Pour qui voter?
Le concept de la démocratie a été élaboré dans la Grèce antique, il y a plusieurs millénaires.
À cette époque, les gens d’une même communauté se réunissaient sur la place publique, débattaient des sujets qui les concernaient, prenaient des décisions et retournaient vaquer à leurs occupations. C’était la démocratie directe.
À mesure que la population croissait, il était difficile de réunir tout le monde et les discussions devenaient plus compliquées. On a alors décidé de se choisir des représentants qui iraient discuter et décider à notre place. Ça devenait une démocratie de représentation.
C’est toujours cette forme de démocratie qui guide notre vie politique en 2008. La tenue d’une élection générale permet aux citoyens que nous sommes de choisir la personne qui ira nous représenter à Ottawa.
C’est notre employé
En réalité, le député est notre employé. Quand on choisit un employé, on commence par déterminer les qualifications qu’il devrait avoir. Cela peut faire référence à sa formation et à son expérience professionnelle. Pas question de choisir quelqu’un tout simplement parce qu’il cause bien ou qu’il est joli. On recherche une personne avant tout compétente.
Et pour trouver une personne compétente, il faut en rencontrer plusieurs, les passer en entrevues, prendre des références, en somme, se livrer à un exercice sérieux, car on souhaite embaucher le meilleur candidat possible.
Embaucheriez-vous une personne qui ne répond jamais à vos questions, qui passe son temps à dénigrer les autres candidats au poste que vous offrez, qui ne possède aucune connaissance ou expérience dans le domaine où elle aura à œuvrer? Poser la question, c’est y répondre.
Combien ça paie?
Quand on veut embaucher le meilleur, il faut s’attendre à bien le payer. Le poste
d’élu fédéral est très bien payé.
Le salaire d’un député fédéral est de 155 400 $, montant auquel il faut ajouter de nombreux avantages : une allocation de dépense de 24 500 $, 64 billets d’avion aller-retour par an pour des vols partout au Canada, un accès gratuit illimité sur les trains de VIA Rail, un généreux régime d’assurance vie et santé et un très généreux régime de retraite après seulement six ans. Tout cela pour un simple député.
L’employeur offrant de telles conditions ne devrait pas avoir de problème pour se trouver un excellent employé. Avec de telles conditions, il n’est pas surprenant que les aspirants soient très nombreux.
Démocratie détournée
Dans les paragraphes précédents, je vous ai décrit grossièrement c’est quoi la démocratie et le rôle d’un député.
Au cours des ans, j’ai parfois l’impression que l’on a détourné le concept de la démocratie. On ne choisit plus un candidat pour sa compétence, mais avant tout pour son allégeance politique.
Une fois élu, le député oublie souvent qu’il est notre employé et il se comporte plutôt comme s’il était devenu notre patron, décidant ce qui est bon pour nous. Il revient nous voir de temps en temps pour nous annoncer l’octroi d’un projet de plusieurs millions comme s’il nous faisait un cadeau. Dans la réalité, il ne fait que redistribuer le fric qu’il est déjà venu chercher dans nos poches via les impôts et les taxes.
Quand nos employés agissent comme s’ils étaient nos patrons, quelque chose ne va pas.
À nous de choisir
Mardi prochain, le 14 octobre, nous aurons la chance de choisir la personne qui nous représentera à Ottawa au cours des prochaines années.
Il faut d’abord et avant tout se prévaloir de notre droit de vote. Quand on est rendu à dire qu’un taux de participation de 60 % est satisfaisant, c’est parce qu’il y a quelque chose que l’on ne comprend pas.
Si on veut avoir le droit de critiquer, il faut au moins avoir participé au choix de son employé/député en votant.
Je n’ai pas l’intention de vous dire pour qui voter, car je présume que vous devez être aussi intelligent que moi pour choisir le candidat qui sera le plus digne de vous représenter. Mais je vous demanderai une seule chose : de grâce, allez voter!
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous les électeurs que nous sommes : «Une élection est un pari sur l'avenir, non un test de popularité.»
Vraiment pathétique le vote électorale région!!!
48% pour "Julie" Bernier.... pas fort
Non mais franchement qu'a fait cet EX ministre pour vous acheter??? Des Joe louis à volontés??
Bonjour monsieur Dutil,
Il est vrai, on dit que ce sont les Grecs, en fait les Athéniens, qui auraient inventé le premier régime démocratique. Toutefois, bien des indices nous font maintenant croire que les Amérindiens eux-mêmes avaient probablement des régimes semblables à la même époque. À l'arrivée des européens en Amérique, les nations huronne et iroquoise vivaient toute deux dans une confédération ou chacun avait un mot à dire dans l'organisation de la vie et de la société. La démocratie quoi!
