Tempête économique
Si l’on en croit notre premier Ministre, le Québec traversera bientôt une tempête économique. Pourtant, la veille, sa Ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, disait avoir des réserves dans sa sacoche pour permettre au Québec de passer à travers les deux prochaines années sans avoir à subir un déficit. Qui dit vrai?
Et Jean Charest d’ajouter que pendant une tempête, il ne faut pas qu’il y ait six mains sur le volant. Pourtant, tout bon capitaine d’un voilier vous dira qu’en tempête, il faut faire appel à plusieurs mains pour tenir le gouvernail.
Comment le premier Ministre peut-il nous expliquer qu’en pleine tempête, il choisit d’interrompre les travaux de l’Assemblée nationale pour au moins deux mois? Pas de mains sur le volant, ce n’est pas plus prudent que six.
Il y a pourtant plusieurs pays, notamment en Europe, qui ont des gouvernements minoritaires ou de coalition et qui s’en portent fort bien (ex. l’Allemagne).
Quant au risque que le gouvernement libéral minoritaire soit renversé, oubliez ça. Le PQ est dans le rouge de quelque 800 000 $ et l’ADQ vient à peine de se sortir la tête de l’eau. Ni l’un ni l’autre n’a les moyens de déclencher une élection.
En somme, le seul qui souhaite des élections, c’est Jean Charest et le seul vrai motif à la base de sa décision réside dans le fait que notre premier Ministre n’est pas capable de partager le pouvoir. Il veut un gouvernement majoritaire, un point c’est tout.
Manque de classe dans Beauce-Sud
Le choix du candidat libéral dans Beauce-Sud a donné lieu à un manque de classe un peu rare.
En effet, après avoir tenté en vain de convaincre le député adéquiste Claude Morin de joindre les rangs libéraux, les dirigeants du parti à Québec avaient convenu que le président de l’Association libérale du comté, Félix Destrijker, serait le candidat officiel.
D’ailleurs, le jeudi 30 octobre, on le convoque à Québec en fin de semaine pour la prise de photo officielle qui servira sur les affiches et dans la publicité. Vendredi soir, on informe M. Destrijker qu’il n’a plus à se présenter à Québec parce qu’il y a un nouveau développement. On ne lui en dit pas plus et le président apprend d’autres sources que Robert Dutil sera le candidat officiel. Comme façon cavalière de faire les choses, difficile de faire mieux.
Inutile de dire que la surprise est totale. En effet, il s’agit du même Robert Dutil qui gueule après les libéraux depuis un an à cause du programme des régions ressources. Il est même allé jusqu’à fonder un nouveau parti politique, l’Union du Centre, et il a recueilli des fonds un peu partout au Québec.
Qu’adviendra-t-il de l’Union du Centre et des sommes d’argent amassées? Quel est l’élément majeur qui expliquerait la conversion subite de Robert Dutil? Ce dernier a des comptes à rendre aux gens qui ont cru en lui durant toute cette bataille menée contre le programme des régions ressources.
Comment Robert Dutil pourra-t-il expliquer aux gens d’affaires de notre région qu’après avoir combattu férocement les libéraux de Jean Charest, il est maintenant prêt à coucher dans le même lit qu’eux?
Les gens de Beauce-Sud sont en droit de se demander quand Robert Dutil prend vraiment leurs intérêts. Comme opportunisme, on ne pourrait demander mieux.
Quand on constate que le premier Ministre est disposé à dépenser plus de
80 millions $ dans le seul but d’obtenir un gouvernement majoritaire et que le candidat libéral de Beauce-Sud est prêt à renier ses discours dans l’espoir d’accéder au cabinet, il ne faut pas se surprendre que les électeurs finissent par faire preuve de cynisme à l’égard des politiciens. Ça vole bien bas!
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous les électeurs qui auront un choix à faire le 8 décembre prochain : «À chaque époque, les plus vils spécimens de la nature humaine se trouvent parmi les démagogues.» Lord Macauly