Le premier champ d’intervention se situe dans les écoles. Il faut sortir la malbouffe des cafétérias. Notez que nos gouvernants n’ont pas pris une telle décision par eux-mêmes. Ils ont décidé d’intervenir pour répondre à la demande pressante des ayatollahs de la malbouffe. Cette initiative, aveuglement adoptée par les commissions scolaires, a même fait des petits, alors que certaines municipalités ont décidé, elles aussi, de bannir la malbouffe des arénas.
Heureux sommes-nous
À première vue, ces intervenants ont tous à cœur notre santé et notre bien-être. On veut nous protéger en éliminant ces fritures, poutines, hot dogs, hamburgers, sucreries et boissons gazeuses qui sont responsables de notre mauvaise santé. Pas question de laisser le choix aux individus; on élimine tout simplement ces aliments, histoire d’évacuer cette vilaine tentation à laquelle nous risquerions de succomber.
À bien y penser, nous devrions être reconnaissants à l’égard de nos gouvernants de prendre ainsi soin de nous. Personnellement, je vous avoue que cela ne me plaît pas du tout. J’en ai assez de cette manie de m’infantiliser, de vouloir décider à ma place, laissant croire que je ne suis pas assez intelligent pour prendre les décisions qui me concernent.
La grande garderie
Il faut reconnaître qu’en agissant ainsi, nos gouvernants répondent à une demande en provenance de certains parents qui considèrent l’école comme une grande garderie à laquelle on confie son petit prince et/ou sa petite princesse pour qu’ils soient protégés.
Ces parents n’ont pas compris la différence entre l’éducation et l’instruction. L’éducation fait référence à la formation, la compréhension, l’acquisition de valeurs, alors que l’instruction sert à l’acquisition de connaissances nouvelles.
L’éducation, c’est la responsabilité des parents avant tout, alors que l’instruction relève de l’école.
Les bonnes habitudes alimentaires, c’est à la maison que l’on doit les acquérir. Quand on nourrit sa marmaille aux Kraft Dinners ou au baril de poulet frit, il ne faut pas demander à l’école de faire mieux que nous.
Manger une frite et un hamburger à l’occasion n’a jamais tué personne. Il a suffi qu’un imbécile américain, Morgan Spurlock, ait l’idée de tourner un documentaire au cours duquel il prenait ses trois repas par jour au Mc Do, choisissant les mets les plus gras et les plus gros, le tout durant un mois et concluant qu’il avait engraissé durant ce mois pour que des illuminés décident de blâmer Mc Do.
Allez manger trois repas par jour dans n’importe lequel des restaurants en choisissant les mets les plus gras et vous allez certainement engraisser. Ce n’est pas le restaurant qu’il faut blâmer; c’est plutôt la personne qui a fait ce choix stupide.
On a beau vouloir diaboliser certains types d’aliments, on sait tous que c’est l’abus qui tue.
Et pourtant, pendant ce temps-là , nos gouvernants, qui ont tant à cœur notre santé, savent où se fabriquent les cigarettes à plumes sans aucun contrôle de qualité. On sait aussi que ces cigarettes contiennent de véritables poisons qui hypothèquent la santé des jeunes. On sait aussi qu’il se vend de la drogue en abondance dans les cours de nos écoles.
Mais là n’est pas le danger. La véritable guerre doit être menée dans les cafétérias, là où un danger majeur guette nos jeunes.
Quand j’observe ces situations, j’en viens à penser qu’il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Quelqu’un devra un jour avoir le courage de dire aux parents que c’est à eux qu’il appartient d’éduquer leurs enfants. Il ne suffit pas de se laver les mains en pelletant ses responsabilités dans la cour d’un autre.
Si l’on confie à nos gouvernants le soin de décider ce qui est bon pour nous, ce que l’on devrait manger ou pas, quelle sera la prochaine étape? Je préfère ne pas y penser.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à ceux et celles qui savent prendre leurs responsabilités : «On mesure la valeur d’un homme à sa capacité d’assumer ses responsabilités.»