Pour ce qui est du vote, je suis de l'avis de Julien, mais je suis tout de même plus respectueux. Je ne peux comprendre pourquoi la grande majorité des beaucerons iront probablement - pour ne par dire avec certitude - voter pour Maxime Bernier alors que, hormis l'épisode pathétique que nous connaissons tous, il a prouvé justement qu'il avait accepté un poste (aff. étrangère) sans avoir vraisemblablement les capacités de l'administrer. Pensez-y, comme symbole de la gratitude d'une nation entière pour le courage de soldats qui mettent leur vie en danger pour l'affirmation des grandes valeurs comme la liberté, l'égalité des hommes et des femmes, etc., le représentant du peuple a choisi un Joe-louis... Une photo de leur famille, un petit mot des canadiens je ne sais pas? Mais un joe-louis... ce choix frôle l'imbécilité on s'entendra...
Je ne doute pas que Maxime Bernier sois un conseiller de talent ou encore un économiste d'envergure, mais ce qui fait un homme resonsable, dans n'importe qu'elle métier, c'est sa connaissance de lui-même, de ses limites. Pour le métier de député ou de ministre,j'ajouterais un certain sens du jugement; ce qui semble manquer à la plupart des conservateurs justement...
Finalement, je tiens à vous poser la question M. Dutil. Il n'y a pas de doute que les députés ont un bon salaire, mais je crois qu'il est vraiment mérité. Pour la démocratie par contre, j'aurais de la difficulté à reconnaître qu'ils sont si importants. J'ai été, et je suis encore dans une certain sens, étudiant en science politique comme vous. Il est de moins en moins cohérent de parler d'une véritable démocratie de représentation. Vous le savez sans doute, c'est l'ère de la coopération entre l'État et les grandes organisations productives, les grandes corporation etc.. À cette ère, le rôle du député il semble s'étioler à vue d'oeil. Le nouveau député, c'est le lobbyiste qui fait pression et tente d'influencer la décision non pas en la faveur d'électeurs d'une circonscription quelconque, mais d'intérêts économiques ou sociales d'une organisation précise, celle-là même qui le rémunère. Et le salaire de ce type de représentant qui prend de plus en plus une place capitale dans le régime démocratique contemporain risque bien de dépasser celui-là d'un député. D'autant plus qu'on vient (en 2000 au Québec) de reconnaître la légitimité du rôle des lobbys dans le régime démocratique.
Ce n'est pas nous les électeurs qui défraient les coûts pour son salaire, il n'est donc pas notre employé vous me direz... Quand même, vous reconnaîtrez que les décisions qu'ils influencent à la faveur d'intérêts particuliers sont à nos frais, et seulement aux nôtres.
Je n'ai pas le montant total des dépenses en frais de lobby au Québec ou au Canada, mais en guise d'exemple je vous envoie ce site qui répertorie les dépenses de lobby auz États-Unis, vous comprendez donc la source de mon inquiétude:
http://www.opensecrets.org/lobby/index.php
Merci de m'avoir lu,
Maxime Boucher
Monsieur Boucher,
Merci pour votre commentaire. J'aimerais relever deux points dans votre commentaire. Le premier touche la rémunération des députés au Canada. Ces derniers sont payés uniquement par le Gouvernement canadien qui reçoit ses revenus des contribuables par le biais des taxes et des impôts.
En deuxième lieu, on ne peut comparer la situation des lobbyistes américaines avec ceux du Canada, Chez nous, le rôle des lobbyistes est très encadré et ile ne peuvent participer au financement électoral que par des dons clairement déclarés et limités.
Aux Étaus-Unis, n'importe qui peut donner une fortune à un candidat, faire de la publicité en faveur d'un candidat, sans que cela ne soit réglementé. C"est le «free for all» si vous me permettez cette expression. C'est pourquoi il s'y dépense des millions de dollars, ce qui n'est pas possible ici, car toutes les dépenses électorales doivent passer par le biais des agents officiels de chacun des candidats.
La réglementation est donc beaucoup plus sévère au Canada et elle permet d'éviter les excès que l'on rencontre aux États-Unis. Mais je ne suis pas naif au point de croire que l'on ne peut détourner à l'occasion ces règlements. Le scandale des commandites nous en a clairement fourni la preuve.
Au plaisir!
Pier Dutil
Salut Pier
J'aimerais avoir de tes nouvelles, depuis le temps!
Clément B.
M. Dutil,
De plus en plus nos députés ne représentent plus le peuple au gouvernement mais plutot le gouvernement auprès du peuple. Ils sont devenus que des portes paroles des gouvernants. La ligne de partie l'exige. C'est encore plus évident chez les Conservateurs dont les candidats aux dernières élections se voyaient interdits de parler aux médias.
Monsieur Binet,
Vous pouvez trouver mes coordonnées dans le bottin téléphonique. Je n'ose pas inscrire mon adresse électronique sur ce site pour éviter que les gens inondent ma boîte de courriels.
Au plaisir!
Pier Dutil
J'aime vos commentaires, ils se veulent educatifs et interessants.
À propos de Pier Dutil
Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en
sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa
carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à
1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste
attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et
collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires
publiques à la télévision de Radio Canada.
De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux
communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs
entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les
consultants Soleil Communication et Québécor.
Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du
Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration
d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et
sociaux.