Le dopage
Avant même le début des Jeux de Pékin, une quarantaine d’athlètes ont été forcés de se retirer parce qu’ils avaient été testés positifs à diverses substances interdites. Depuis le début des Jeux, d’autres ont été éliminés et, entre le moment où j’écris cette chronique et sa publication, il y a fort à parier que d’autres athlètes seront testés positifs.
Certains sports semblent plus frappés que d’autres : le cyclisme et l’haltérophilie. Mais lorsque l’on regarde ce que l’on exige des athlètes pratiquant ces disciplines, il ne faudrait pas se surprendre qu’ils utilisent des substances illicites.
Lors des compétitions cyclistes, les coureurs doivent parcourir des distances considérables à des vitesses folles, cela durant plusieurs jours consécutifs. Ainsi, durant le Tour de France, quotidiennement on doit parcourir quelque 200 kilomètres, souvent en terrain montagneux. Les meilleurs maintiennent une moyenne de vitesse de 40 à 50 km/h. Je ne parviens pas à croire qu’un individu puisse maintenir un tel rythme sans l’aide de la pharmacologie.
Du côté des haltérophiles, on parvient à soulever des masses représentant de deux à trois fois son propre poids, quand ce n’est pas plus. La masse musculaire de plusieurs de ces athlètes apparaît bien anormale à tous ceux qui observent les compétitions.
On pourrait aussi parler des nageurs masculins qui ont tous plus de seins que les nageuses. Ne trouvez-vous pas cela étrange? Le dopage n’est pas limité à une ou deux disciplines sportives; c’est devenu généralisé. Il est malheureux que le sport dans son ensemble soit dénaturé par de telles procédures.
Mais l’envie de gagner est devenue si prononcée que des athlètes sont prêts à n’importe quoi pour y arriver. On ne valorise plus la participation; il n’y a de la reconnaissance que pour la victoire.
On aura beau prononcer les plus beaux discours sur l’honnêteté dans les sports, les tricheurs sont encore trop nombreux. J’en viens même à me demander s’il ne faudrait pas changer le nom des Jeux olympiques pour celui des Jeux pharmaceutiques. Ça aurait au moins le mérite de correspondre à la réalité.
Les truquages
Cette année, on assiste aussi à l’arrivée de nouveaux maillots dont le fameux LZR Racer de Speedo. Les nageurs utilisent cette nouvelle combinaison qui les aide à mieux glisser sur l’eau et à gagner quelques fractions de secondes. Lorsque la différence de temps entre le premier et le deuxième se calcule en centièmes ou millièmes de secondes, le maillot risque souvent de faire la différence.
Quand on nous dit que les nageurs d’aujourd’hui établissent une foule de nouveaux records, on est injuste à l’égard des anciens nageurs qui ne jouissaient pas des mêmes innovations techniques. Il ne faut pas renoncer à utiliser des innovations, mais, dans ces cas, cessons de comparer les performances d’aujourd’hui avec celles du passé. Il faut comparer des pommes avec des pommes.
À Pékin, le truquage ne se limite pas aux athlètes; même le comité organisateur a triché en nous présentant une chanteuse qui faisait du lip-sync au nom de «l’intérêt national» et des feux d’artifices résultant d’un montage électronique. Souhaitons que Pierre de Coubertin ne revienne pas à la vie, car il ne reconnaîtrait pas ses Jeux.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à tous les tricheurs que l’on connaît : «Un mensonge peut faire le tour de la Terre le temps que la vérité mette ses chaussures.» Mark Twain