Des statistiques inquiétantes
Ceux et celles qui ont le goût de se lancer en affaires doivent tenir compte d’une foule de statistiques que la brusque réalité nous lance au visage. Il se crée au Canada quelque 140 000 nouvelles entreprises commerciales ou industrielles à chaque année. Durant cette même période de temps, il en disparaît 131 000. Comme si cela ne suffisait pas, on nous dit que 81 % des entreprises de moins de cinq employés n’atteindront jamais l’âge de 10 ans.
Faut abandonner pour autant abandonner l’idée de démarrer sa propre entreprise? Loin de moi l’idée d’éteindre vos rêves de devenir entrepreneur ou commerçant.
Des exemples de longévité
Si l’on se concentre sur le secteur commercial, il y a de nombreux exemples de réussite chez-nous. Sans prétendre faire une liste exhaustive des commerces existant depuis plus de 50 ans, j’ai répertorié quelques cas dignes de mention.
La maison Roy & Giguère existe depuis 118 ans et est aujourd’hui dirigée par les membres de sa quatrième génération. On compte deux autres centenaires dans la région : la mercerie Sévigny (101 ans) dirigée par la troisième génération et l’Éclaireur-Progrès (100 ans).
Parmi les autres commerces comptant plus de 50 ans d’histoire, mentionnons le Café Royal (71 ans), Drouin Auto (70 ans), l’Auberge Benedict Arnold (60 ans) et Chez Charles (52 ans). Ils ne sont probablement pas les seuls, mais il faut reconnaître que ces commerces ont beaucoup de mérite d’avoir ainsi durer.
Comment expliquer la longévité
Dans une récente édition du journal «Les Affaires», Dominique Froment énumérait quatre facteurs susceptibles d’expliquer pourquoi une entreprise survit : savoir s’adapter, gérer prudemment, planifier la relève et avoir de la chance.
Le monde commercial a subi de grandes transformations au cours des ans. Du petit commerce de la rue principale aux grandes surfaces des centres commerciaux, le commerçant a dû faire preuve d’une grande faculté d’adaptation. Il y a cinquante ans, les consommateurs s’approvisionnaient localement, alors qu’aujourd’hui, les distances n’ont plus la même importance et nombreux sont les acheteurs qui aiment aller magasiner dans les grands centres urbains.
Ceux qui se sont lancé en affaires croyant choisir la voie facile et n’avoir pas à obéir à un patron ont vite déchanté. Il faut savoir compter, gérer ses inventaires, faire des achats judicieux et satisfaire des centaines de clients qui ont chacun leurs exigences.
Les commerçants qui ont su traverser les épreuves du temps doivent songer à leur relève. Le commerce fermera-t-il à la retraite de son propriétaire? Y a-t-il un membre de la famille intéressé à continuer? Il faut se rappeler que le sens des affaires n’est pas héréditaire. Ce pourrait être aussi un employé ou un acheteur étranger. Toujours est-il que le fonds de retraite du commerçant se retrouve souvent dans la valeur de revente du commerce, d’où l’importance d’assurer sa pérennité.
Enfin, l’élément chance est aussi de la partie. Il y a toujours de bonnes et de mauvaises. Les décisions prises dans le passé et les opportunités saisies, parfois au hasard, détermineront si le commerce survit ou pas.
Diriger une petite ou une grande entreprise commerciale ou industrielle n’est pas facile, mais cela peut être la source d’un haut niveau de satisfaction pour un propriétaire qui sait s’adapter, gérer prudemment et saisir les opportunités qui s’offrent. En tant que consommateurs, nous devrions donner la chance aux commerçants de chez-nous.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à ceux que la crainte de l’échec empêche de réaliser leurs rêves : «Il y a pire que de ne pas réussir, c’est de ne pas essayer.» Auteur inconnu.