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J’essaie d’éviter de revenir sur un même sujet deux semaines d’affilées, mais je dois vous avouer que la tournure que prend la campagne électorale québécoise ne me laisse guerre le choix.

Lors du déclenchement de la campagne, le Premier Ministre Charest nous disait qu’il avait besoin d’un mandat clair pour affronter la tempête économique qui nous menaçait.

Depuis des semaines, pour ne pas dire des mois, impossible d’ouvrir les pages économiques des quotidiens sans entendre parler de pertes d’emplois, de fermeture d’usines, de faillites, de plongée des titres boursiers, etc. Pas besoin d’une paire de jumelles pour voir venir une crise économique qui ébranle déjà les États-Unis, l’Europe et le reste du monde. Ceux qui croient que le Canada échappera à ce tsunami doivent sortir d’un long coma.

La valse des milliards
Et pourtant, pendant ce temps, les chefs des trois partis politiques québécois sont vite retombés dans leur vieille habitude : promettre la lune.

La campagne dure depuis à peine deux semaines et les promesses atteignent déjà les milliards de dollars. Auparavant, on se contentait de quelques millions et on trouvait que c’était beaucoup. Aujourd’hui, pourquoi se priver; les millions c’est dépassé, il faut promettre des milliards si l’on veut avoir l’air sérieux.

Vous en voulez quelques exemples? Sortez votre calculatrice : 134 M $ pour embaucher de nouveaux professeurs, 140 M $ pour de nouveaux équipements sportifs à Québec, 136 M $ en baisse d’impôts pour les particuliers, 1 milliard en crédits d’impôts, 4 milliards en infrastructures, 38 nouvelles places en garderie à un coût non précisé et je pourrais continuer cette énumération encore longtemps.

Ce qu’il y a de plus beau, c’est que toutes ces belles promesses pourront être tenues sans augmentation des impôts et des tarifs des services gouvernementaux. C’est à croire que l’on nous prend pour des imbéciles!

Et n’allez surtout pas croire que c’est terminé. Il reste encore 18 jours de campagne. Le catalogue des promesses sera presque aussi volumineux que l’ancien catalogue Eaton de ma jeunesse que l’on récupérait pour se faire des jambières de gardien de but. J’imagine que la sacoche de Monique Jérôme-Forget a plusieurs doubles-fonds.

Une province sur le BS
Au Canada, il existe un programme de répartition de la richesse entre provinces qui s’appelle les paiements de péréquation. Ce programme prend l’argent des provinces riches pour le redistribuer aux provinces pauvres.

Cette année, le gouvernement d’Ottawa redistribuera ainsi 13,6 milliards de dollars. Quelle est la province canadienne qui recevra la plus importante part de ce montant? Non, ce n’est pas Terre-Neuve ou une petite province maritime. C’est le Québec qui recevra le plus important montant, soit 8,35 milliards $. Cela représente 61 % de tous les montants de péréquation au Canada. Une vraie province sur le BS.

Et pendant ce temps-là , nos trois chefs politiques parcourent le Québec en distribuant l’argent comme des bonbons à l’Halloween. Y a-t-il quelqu’un qui va les ramener à la réalité, qui va les faire redescendre de leur nuage rose pour reprendre contact avec la vraie vie?

Cette vraie vie, c’est celle des travailleurs au salaire annuel moyen des ménages de quelque 40 000 $. Ces couples se livrent à des acrobaties pour payer leur logement, leur épicerie, une auto et des vêtements. De plus, de ce temps-ci, ces travailleurs se demandent si leur poste ne sera pas aboli prochainement, car l’entreprise pour laquelle ils travaillent est mal en point.

Qu’est-ce que vous pensez que ces travailleurs pensent des politiciens lorsqu’ils écoutent les nouvelles chaque soir à la télé et qu’ils les voient distribuer les milliards comme s’il s’agissait de bonbons? Il faut se rappeler que l’argent distribué par les politiciens provient de nos poches.

La semaine dernière, je prenais connaissance d’un sondage CROP-LA PRESSE qui mesurait le niveau de confiance des gens à l’égard de diverses professions. Savez-vous qui arrivait au dernier rang? Les politiciens avec une cote de confiance de
20 %. C’est parfaitement mérité!

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux chefs des trois partis politiques provinciaux présentement en campagne : «Il y a bien des gens qui se croient le talent de gouverner pour la seule raison qu'ils gouvernent». Napoléon 1er

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le novembre 21, 2008 11:48 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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