Accueil Fils RSS Plan du site En Beauce.com en page de démarrage
 
Recherche :
 
 En Beauce.com
Le gouvernement dans nos assiettes
 

Comme s’il n’intervenait pas déjà assez dans nos vies, voici que notre bon gouvernement provincial a décidé de se mettre le nez dans nos assiettes. On n’en est pas encore au contrôle de tout ce que l’on mange, mais ce n’est qu’une question de temps.

Le premier champ d’intervention se situe dans les écoles. Il faut sortir la malbouffe des cafétérias. Notez que nos gouvernants n’ont pas pris une telle décision par eux-mêmes. Ils ont décidé d’intervenir pour répondre à la demande pressante des ayatollahs de la malbouffe. Cette initiative, aveuglement adoptée par les commissions scolaires, a même fait des petits, alors que certaines municipalités ont décidé, elles aussi, de bannir la malbouffe des arénas.

Heureux sommes-nous
À première vue, ces intervenants ont tous à cœur notre santé et notre bien-être. On veut nous protéger en éliminant ces fritures, poutines, hot dogs, hamburgers, sucreries et boissons gazeuses qui sont responsables de notre mauvaise santé. Pas question de laisser le choix aux individus; on élimine tout simplement ces aliments, histoire d’évacuer cette vilaine tentation à laquelle nous risquerions de succomber.

À bien y penser, nous devrions être reconnaissants à l’égard de nos gouvernants de prendre ainsi soin de nous. Personnellement, je vous avoue que cela ne me plaît pas du tout. J’en ai assez de cette manie de m’infantiliser, de vouloir décider à ma place, laissant croire que je ne suis pas assez intelligent pour prendre les décisions qui me concernent.

La grande garderie
Il faut reconnaître qu’en agissant ainsi, nos gouvernants répondent à une demande en provenance de certains parents qui considèrent l’école comme une grande garderie à laquelle on confie son petit prince et/ou sa petite princesse pour qu’ils soient protégés.

Ces parents n’ont pas compris la différence entre l’éducation et l’instruction. L’éducation fait référence à la formation, la compréhension, l’acquisition de valeurs, alors que l’instruction sert à l’acquisition de connaissances nouvelles.
L’éducation, c’est la responsabilité des parents avant tout, alors que l’instruction relève de l’école.

Les bonnes habitudes alimentaires, c’est à la maison que l’on doit les acquérir. Quand on nourrit sa marmaille aux Kraft Dinners ou au baril de poulet frit, il ne faut pas demander à l’école de faire mieux que nous.

Manger une frite et un hamburger à l’occasion n’a jamais tué personne. Il a suffi qu’un imbécile américain, Morgan Spurlock, ait l’idée de tourner un documentaire au cours duquel il prenait ses trois repas par jour au Mc Do, choisissant les mets les plus gras et les plus gros, le tout durant un mois et concluant qu’il avait engraissé durant ce mois pour que des illuminés décident de blâmer Mc Do.

Allez manger trois repas par jour dans n’importe lequel des restaurants en choisissant les mets les plus gras et vous allez certainement engraisser. Ce n’est pas le restaurant qu’il faut blâmer; c’est plutôt la personne qui a fait ce choix stupide.

On a beau vouloir diaboliser certains types d’aliments, on sait tous que c’est l’abus qui tue.

Et pourtant, pendant ce temps-là , nos gouvernants, qui ont tant à cœur notre santé, savent où se fabriquent les cigarettes à plumes sans aucun contrôle de qualité. On sait aussi que ces cigarettes contiennent de véritables poisons qui hypothèquent la santé des jeunes. On sait aussi qu’il se vend de la drogue en abondance dans les cours de nos écoles.

Mais là n’est pas le danger. La véritable guerre doit être menée dans les cafétérias, là où un danger majeur guette nos jeunes.

Quand j’observe ces situations, j’en viens à penser qu’il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Quelqu’un devra un jour avoir le courage de dire aux parents que c’est à eux qu’il appartient d’éduquer leurs enfants. Il ne suffit pas de se laver les mains en pelletant ses responsabilités dans la cour d’un autre.

