Questions sans réponses
Il y a bien des zones grises dans ce dossier et dans les déclarations de Julie Couillard.
Pourquoi cette dernière a-t-elle conservé le fameux document «confidentiel» durant cinq semaines et utilisé les services d’un avocat plutôt que de rappeler tout simplement son ex-ami pour lui souligner l’oubli dudit document?
Si le document était à ce point important, pourquoi la procédure très stricte concernant les documents secrets exigeant un suivi quotidien n’a pas été respectée?
Pourquoi Madame Couillard n’a pas appelé la police quand elle a constaté que son système d’alarme était défectueux et qu’elle avait été victime d’écoute électronique?
Enfin, pourquoi Julie Couillard a-t-elle tenté de monnayer son histoire pour 50 000 $ au Toronto Star? On peut aussi se demander combien elle a reçu de Québécor pour son entrevue à TVA et ses déclarations dans les magazines de l’empire?
Julie Couillard est un beau brin de fille. Mais, si on tient compte du sort réservé à ses «ex», on ne peut la qualifier de porte-bonheur.
Un ministre piégé
À mesure que les faits sont dévoilés, il semble clair que Maxime Bernier a été piégé. D’accord, il ne faut pas tomber dans la paranoïa, mais il y a trop d’éléments cousus de fil blanc pour ne pas susciter de sérieux doutes.
Cela n’enlève rien à la responsabilité de Maxime Bernier qui est tombé dans le piège qu’on lui tendait. D’ailleurs, l’ex-ministre des Affaires étrangères a pleinement assumé la responsabilité de ses actes, reconnaissant être le seul responsable de ce qui lui arrive au moment de sa démission.
Aujourd’hui, il en paie très chèrement le prix. Mais il ne faut pas oublier qu’en politique, le temps arrange bien des choses. À 45 ans, Maxime Bernier est encore jeune et il pourrait facilement rebondir. Si je me fie aux nombreux commentaires des électeurs beaucerons, son élection dans le comté à la prochaine élection est pratiquement assurée.
Quant à son retour possible au cabinet, j’aimerais vous rappeler deux cas de politiciens encore actifs qui ont aussi été vécu des situations les obligeant à démissionner.
En 1978, Francis Fox, Solliciteur général dans le cabinet Trudeau, est forcé de démissionner parce qu’il a signé le nom du mari d’une amie enceinte pour lui permettre de se faire avorter. Deux ans plus tard, Monsieur Fox était de retour au cabinet et, aujourd’hui, il siège au Sénat.
En 1990, Jean Charest démissionne du cabinet Mulroney après avoir téléphoné à un juge. Il est redevenu ministre un peu plus tard et il est présentement Premier ministre du Québec.
Le principe de Harper
Dans la vraie vie, on parle du principe de Peter pour expliquer le processus voulant que l’on donne des promotions à quelqu’un jusqu’à ce qu’il atteigne son niveau d’incompétence.
En politique, on sait tous que nous ne sommes pas dans la vraie vie. C’est pourquoi je me permets d’avancer que Maxime Bernier a été victime du principe de Harper. Le Premier ministre canadien n’a pas rendu service à son jeune ministre lorsqu’il l’a promu du ministère de l’Industrie à celui des Affaires étrangères.
Maxime Bernier était un néophyte en politique. Il avait une expérience politique de moins de 20 mois lorsqu’il a été nommé à cette importante fonction en août 2007. Sa formation en administration et en droit et ses expériences professionnelles dans le milieu de la finance ne le destinaient pas à une telle fonction.
À l’Industrie, il faisait un bon travail, au point que certains médias anglophones parlaient même de lui comme d’un éventuel dauphin à Stephen Harper. Pas mal pour un nouveau venu!
Maxime Bernier et les membres de son entourage immédiat vivent un bien mauvais moment, mais il faut se rappeler que c’est souvent suite à une grave épreuve que la vraie valeur des gens ressort.
Je dédie ma pensée de la semaine à Stephen Harper : «… la qualité du prince se manifeste par le choix de ses conseillers.» Machiavel