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Une campagne terne
 

J’aime beaucoup la politique. J’aime tellement ça que j’y ai consacré trois ans de ma vie en étudiant en science politique à l’université. J’ai même poussé cet amour jusqu’à militer au sein d’un parti et en être un jour le candidat.

Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas l’amorce d’une autobiographie. Cette introduction a tout simplement pour but de vous aider à comprendre à quel point il peut être difficile pour moi de dire que je trouve une campagne électorale terne. Souvent, quand on aime, il est difficile de voir ce qui ne va pas et encore plus difficile de le reconnaître.

Mon amour pour la politique ne m’a pas encore rendu aveugle et, à mi-chemin de la campagne électorale fédérale, je me dois de constater que nous assistons à une campagne terne.

Les Conservateurs
Le plan de campagne du Parti Conservateur est clair : ne pas faire de vagues. De jour en jour, Stephen Harper parcourt le pays en prenant soin de se faire voir dans des scènes rassurantes. Un jour, on le voit avec des enfants, le lendemain, c’est avec des personnes âgées et le surlendemain, il est entouré de jeunes familles.

À chaque occasion, la rencontre se passe dans un décor choisi de façon à donner de belles images pour la télévision. On veut nous faire découvrir un Stephen Harper doux, gentil et sympathique.

Parfois, ces belles scènes servent de décor à l’annonce d’un élément nouveau du programme conservateur. Il arrive occasionnellement que ce beau plan soit malmené suite à une déclaration déplacée d’un candidat ou d’un membre de l’organisation et, alors, on est forcé de déroger du plan initial pour présenter des excuses.

Stephen Harper mène une campagne pour obtenir un gouvernement majoritaire, mais il fait tout ce qui est possible pour cacher cette intention.

Les Libéraux
Je cherche toujours le plan de campagne des Libéraux, mais je dois avouer que je ne l’ai pas encore trouvé. Il est évident que ce parti n’était pas prêt pour partir en campagne.

Ce grand parti, qui a occupé le pouvoir à Ottawa durant des décennies, n’est plus l’ombre de lui-même. L’organisation n’est pas unie, les finances sont à sec, les candidats sont laissés à eux-mêmes et plusieurs organisateurs ont choisi de demeurer à la maison cette fois-ci.

Le parti est en train de payer pour avoir opté pour le plan «B» lors de son congrès à la chefferie en 2005. Stéphane Dion a été un bon ministre et un soldat loyal, mais il n’a pas la graine d’un chef. Il fait pitié à voir, seul avec son épouse. Au cours des dernier jours, on a senti le besoin de l’entourer de Bob Rae et de Michael Ignatieff pour nous faire croire que l’harmonie règne au sein du parti. Mais quand, en pleine campagne électorale, tes anciens rivaux sont obligés de faire une profession de foi envers leur chef, ça veut tout dire.

Chez les Libéraux, au cours des prochaines semaines, on tentera avant tout de sauver les meubles. Chaque député sortant fera ce qu’il peut pour sauver son siège et ce sera chacun pour soi.

Les autres
De leur côté, le Bloc québécois et le NPD tentent de justifier leur présence dans la campagne.

Gilles Duceppe se pose en fier défenseur des intérêts du Québec, mais nous savons tous qu’il ne prendra jamais le pouvoir. De campagne en campagne, le Bloc se trouve une raison d’être. Cette fois, le chef du Bloc tente de nous convaincre qu’il est le seul à pouvoir empêcher le Parti Conservateur de former un gouvernement majoritaire.

Le chef du NPD, Jack Layton, dit aspirer à devenir Premier ministre. Il est fort probablement le seul à le croire. Au mieux, le NPD pourrait aspirer à former l’opposition officielle si le Parti Libéral s’effondrait lamentablement.

Comme vous pouvez le constater, on ne trouve rien là pour s’enthousiasmer.


Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine aux électeurs que nous sommes : «Pour bien gouverner un État, il faut éloigner les beaux parleurs; ils sont dangereux.» Confucius

 
 
Lien permanent | Commentaires (2) | Publié le septembre 24, 2008 4:42 AM

Vous ne parlez pas beaucoup des tiers partis comme si on était encore dans le bipartisme traditionnel. Le parti vert à mon sens ne fait que diviser le vote favorable à l'environnement et devrait se transformer en mouvement et faire entrer ses membres dans les partis qui ont un volet vert sérieux pour le progrès de la cause environnementale. Le Bloc et le Npd ont un volet vert qui satisfait Kyoto et c'est dans ces deux partis qu'il faudrait se regrouper pour faire avancer la cause. Avec 10% du vote le Pv seul, ne va nulle part donc l'avenir est dans les regroupement. On dira que le PLC aussi vise Kyoto mais les omissions de Dion comme ministre de l'environnement ont fait reculer la cause par de beaux discours et des congrès tape-à -l'oeil mais sans budget. Les deux autres partis sont plus crédibles.

 
 
Publié par Louis Prud'homme | septembre 26, 2008 7:03 PM

Jusqu'à tout dernièrement, les différents sondages étaient tous assez stable, les Conservateurs à 36-40%, PLC à 22-26%, NPD à 15-17% et les autres aussi assez stables pendant deux semaines, il n'y a eu que quelques petites démissions de candidats dans les partis mais rien ou presque n'a bougé, assez terne en effet.

Les débats devraient brasser les affaires un peu jusqu'au sprint final.

 
 
Publié par Patrick L | septembre 29, 2008 7:17 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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