Prix des denrées à la hausse
Depuis un an, le prix de denrées de base a subi des augmentations alarmantes : 53 % pour le mais, 99 % pour le riz, 75 % pour le blé et 72 % pour le soya. Chez-nous, le pain a déjà augmenté de 10 %, les pâtes alimentaires de 26 % et la farine de 8 %.
Si les augmentations ne sont pas plus fortes ici, c’est que la hausse du dollar canadien permet d’absorber une grande partie de l’augmentation des prix. De plus, la guerre des prix que se livrent les grands de l’alimentation (Loblaws, Métro, Sobeys/IGA et Wal-Mart) atténue le choc, mais cela ne durera pas éternellement.
En plus de l’augmentation des prix des denrées de base, la flambée des prix du pétrole affecte tous les biens qui doivent être transportés et la nourriture n’y échappe pas.
Dans les états de New York et de Californie et dans les magasins Sam’s Club et Costco, on a commencé à imposer des limites à la quantité de riz, d’huile et de farine qu’un même client peut acheter au cours d’une visite. Ça commence à se rapprocher de chez-nous, vous ne trouvez pas?
La famille québécoise consacre 12 % de son budget à l’alimentation, alors que la famille des pays en développement doit y consacrer 90%. Ça ne laisse pas une grande marge de manœuvre pour satisfaire les autres besoins.
Face à cette menace, certains pays, comme la Chine, ont commencé à limiter les exportations de certaines denrées afin de nourrir leur propre population. Cela est susceptible de créer une rareté qui aura un effet à la hausse sur le prix de ces denrées.
Causes multiples
Plusieurs causes sont à la source d’un tel problème. L’utilisation du mais dans la production de biocarburant crée une forte demande pour cette denrée dont le prix augmente considérablement. Plusieurs producteurs, attirés par ce prix, cessent de produire d’autres denrées pour se lancer dans la culture du mais. De plus, tout le mais qui entre dans la production du carburant n’est plus disponible pour nourrir les gens.
Il y a aussi les impacts résultant des changements climatiques. Les déserts gagnent du terrain et l’espace terrestre consacré à la culture des terres arables diminue constamment. Ajoutons à cela les décisions politiques des pays européens et nord-américains qui subventionnent largement les producteurs agricoles, laissant ainsi peu de chance aux agriculteurs des pays en développement qui ne peuvent bénéficier de tels programmes. Cela crée une importante distorsion entre pays riches et pauvres.
Question de temps
Pour l’instant, tous ces problèmes semblent bien loin de nous. Que les prix du pain, des pâtes alimentaires et de la farine augmentent dans nos marchés d’alimentation, la grande majorité de la population locale pourra continuer à se nourrir décemment. Mais il ne faut pas oublier que les 254 000 Québécois qui sont au salaire minimum de 8,50 $/heure (340 $ brut par semaine) paient le litre de lait et d’essence au même prix que le salarié moyen.
Je suis conscient de ne pas être très drôle cette semaine, mais sachez que le problème de la faim dans le monde est à nos portes. Nous serons probablement frappés plus tard que bien d’autres pays, mais il serait insouciant de croire que ce problème ne nous atteindra pas. Ce n’est qu’une question de temps.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine aux gens qui ont à cœur le sort de leurs semblables : « La richesse attire les amis, la pauvreté les sélectionne.» Auteur inconnu.