L'importance de l'école
Le quotidien «La Presse» publiait récemment un dossier sur l’école secondaire dans lequel on avait effectué un sondage auprès des étudiants afin de mesurer leur degré de satisfaction.
On y apprenait que 96,2 % des étudiants étaient heureux à l’école, que 75,9 % trouvaient les cours faciles, que les matières préférées étaient les mathématiques (23,1 %), l’éducation physique (23 %) le français (9,4 %) et, enfin, que ce qui les rendait le plus malheureux, c’était d’avoir de mauvais résultats (18,5 %). Les jeunes ne détestent donc pas l’école autant qu’on aimerait nous le faire croire dans certains milieux.
Pas une critique du système
Mon propos aujourd’hui n’a pas pour but de critiquer le système scolaire et de tout remettre en question en prétendant que l’école de mon temps était meilleure que celle d’aujourd’hui.
On peut remettre en question les multiples réformes mises de l’avant par les «pelleteux» de nuages du ministère de l’Éducation qui ont oublié que pour développer des compétences, il faut avoir acquis des connaissances. On peut aussi critiquer le fait que nos jeunes ne savent plus écrire, mais cela ne fait pas avancer le débat.
Je fais partie d’une génération dont les parents valorisaient beaucoup l’éducation, même si la plupart d’entre eux n’en avaient pas beaucoup profité. Le plus bel héritage que nous ont laissé nos parents, c’est l’éducation.
L’éducation, c’est la liberté
Ça me désole toujours quand j’entends parler d’un jeune qui a décroché, qui a décidé d’abandonner ses études pour aller travailler et gagner de l’argent.
Malheureusement, le jeune décrocheur n’a pas conscience du fait qu’en prenant cette décision, il vient d’hypothéquer le reste de sa vie. Formation scolaire minimum signifie emplois précaires et salaire minimum. C’est bien beau de vouloir gagner du fric le plus vite possible, mais le vrai défi est de savoir combien de fric tu gagneras tout au long de ta vie.
Je n’essaie pas de vous convaincre qu’il faut aller à l’école pour gagner plus d’argent. L’argent est loin d’être tout dans la vie. Il faut choisir un emploi, une profession avant tout parce qu’on aime ça. Généralement, quand on aime un travail, on est bon. Et quand on est bon, on peut toujours trouver du travail et conséquemment, on peut obtenir une meilleure rémunération.
Ça m’importe peu qu’un jeune veuille devenir médecin ou balayeur, mais, dans les deux cas, ce jeune devrait souhaiter devenir le meilleur médecin ou le meilleur balayeur, car il y a toujours du travail pour les meilleurs.
De plus, lorsqu’on jouit d’une bonne formation et que l’on aime ce que l’on fait, on est en position de choisir son emploi. Les gens qui ont le choix jouissent d’une grande liberté.
L’université : pas pour tout le monde
Malheureusement, on a tenté de convaincre les jeunes qu’ils devaient tous aspirer à une formation universitaire et que, sans cela, on en était réduit à des boulots sans importance.
Ce n’est pas le cas. Il y a aujourd’hui de nombreux programmes de formation permettant aux jeunes de compléter une formation adaptée à leurs capacités d’apprentissage. Il est bien évident qu’un secondaire V est devenu un minimum.
Qu’ils travaillent sur une ferme, dans une usine ou ailleurs, les gens doivent maîtriser des outils exigeant des connaissances techniques ou spécialisées. Refuser de les acquérir mène au désastre. Ceux qui désirent aller plus loin et qui possèdent les atouts pour compléter des études plus poussées auront grandement avantage à le faire.
Le temps passé sur les bancs de l’école n’est pas une perte de temps. Bien au contraire, c’est le plus important investissement qu’un jeune est appelé à faire dans sa vie. Et, ce qu’il y a de bon, c’est que celui qui aura fait cet investissement en sera le premier et principal bénéficiaire, alors que celui qui aura refusé d’investir dans sa formation en sera la première victime.
Le plus tôt le jeune se prend en main, le plus longtemps il en profitera.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à ceux qui croient en la valeur de l’éducation :
«On ne peut rien enseigner à un homme. On peut seulement l’aider à trouver ce qui est en lui.» Galilée
Bonjour M. Dutil,
Je sens le besoin de réagir au paragraphe de votre texte qui commence par «On peut remettre en question les multiples réformes...»
J'ai appris, lors de ma formation en administration publique, que pour remettre en question un document, un projet (dans le cas actuel, le programme de formation de l'école publique pour tout le cours primaire), il faut non seulement le connaitre mais aussi le comprendre et minimalement, l'avoir utilisé ou appliqué.
Combien de temps avez-vous consacré à étudier et à essayé de comprendre ce programme, cette réforme?
