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Les cigarettes Ă plumes
 

Mercredi dernier, le ministre canadien de la Sécurité publique, Stockwell Day, et le commissaire adjoint de la GRC, Raf Souccar, ont annoncé leur intention de s’attaquer aux importants réseaux criminels de contrebande de cigarettes.

À première vue, c’est une bonne nouvelle. Mais il faudra attendre les résultats concrets avant de se réjouir. Premier indice douteux, le plan annoncé ne contient aucune indication quant aux coûts de l’opération, l’échéancier et le nombre de policiers qui y seront affectés.

Des réseaux connus
On a déjà identifié 105 organisations criminelles produisant, distribuant et vendant des cigarettes à plumes. Si on les a déjà identifiées, on devrait être en mesure de procéder à des arrestations assez rapidement.

Ces groupes agiraient à partir des réserves indiennes de Kahnawake et d’Akwesasne, territoires que les policiers se refusent à envahir depuis des lunes.

Pourtant, les cigarettes qu’on y fabrique ne sont soumises à aucune inspection et la qualité du tabac laisse grandement à désirer. Des fumeurs indiquent également que les filtres sont inefficaces.

Si on se contentait de vendre ces cigarettes sur les réserves indiennes, ce serait un moindre mal. Mais tout le monde sait que ce n’est pas le cas. Il est très facile de se procurer ces cigarettes de contrebande sur l’ensemble du territoire québécois. Si vous êtes intéressés, faites connaître vos intentions et il ne faudra pas beaucoup de temps pour qu’un revendeur vous aborde, cela même chez-nous, en Beauce.

La contrebande de cigarettes est aujourd’hui dirigée par des réseaux criminels bien organisés, puissants et qui ne se cachent même plus. Les dirigeants de ces réseaux peuvent compter sur une armée de revendeurs qui sont en mesure de desservir les moindres petits recoins du territoire québécois.

De 2001 à 2006, le nombre de cartouches vendues légalement est passé de 64 à 37 millions. N’allons surtout pas croire que cette importante diminution est due au fait que les gens ont cessé de fumer. Il est vrai que plusieurs fumeurs ont décidé d’écraser, mais pas dans une aussi grande proportion.

D’importants revenus perdus
Au Québec seulement, selon que l’on parle au ministre du Revenu, Jean-Marc Fournier ou à la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, on perd annuellement de 200 à 325 millions $ en taxes non perçues sur la vente de cigarettes de contrebande.

Pendant ce temps, notre bon gouvernement oblige les détaillants qui vendent des cigarettes légalement et qui collectent les fortes taxes rattachées à ce commerce à investir des sommes importantes dans leurs commerces pour cacher les cigarettes qui ne doivent plus être visibles des clients. Quelle belle preuve d’hypocrisie!

Comme si cela ne suffisait pas, le ministre du Revenu déclare qu’il serait «irresponsable» d’intervenir sur les réserves pour lutter contre ce commerce illégal. Et Monsieur Fournier d’ajouter : « Ce n’est pas une question d’avoir peur, c’est une question d’éviter qu’il y ait des problèmes encore plus graves. Un gouvernement responsable doit faire ça.»

Voilà que Monsieur Fournier vient de nous transmettre la recette idéale pour mettre sur pied une organisation criminelle. Il suffit d’être assez gros, bien armé et menaçant pour que le gouvernement considère qu’il serait plus dangereux de nous arrêter que de nous laisser voguer à nos affaires.

Monsieur Fournier n’a dupé personne. Les politiciens et les corps policiers ont la «chienne» face aux réseaux criminels affiliés aux autochtones. Jamais on ne fera appliquer la loi sur les réserves qui sont devenues des territoires où tout est permis.

Certains autochtones ont déjà menacé de bloquer le pont Mercier à l’ouest de Montréal, comme en 1990. Et s’ils décident de passer à l’action, soyez assurés que personne ne les dérangera. Pendant que les citoyens honnêtes devront se taper des détours importants pour franchir le fleuve, politiciens et policiers trouveront plein d’entourloupettes pour ne pas intervenir.

