Les Conservateurs
Le plan de campagne du Parti Conservateur est clair : ne pas faire de vagues. De jour en jour, Stephen Harper parcourt le pays en prenant soin de se faire voir dans des scènes rassurantes. Un jour, on le voit avec des enfants, le lendemain, c’est avec des personnes âgées et le surlendemain, il est entouré de jeunes familles.
À chaque occasion, la rencontre se passe dans un décor choisi de façon à donner de belles images pour la télévision. On veut nous faire découvrir un Stephen Harper doux, gentil et sympathique.
Parfois, ces belles scènes servent de décor à l’annonce d’un élément nouveau du programme conservateur. Il arrive occasionnellement que ce beau plan soit malmené suite à une déclaration déplacée d’un candidat ou d’un membre de l’organisation et, alors, on est forcé de déroger du plan initial pour présenter des excuses.
Stephen Harper mène une campagne pour obtenir un gouvernement majoritaire, mais il fait tout ce qui est possible pour cacher cette intention.
Les Libéraux
Je cherche toujours le plan de campagne des Libéraux, mais je dois avouer que je ne l’ai pas encore trouvé. Il est évident que ce parti n’était pas prêt pour partir en campagne.
Ce grand parti, qui a occupé le pouvoir à Ottawa durant des décennies, n’est plus l’ombre de lui-même. L’organisation n’est pas unie, les finances sont à sec, les candidats sont laissés à eux-mêmes et plusieurs organisateurs ont choisi de demeurer à la maison cette fois-ci.
Le parti est en train de payer pour avoir opté pour le plan «B» lors de son congrès à la chefferie en 2005. Stéphane Dion a été un bon ministre et un soldat loyal, mais il n’a pas la graine d’un chef. Il fait pitié à voir, seul avec son épouse. Au cours des dernier jours, on a senti le besoin de l’entourer de Bob Rae et de Michael Ignatieff pour nous faire croire que l’harmonie règne au sein du parti. Mais quand, en pleine campagne électorale, tes anciens rivaux sont obligés de faire une profession de foi envers leur chef, ça veut tout dire.
Chez les Libéraux, au cours des prochaines semaines, on tentera avant tout de sauver les meubles. Chaque député sortant fera ce qu’il peut pour sauver son siège et ce sera chacun pour soi.
Les autres
De leur côté, le Bloc québécois et le NPD tentent de justifier leur présence dans la campagne.
Gilles Duceppe se pose en fier défenseur des intérêts du Québec, mais nous savons tous qu’il ne prendra jamais le pouvoir. De campagne en campagne, le Bloc se trouve une raison d’être. Cette fois, le chef du Bloc tente de nous convaincre qu’il est le seul à pouvoir empêcher le Parti Conservateur de former un gouvernement majoritaire.
Le chef du NPD, Jack Layton, dit aspirer à devenir Premier ministre. Il est fort probablement le seul à le croire. Au mieux, le NPD pourrait aspirer à former l’opposition officielle si le Parti Libéral s’effondrait lamentablement.
Comme vous pouvez le constater, on ne trouve rien là pour s’enthousiasmer.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine aux électeurs que nous sommes : «Pour bien gouverner un État, il faut éloigner les beaux parleurs; ils sont dangereux.» Confucius