Combien de temps avez-vous passé à en discuter avec des enseignants qui y croient et qui l'appliquent, avec des directeurs d'école, et mieux encore, avec des conseillers pédagogiques de la commission scolaire?
Savez-vous quelle place fait ce programme à l'acquisition des connaissances par rapport au développement des compétences?
Si vous n'avez pas pris au moins quelques heures pour «éplucher» ce programme, vous n'êtes pas en mesure de porter un jugement qui soit bien étayé et surtout, qui soit honnête envers le système scolaire et les personnes qui y travaillent.
Bien à vous,
Nelson Paré
P.S. Je commence ma quarante-troisième année de travail dans le système scoalire: 23 ans comme enseignant au primaire et au secondaire, 5 ans comme conseiller pédagogique au primaire et au secondaire, 5 ans comme directeur d'école au primaire et enfin, j'en suis à ma dixième année (à temps partiel)comme superviseur de stage pour des étudiants qui font le Bac en enseignement préscolaire et primaire au Centre universitaire des Appalaches à St-Georges. Je suis toujours aussi passionné de l'enseignement et des enfants avec qui on travaille.
Je ne trouve aucune utilité a l'école car j'ai un secondaire 5 et ça ne m'aide en rien a devenir lutteur professionnel donc pour ce métier l'école est totalement inutile , perte de temps pure et dure!
Je tiens à vous féliciter pour vos bons articles que vous écrivez chaque semaine. J'ai particulièrement aimé celui l'importance de l'école chaque adolescent devrait le lire et le relire vous avez tellement raison quand vous dîtes fais le métier que tu veux mais soit le meilleur dans ce que tu fais et surtout soit heureux j'ai moi même un ado à la maison et il est heureux à l'école et certain de ses amis le sont moins je lui ai fait lire votre article en lui disant c'est ça que chaque parent veut pour son enfant et je lui ai demandé de le faire lire à tous ses amis
Tout ça pour vous dire que vous devriez envoyer cette article à tous les orienteurs qui travaillent dans les écoles pour que chaque nouveau décrocheur trouve une lumière au bout du tunnel
merci beaucoup de m'avoir lu
et j'attend vos autres articles
Bonjour
Bonjour M. Dutil,
Votre chronique du 17 septembre 2008 sur l'importance de l'école a vraiment suscité mon intérêt et touche un point extrêmement important qu'on ne réalise pas sur le moment ou l'on arrête l'apprentissage continu ou nos études.
Personnellement j'ai décidé de faire une retour aux études à temps partiel par les cours du soir à l'université dans le but de:
1. Me fixer un objectif tout autre que ma famille et l'atteindre (augmente l'estime et la confiance en soi, etc...)
2. Satisfaction personnelle et désir d'apprendre pour éventuellement pouvoir choisir, vraiment CHOISIR mon emploi et cela donne un grand sentiment de liberté, celui de pouvoir CHOISIR.
3. Jeune on ne réalise vraiment pas la nécessité de poursuivre nos études et ainsi augmenter notre valeur personnelle sur le marché.
4. Sincèrement, je crois que : Les décrocheurs n'arrivent pas là tout seul...(opinion personnelle). Ne dit on pas que: Travailler sur les forces et les qualités d'une personne et vous la verrez se transformer. Favoriser aussi l'aspect de se fixer de petits objectifs et il s'apercevra qu'il réussit et aura le goût de se fixer de plus grands objectifs et imaginer la suite...
5. Il y aurait un grand brainstorming à faire sur ce sujet qui est très intéressant, mais je m'arrête là car mon but premier est seulement de répondre à un besoin de vous partager mon opinion personnelle sur cette chronique et de vous la partager.
Pour faire suite à votre pensée de la semaine sur ceux qui croient en la valeur de l'éducation j'aimerais vous partager que ma grande fille de 12 ans a vécu une année formidable auprès de Mme Marie-France et Mme Bianca à l'école Lacroix (anglais). Ce sont 2 professeurs merveilleux qui ont vraiment su passer leur matière d'une façon incroyable, j'ai vue ma fille s'épanouir et trouver un goût indescriptible d'apprendre.
Si je peux me permettre une opinion personnelle, il serait bien de faire une suite à cette chronique et peut-être d'interviewer ces 2 professeurs formidables et formidables n'est pas le mot qui convient car c'est beaucoup plus grand que cela ce qu'ils ont faient. J'en avais eu des échos auprès de d'autres parents me mentionnant que mon enfant passerait une année formidable et c'est vraiment le cas.
Merci d'avoir pris le temps de lire ce que j'avais le goût d'exprimer car je sais que le temps est une chose précieuse.