Si l’on confie à nos gouvernants le soin de décider ce qui est bon pour nous, ce que l’on devrait manger ou pas, quelle sera la prochaine étape? Je préfère ne pas y penser.

Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à ceux et celles qui savent prendre leurs responsabilités : «On mesure la valeur d’un homme à sa capacité d’assumer ses responsabilités.»

 
 
Lien permanent | Commentaires (2) | Publié le novembre 5, 2008 11:51 AM

Bonjour monsieur Dutil!
Je suis un ex-enseignant, ayant travaillé une trentaine d'années au Secondaire et j'ai toujours fait mon travail dans l'intention d'instruire mes élèves mais sans négliger la dimension éducative de mon engagement.
Il est vrai que ce sont les parents qui sont les premiers éducateurs de leurs enfants mais il est aussi vrai que les enseignants sont là pour compléter cette dite éducation. C'est un travail de complémentarité.
Par le ton de votre éditorial, le lecteur a l'impression que c'est seulement et uniquement l'instruction qui prime dans le milieu scolaire. Permettez-moi de vous dire que votre opinion est très limitée.
Si le gouvernement provincial utilise Ministère de l'Éducation et non de l'instruction, c'est que l'acte éducatif est fondamental dans la tâche enseignante.
Que ce soit la malbouffe, la sexualité, la santé, etc., tout enseignant, quelque soit sa matière, doit avoir le souci d'instruire ses élèves mais aussi de les aider à s'éduquer, à devenir autonome, et ce, en continuité avec les parents de ses jeunes.
Tout enseigant doit avoir trois objectifs, selon les normes du Ministère de l'Éducation: le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Les jeunes ne sont pas que des cerveaux à instruire mais aussi des personnes ayant une sensibilité, une raison et une intelligence. C'est la raison pour laquelle j'ose vous contredire dans vos affirmations. Mon commentaire se veut uniquement constructif, veuillez le croire, monsieur Dutil.

Claude Voyer

N.B. Une chronique "Courrier du lecteur" serait
peut-être une belle initiative de la part
des dirigeants de votre hebdomadaire...

 
 
Publié par Claude Voyer | novembre 6, 2008 6:59 AM

Monsieur Voyer,

Merci pour votre commentaire. Nos opinions respectives ne sont pas aussi éloignées que vous semblez le croire. Si vous relisez bien la partie de mon texte faisant référence à l'éducation et à l'instruction, je dis ceci: «L'éducation c'est la responsabilité des parents avant tout...».

Il est certain que le passage de l'étudiant à l'école contribuera à son éducation. Je ne crois pas que l'étudiant est une cruche vide que l'école doit remplir de connaissances seulement. Je caricaturais quelque peu pour faire ressortir l'importance du rôle des parents.

L'aspect éducation a toute sa place aussi à l'école, mais vous avez certainement connu des cas où vos étudiants perdaient à la maison ce que vous pouviez leur avoir appris sur le plan éducation à l'école.

J'accepte avec beaucoup d'aisance que mes lecteurs divergent d'opinion avec moi. Je dirais même que c'est un signe d'intelligence, car il n'y a pas qu'une seule opinion qui soit la vérité.

En terminant, je vous informe qu'il y a, depuis quelques semaines, de l'espace pour l'opinion des lecteurs dans le Journal de la Beauce. Vous pouvez soumettre vos opinions.

Au plaisir!

Pier Dutil

 
 
Publié par Pier Dutil | novembre 7, 2008 4:55 PM

 

 

Poster un commentaire

(Vous devez être approuvé par le propriétaire du site avant que votre commentaire n'apparaisse. En attendant, il n'apparaîtra pas sur le site. Merci de patienter).
Nom:
Adresse e-mail:
URL:
Commentaires:
(vous pouvez utiliser des tags HTML pour modifier le style)
 
À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

Notes récentes

S'abonner au flux de ce blog
[De quoi s'agit-il ?]
Catégories

Archives

Rechercher


Copyright © Tous droits réservés - Notes légales - Annonceurs - Contactez-nous