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C'est la débandade
 

Dans ma chronique du 3 septembre dernier, intitulée «Attachons nos tuques», je vous faisais part de mes craintes au sujet des impacts de la crise financière américaine sur l’économie canadienne. Certains m’avaient trouvé un peu trop pessimiste. Il n’aura fallu qu’un mois pour que les dangers deviennent des menaces réelles.

Crise financière VS crise économique
Pour bien comprendre ce qui se passe, il importe de comprendre la différence entre une crise financière et une crise économique.

Quand on parle de finance, on veut dire argent, banques, compagnies d’assurance, maisons de courtage, actions, obligations, taux de change, taux d’intérêt, etc. D’autre part, lorsqu’on traite d’économie, on fait référence à production, productivité, consommation, création d’emplois, taux de chômage, salaires, produit intérieur brut (PIB), etc.

Ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis, c’est une crise financière. Les banques ont effectué des prêts hypothécaires à trop d’emprunteurs insolvables. Aujourd’hui, ces derniers ne sont plus capables de faire leurs paiements, les maisons ont perdu beaucoup de leur valeur et leurs propriétaires remettent les clés aux banquiers qui se retrouvent avec des centaines de milliers de résidences sur les bras.

Au Canada, les prêts hypothécaires consentis par les banques sont garantis par la Société Centrale d’Hypothèques et de Logement, un organisme gouvernemental. Ainsi, si un emprunteur n’est plus capable de faire ses paiements, la banque reprend la propriété, la revend et peut récupérer la différence auprès de la SCHL.

Chez nos voisins du sud, ces prêts sont garantis par des compagnies d’assurance privées. Face au nombre effarant de reprises de résidences, les banques réclament le remboursement auprès des compagnies d’assurance, mais ces dernières n’ont pas les ressources financières suffisantes pour les rembourser. De plus, les banques et les compagnies d’assurance ont revendu ces prêts à d’autres organismes dans une chaîne sans fin de transactions. Ainsi, les institutions financières n’ont plus les liquidités suffisantes et elles risquent la faillite.

Plan de sauvetage
La semaine dernière, on a entendu parler d’un plan de sauvetage mis sur pied par le gouvernement américain pour sauver les banques de la faillite. Il s’agit d’un plan de 700 milliards de dollars, un sommet jamais atteint dans l’histoire des Etats-Unis. Cela représente 2 330 $ par citoyen pris dans la poche des contribuables pour sauver les banques qui ont fait preuve d’insouciance au cours des dernières années.

Évidemment, ce plan de sauvetage ne soulève pas l’enthousiasme dans la population, mais les Américains comprennent que si ce plan n’est pas appliqué, la situation sera encore pire. Il ne faudrait pas croire que ces prêts astronomiques consentis par le gouvernement mettront fin à la crise. D’autres problèmes risquent se surgir. Pour l’instant, on veut mettre fin à l’hémorragie et rétablir le climat de confiance dans la population.

En réalité, on souhaite que la crise financière ne dégénère pas en une crise économique dont les impacts négatifs seraient encore plus importants. Personnellement, je crois que le mal est déjà fait puisque l’économie américaine fonctionne présentement au ralenti.

Les impacts au Canada
L’économie canadienne est tellement dépendante de celle des Etats-Unis que l’on ne peut penser traverser cette période sans être, à notre tour, affectés.

Présentement, l’économie canadienne maintient une faible croissance. Cela n’empêche pas de nombreuses entreprises de fermer leurs portes et de licencier des milliers de travailleurs.

Celles qui sont bien capitalisées pourront passer à travers cette période difficile. Certaines profiteront même des opportunités qui se présentent pour acquérir des entreprises américaines à bas prix.

Il ne faut pas oublier que, même quand les choses ralentissent, l’activité économique ne s’arrête pas complètement. Les consommateurs retardent souvent des achats, mais on finit par se procurer les biens nécessaires.

Ainsi, les entreprises ou commerces qui sauront faire preuve d’innovation, qui amélioreront leur productivité et qui se tiendront près de leurs clients parviendront à traverser cette mauvaise période.

Il faut s’attendre à une forte turbulence, mais avec un bon avion et un bon pilote, les meilleurs passeront à travers la tempête et pourraient même en ressortir plus fort.

Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous les gens d’affaires qui doivent lutter pour maintenir leur entreprise ou leur commerce à flots : «Quand t’es dans le trou, arrête de creuser.» Pierre Lortie

 
 
Lien permanent | Commentaires (1) | Publié le octobre 1, 2008 10:29 AM

bonsoir m dutil pour les prochaine élection j aimerais si vous le voulez bien vous renseigner sur le fait que le parti conservateur voudrait privatiser poste canada. c'est est un point tres important pour tout les canadiens et québécois. c'est est un service efficace qui vas bien en soi . si vous avez d autre renseignements vous pourriez en faire une nouvelle je vous remercie a l avance

 
 
Publié par veilleux | octobre 7, 2008 6:44 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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