Bonne journée à vous et continuer de susciter l'intérêt des gens qui aide à faire un éveil et suscite un intérêt et un goût de lecture.
Lise Giroux
N.B. Le but n'est pas de voir la parution de ce que je vous écris mais vraiment de vous partager ce que je ressens et ce que j'ai vécu car de voir ma grande motivée comme ça m'a donné ce goût de reprendre mes études à l'université par les cours du soir et m'inviter à CHOISIR mon futur travail.
Bonjour Guillaume,
Merci pour ton commentaire. Le simploe fait que tu aies lu ma chronique et que tu aies choisi de me répondre est un signe évident que tu as compris l'importanc e de l'éducation.
Tu as complété ton secondaire V, ce qui est un minumum. Je comprends très bien que l'école ne t'apprendra pas à devenir lutteur profressionnel. Je t'encourage seulement à devenir le meilleur lutteur professionnel afin d'en retirer tous les avantages.
Mais, un jour, quand ta carrière professionnelle sera complétée, tu te rendras compte que tu as besoin de faire autre chose ou tout simplement d'administrer tes gains financiers. Alors là , et là seulement, tu te rendras compte qu'à l'école, tu n'as pas appris que des matières. Tu as aussi appris à être un individu équilibré, capable de s'administrer, de tirer profit de tes talents, de tes possibilités et ainsi de suite.
À ce moment-là . tu te rendras compte que l'école n'est pa une perte de temps et tu pourras en profiter pleinement.
Bonne chance dans la poursuite de ton rêve de devenir lutteur professionnel. J'espère que tu y parviendras et que tu y trouveras beaucoup de satisfacion.
Ne te sens pas inférieur parce que tu n'as qu'un secondaire V. Tu as un rêve et je t'encourage parfaitement à travailler à sa réalisation. Sois heureux.
Pier Dutil
Monsieur Paré,
Permettez-moi d'abord de vous remercier pour vos commentaires.
Histoire de vous rassurer, je n'ai pas, personellement, remis en question la dernière réforme du ministère de l'éducation. Mais, en tant que citoyen, je considère avoir le droit de m'exprimer à ce sujet.
Mon épouse a récemment pris sa retraite de l'éducation après 35 ans d'expérience au primaire. J'ai de nombreux amis qui sont encore dans le domaine de l'éducation et qui ont vécu diverses réformes.
D'accord, je n'ai pas personellement une spécialisation en réforme, mais je suis en mesure de constater que les étudiants qui sortent de nos écoles aujourd'hui ont de nombreuses lacunes. Je ne suis pas prêt à en conclure que le système d'éducation ne vaut rien. Mais, en retour, je ne veux pas me mettre la tête dans le sable et disant que tout est parfait. La remise en question est un signe de sagesse et refuser de le faire est le signe d'un autoritarisme que je n'accepterai jamais.
Je constate que vous avez une longue expérience en éducation, mais j'aimerais vous rappeler que l'oncologue n'a pas besoin d'avoir eu un cancer pour soigner ses patients.
Au plaisir!
Pier Dutil
En ce qui me concerne, je crois sincèrement que avoir un minimum de scolarité de nos jours ce n'est vraiment pas un luxe car tôt ou tard ca ouvre bien des portes, et ce peu importe a quel individu!
Effectivement, le but n'est aucunement de pousser les gens a se rendre au niveau universitaire et encore moins a s'y acharner s'ils n'ont aucun intérêt.Mais le but est d'abord et avant tout, trouver sa voie, et ne pas avoir peur d'affirmer haut et fort le domaine qui nous passionne. Ce qui signifie donc que on se fou des préjugé de la société ou bien des commentaires plus ou moins positifs a propos de tel ou tel domaine....il faut vraiment se mettre en premier plan et le faire pour NOUS!!! Car n'oublions pas...que des mécaniciens, des camionneurs, des plombiers ou ne serais ce que des Concierges , nous en aurons toujours besoin et ce ne sont pas des métiers qui sont prêt a disparaitre demain matin!
Bref mini moral de l'histoire, il n'existe aucun sous métier et tout le monde devrait respecter le parcours professionnel des gens les entourant...car après tout...qui êtes vous pour juger sans même avoir marcher dans les jolis bottines de cet individu ne serait ce qu'une journée entière ??
Je termine aussi en disant que ce sont souvent les gens dans l'ombre..les gens sans histoire qui conduisent aux succès et aux réussites de bien des entreprises!
À propos de Pier Dutil
Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en
sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa
carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à
1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste
attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et
collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires
publiques à la télévision de Radio Canada.
De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux
communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs
entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les
consultants Soleil Communication et Québécor.
Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du
Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration
d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et
sociaux.