Tant que l’on n’aura pas démontré une volonté ferme d’éradiquer le problème, les réseaux de contrebande continueront d’appliquer leur loi de la terreur, faisant chanter effrontément les gouvernements et les forces policières.

Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux ministres et dirigeants des forces policières impliqués dans cette lutte aux cigarettes à plumes : «Il faut que les bottines suivent les babines.» Auteur inconnu.

 
 
Lien permanent | Commentaires (1) | Publié le mai 14, 2008 9:45 AM

Pauvre M. Dutil,

Vous soulevez un problèmes qui n'est pas, à mon avis, si important que cela. A ce que je sache, la cigarette est légale mais tout simplement trop taxée. Mais comme le gouvernement ne peut pas taxer les cigarettes à plumes comme il le voudrait, et bien là , on pense qu'il y a un problème.
Si on veut le beurre et l'argent du beurre il faut s'y prendre autrement. Rappelez-vous les années de la prohibition de l'alcool. On a créé des réseaux de contrebande et par le fait même de la criminalité.

Maintenant que la cigarette est interdite dans les endroits publiques, il ne devrait plus y avoir de problèmes avec celle-ci, sauf son prix.
Il faut quand même se rappeler que dans les années 60 et 70 les médias étaient inondés de publicités incitant les gens à fumer. Rappelez-vous les Richard Garneau (Du maurier) Jean Besré (Belvedaire) et bien d'autres. Il faut plutôt aider ceux qui voudraient cesser de fumer au lieu de leur mettre sur le dos tous les malheurs du monde et les surtaxer.

Bien sûr on ne peut pas être contre la vertu, mais il faut aussi comprendre que le prix exorbitant de la cigarette « légale » fait bien plus de torts aux plus démunis. Car la nicotine, pour ceux qui y sont dépendants, agit un peu comme un antidépresseur ou du moins comme une consolatrice.
Prenez M. Mulroney, (bien qu'il ne soit pas un démuni), qui a eu bien moins de difficultés à cesser de boire que de fumer... (voir sa biographie).

Vous devriez dénoncer des problèmes bien plus importants que la perception de la taxe sur la cigarette à plume.

Manquez-vous de sujets?

L'automobile, par exemple. Savez-vous qu'une course comme le grand-prix de Formule1 produit en deux heures autant de fumée que dix milles fumeurs pendant 5 ans? Est-ce acceptable ça?

La publicité à outrance de l'automobile où on nous fait miroiter la plénitude de rouler seul sur de belles routes de campagnes, ou sauter par-dessus les obstacles de la route (Nissan), ou la puissance dont vous avez « besoin » et j'en passe. Est-ce acceptable ça?

Le bruit assourdissant des « minounes » des jeunes à calotte qui modifient leur silencieux et par le fait même, les exite et les incite à plus de vitesse? Est-ce acceptable ça?

L'inexistence du transport en commun à St-Georges, alors que bien des petites villes ont au moins des Taxibus? Est-ce acceptable ça?

A St-Georges, de pouvoir laver son « char » et son stationnement à volonté, mais pas ses fleurs? (voir le règlement de la ville). Est-ce acceptable ça?

La société des alcools qui maintenant ouvre ses portes à tous les jours jusqu'à 22 heures. Un service essentiel?
Les annonces de bière omniprésente? Est-ce acceptable ça?

La malbouffe que l'on retrouve un peu partout: voyez la grosse affiche de McDonald près de la polyvalente. Est-ce acceptable ça?

Le Jeux: Loto-Québec qui, comme pour la cigarette dans les années 60-70, nous inonde de publicité incitative et perverse. Combien de victimes directes et indirectes. Combien de familles brisées par le joueur compulsif? Partout nous retrouvons ces « billets de l'espoir ». Il faut faire la file et attendre dans les épiceries, les dépanneurs et autres, parce que des joueurs se servent de ces comptoirs pour faire vérifier leurs billets... Est-ce acceptable ça?

Le gouvernement n'a qu'a vendre les cigarettes qu'en succursale et à prix raisonnable, et comme pour le vin et la bière, de pouvoir les faire chez-soi...

 
 
Publié par Réjean Bouffard | mai 14, 2008 8:59 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux.

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