De la pluie, encore de la pluie
Dans ma petite tête, je croyais que les nuages accumulaient de l’eau par évaporation grâce au soleil et que, de temps en temps, ils nous retournaient de cette même eau sous forme de pluie.
Cet été, je constate qu’on nous expédie beaucoup de pluie, mais voulez—vous bien me dire quand est-ce qu’il y a eu évaporation? On ne voit pas le soleil et le bleu du ciel n’est plus qu’un vieux souvenir.
Les nuages remplis d’eau qui s’abattent sur l’Ontario, ils devraient être vides rendus au Québec. Malgré les nombreuses précipitations, ces foutus nuages semblent ne jamais se vider. Ceux qui nous avaient prédit un été chaud et sec peuvent aller se rhabiller.
Je dois reconnaître que ça commence à me jouer sur le moral. J’en ai assez d’entendre pousser ma pelouse, de devoir vider ma piscine plutôt que de la remplir, de ne pas pouvoir sortir sans apporter mon parapluie.
Si ça continue ainsi, on va même devoir songer à changer quelques mots du «Notre Père» pour dire : «Donnez-nous aujourd’hui notre averse quotidienne».
Des écarts importants
Lors d’un voyage au Mexique il y a quelques années, chaque matin, en allant chercher mes serviettes de plage, je demandais au préposé quelle température on prévoyait pour la journée. Et toujours il me répondait : «32 degrés amigo.» Finalement, après quelques jours, il me dit, moitié en anglais, moitié en espagnol : «Je ne comprends pas pourquoi les Québécois, vous nous demandez toujours quelle température on prévoit. Ici, il fait toujours 32 degrés.»
Je lui ai alors expliqué qu’au Québec, on vivait avec des écarts de température considérables et qu’il n’était pas rare que l’on subisse des écarts de plus ou moins 20 degrés Celsius en moins de 24 heures. À voir le regard qu’il m’a jeté, je suis convaincu qu’il m’a pris pour un con.
Il est vrai qu’au Québec, la température joue un rôle important dans nos vies. Tout le secteur de l’agriculture dépend largement de la météo. Trop d’eau, ce n’est pas bon; pas assez, ce n’est pas mieux.
La construction doit aussi tenir compte des écarts de la température. Il faut prévoir des résidences avec une isolation qui nous tiendra au chaud en hiver et au frais à l’été. De plus, on sait tous qu’il en coûte plus cher de construire en hiver qu’en été. L’industrie de la construction est donc limitée à six ou sept mois par année.
C’est la même chose pour nos vêtements. Vivre au Québec exige que l’on possède des vêtements d’hiver et d’autres pour l’été. On pourrait aussi parler de l’auto qui a besoin de pneus d’hiver et d’été. Tout cela finit par nous coûter cher. Je serais curieux de calculer combien il nous en coûte de plus pour vivre dans un climat aussi varié que le nôtre.
Mais il nous faut reconnaître que les quatre saisons ont tout de même leurs charmes. Personnellement, j’aurais de la difficulté à vivre dans un endroit où le climat est le même à l’année longue. Quand nos quatre saisons se succèdent comme prévu, l’une n’empiétant pas inutilement sur l’autre, il fait bon vivre chez-nous.
Si les changements climatiques doivent provoquer un réchauffement de la planète, admettons que ce n’est pas cette année que l’on en a souffert au Québec. Et disons que ça fait du bien d’en parler.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à ceux et celles qui ont su profiter de leurs vacances, malgré la température : «Certains attendent que le temps change, d’autres le saisissent avec force et agissent.»