Québec en nous inondant de promesses ou d’engagements dont le respect ou la réalisation nécessitera des déboursés de plusieurs milliards de dollars. On peut leur reprocher d’agir ainsi, mais s’ils le font, c’est parce qu’ils sont convaincus que c’est ainsi qu’ils vont mériter notre vote.
Que penserions-nous si l’un des trois chefs décidait de jouer la carte de la vérité? Il nous dirait que les mois à venir seront difficiles, que l’on devra peut-être renoncer à certains services ou à des programmes que l’on souhaite mettre en place, mais dont on n’a pas les moyens de se payer. Il aurait pu aller encore plus loin en parlant de coupures, nous avertissant à l’avance que cela pourrait faire mal.
Pourtant, dans chacun de nos foyers, nous savons très bien que c’est ce qui risque de nous arriver si l’économie continue de se détériorer. Nous serons confrontés à ce genre de décisions et, à moins d’être insouciant, nous devrons passer à l’action.
Honnêtement, je parie que le politicien qui aurait choisi de nous dire la vérité subirait toute une dégelée. C’est à croire que l’on aime mieux les bonbons que la vérité. Il ne faut donc pas se surprendre de l’attitude des chefs présentement en campagne. J’insiste pour le répéter, s’ils agissent ainsi, c’est qu’ils sont convaincus de gagner nos votes. Malheureusement, ils ont raison.
Il est toujours agréable de se faire courtiser, mais il ne faut pas oublier qu’en fin de compte, c’est à nous que l’on va expédier la facture.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à Madame Pauline Marois et à Messieurs Jean Charest et Mario Dumont : «Brûlez les ponts derrière vous et voyez comme vous travaillez bien quand vous savez que vous ne pouvez pas reculer.» Napoléon Bonaparte