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La déclaration de trois pages lue par Maxime Bernier la semaine dernière devant plus de 500 partisans et les médias régionaux et nationaux aura permis de faire la lumière sur deux aspects importants : la vie passée de Julie Couillard et la tenue des documents oubliés.

Après un mois de déclarations multiples, de rumeurs intrigantes et de questions partisanes à la Chambre des Communes, le député de Beauce se devait de sortir de son silence et donner sa version des faits.

Il a choisi d’attendre d’avoir répondu aux questions des personnes chargées d’examiner toute cette affaire au ministère des Affaires étrangères. Je respecte ce choix, mais disons qu’il était temps.

Le passé de Julie
Les amateurs de potins auront sans doute été déçus. Nous n’avons pas appris la couleur des draps de Julie et c’est bien ainsi. Dans un tel cas, il importe de s’en tenir aux faits avant tout.

Dans un premier temps, Monsieur Bernier dit ne pas avoir été informé du passé de Julie Couillard, contrairement à ce que cette dernière avait dit lors de son entrevue du 26 mai au réseau TVA. S’il s’en était tenu simplement à sa version, on pourrait en conclure que l’opinion de l’un vaut bien celle de l’autre et à nous de choisir qui l’on croit.

Mais Maxime Bernier est allé beaucoup plus loin lorsqu’il a affirmé, parlant du passé de Madame Couillard, : «Elle ne m’en a pas informé, et jamais personne d’autre ne l’a fait, et ce, à quelque niveau que ce soit.»

En déclarant cela, Maxime Bernier reconnaît, sans les nommer, que ni la GRC, ni le SCRS, ni le Conseil privé, ni le bureau du Premier Ministre ne l’ont informé des antécédents de Julie Couillard. Si cette déclaration s’avérait fausse, la crédibilité de Maxime Bernier prendrait le bord. Sincèrement, je ne crois pas qu’il ait pris un tel risque.

Le document oublié
Le deuxième élément majeur de toute cette affaire concerne le fameux document que l’ex-ministre aurait oublié chez son amie de cœur, document que cette dernière aurait conservé durant au moins cinq semaines avant de décider de le retourner au ministère des Affaires étrangères par le biais d’un avocat.

Dans sa déclaration du 25 juin, Maxime Bernier précise : «Le niveau d’importance de ces notes d’information ne justifiait pas qu’elles soient numérotées pour qu’on puisse les suivre à la trace et, ainsi, déceler leur disparition.» Il ajoute : «Quant à moi, je n’ai pas remarqué qu’elles étaient manquantes et je n’ai aucun souvenir de les avoir égarées.»

S’il ne les a pas égarées, serait-ce possible que ces informations aient été subtilisées? À chacun d’en tirer ses propres conclusions.

La mise au point du député de Beauce a le mérite d’apporter des précisions ur les deux points principaux à la base de toute cette affaire. Libre à chacun de croire la version Bernier ou Couillard.

Un appui massif
Les quelque 500 personnes présentes au Georgesville le 25 juin dernier étaient représentatives de la population du comté de Beauce. Il ne faisait pas de doute que ces personnes avaient déjà pardonné à leur jeune député ses frasques amoureuses.

Ses partisans avaient hâte de lui manifester leur confiance et leur support et, si des élections avaient lieu demain, nul doute que Maxime Bernier serait réélu avec une aussi confortable majorité que celle obtenue en janvier 2006.

Le député de Beauce a clairement manifesté son intention d’être à nouveau candidat conservateur lors d’une prochaine élection. Je ne crois pas que ce parti politique osera se priver d’un député québécois dont l’élection est assurée.

J’irais même plus loin en prétendant qu’il ne faudrait pas se surprendre de voir Maxime Bernier retrouver une place au sein du cabinet Harper si jamais son parti conserve le pouvoir à Ottawa. Espérons que, cette fois, le Premier Ministre confiera au député de Beauce un défi à la hauteur de ses compétences et de ses expériences.

Toute cette affaire a déjà trop duré, il est temps de passer à autre chose.

Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à ceux et celles qui hésitent toujours à se brancher : «Attendre d’en savoir assez pour agir en pleine lumière, c’est se condamner à l’inaction.» Jean Rostand

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le juillet 2, 2008 11:26 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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