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Hold-Up à la pompe
 

Cessez d’engueuler votre pompiste; il n’y est pour rien dans l’augmentation fulgurante de 12 % du prix de l’essence depuis le début de 2008.

Vous vous souvenez sans doute de la farce qui circulait il y a quelques dizaines d’années quand on faisait dire à une blonde que l’augmentation du prix de l’essence ne la dérangeait pas, puisqu’elle en mettait toujours pour 2 $. Aujourd’hui, avec son plein de 2 $, notre blonde conductrice sortirait à peine de la cour de la station-service.

De 1,40 $ à ???
Jusqu’où ira le prix de l’or noir? Bien malin qui pourrait le dire. Des spécialistes(?) parlent d’un litre à 1,50 $ cet été, d’autres risquent même un prix de 2,50 $ en 2012, comme si on était en mesure de prévoir les prix quatre ans à l’avance. Chose certaine, il ne faut pas compter sur une baisse importante des prix. Ne rêvez plus au litre à moins de 1 $, cela fait maintenant partie de l’histoire.

Les pétrolières ont beau être les entreprises les plus détestées au monde, elles continuent d’engranger des milliards de dollars de profits par trimestre. Je n’ai rien contre les profits, mais il y a des limites. L’essence n’est pas un bien de luxe auquel on peut renoncer si on n’en a pas les moyens.

En région, impossible de laisser l’auto à la maison pour emprunter les transports en commun. L’auto est un moyen de se déplacer quasi indispensable.

Pour nous encourager, on compare les prix payés ici à ceux payés par les automobilistes européens, comme si cela devait nous faire avaler la pilule plus facilement.

Au Québec, on vit une situation particulière puisque notre bon gouvernement a créé un organisme, la Régie de l’énergie, dont la mission «consiste à assurer la conciliation entre l’intérêt public, la protection des consommateurs et un traitement équitable du transporteur d’électricité et des distributeurs.» Même si la mission fait référence à l’électricité, l’organisme a aussi juridiction sur le gaz naturel et les produits pétroliers.

Et du côté des produits pétroliers, notre protectrice Régie a fixé un prix plancher, en bas duquel les détaillants n’ont pas le droit de vendre de l’essence. On peut fixer les prix aussi haut qu’on le veut, mais impossible de les baisser à volonté. Belle façon de nous protéger, n’est-ce pas?

À chaque hausse de prix, nous reprenons notre litanie de reproches à l’égard des pétrolières, mais après cette séance de défoulement collectif, nous revenons à nos habitudes de conduite.

Quoi faire?
Peut-on vraiment faire quelque chose? «Noui». Le pouvoir que vous et moi, individuellement, avons sur les pétrolières est franchement inexistant. C’est un aveu bien désolant à faire, mais il faut être réaliste.

Par contre, nous avons le pouvoir de modifier nos comportements en tant que conducteurs. Commençons par le choix de notre véhicule. Est-il nécessaire d’acheter de gros et gourmands VUS pour circuler à 99 % du temps sur des routes asphaltées? Je prétends que non, cela même si vous avez amplement les moyens de vous payer un tel véhicule et l’essence nécessaire à son fonctionnement.

Au cours de l’été, ne pourrait-on pas utiliser davantage le vélo pour nous rendre au travail, surtout lorsque le bureau ou l’usine est situé à quelques kilomètres seulement de la maison?

Des employés d’une même entreprise qui habitent le même quartier ont-il besoin d’utiliser chacun leur auto? Le covoiturage pourrait être davantage développé.

Quand je conduis, est-ce que je dois toujours avoir l’accélérateur au plancher? La réduction de la vitesse est une mesure facile à adopter et permet de réaliser des économies importantes.

Pas besoin de vendre nos autos ou de se procurer uniquement des sous-compactes pour influencer les prix. On n’a qu’à poser des petits gestes quotidiens qui contribueront à réduire notre consommation. Si la demande devient moins forte, il est permis de croire que l’offre s’ajustera.

Nous contenterons nous de chialer à chacune des augmentations ou sommes-nous disposés à modifier nos vieilles habitudes?

Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous ceux qui attendent toujours après les autres pour solutionner un problème : «À attendre que l’herbe pousse, le bœuf meurt de faim.» Proverbe anglais

 
 
Lien permanent | Commentaires (4) | Publié le mai 21, 2008 10:27 AM

Je vous écris simplement pour vous souhaiter la meilleure guérison possible pour la maladie qui vous assaille.

Amic

 
 
Publié par Amic | mai 22, 2008 10:02 PM

M. Dutil,

Effectivement, votre article souligne très bien L'impuissance que plusieurs d'entre nous ressentons face aux compagnies pétrolières! Et nos frustrations semblent indifférer autant ces compagnies avides de profit que les gouvernements.

Comme vous le dites si bien, on essaie de dorer la pilule en nous comparant aux Européens, et on oublie pourtant de comparer nos salaires aux leurs, de même que leurs accès pratiquement illimités aux divers transports en commun et les nôtres, qui sont souvent inexistants!!!
De plus, j'aimerais mentionner une question qui m'assaille depuis longtemps; pourquoi le territoire de Chaudière-Appalaches fait-il invariablement partie de ceux qui paient le plus cher à la pompe, et ce, depuis maintes années? Pourtant, nous sommes tout près des raffineries!... Et contrairement aux grands centres, nous ne bénéficions d'aucun système de transport en commun. Comme vous le mentionniez si bien, nous n'avons pas le luxe de ce choix.

De plus, je rajouterais même que je serais curieuse de comparer nos salaires moyens avec ceux d'autres régions qui paient l'essence au même prix, et fort probablement même moins cher que nous, à savoir qui peut le plus se permettre ces tarifs exubérants...
En fin de compte, je me demande comment sont définis (et surtout par qui) ces prix à la pompe, et POURQUOI pait-on plus cher que la majorité des autres québécois???
Mais puisque ces questions font partie du problème et que je préfère me situer en mode solution en attendant d'avoir peut-être un jour réponse à ces questions, il me reste que peu d'options: tout d'abord, économiser le plus possible, bien sûr, en co-voiturant, en prenant le vélo, en regroupant et planifiant mes sorties, etc...

Et aussi, je veux bien le croire encore, en boycottant certaines compagnies à l'origine de ces augmentations et qui contrôlent la grande part du marché. Depuis ces messages il y a quelques années sur Internet, je boycotte Shell et Petro-Canada, avec l'espoir que le plus de monde possible fera de même, afin d'arriver, tous ensemble, à influencer ces compagnies qui nous prennent en otage et forcer des actions.

Je ne peux, comme vous tous, cesser de consommer du pétrole, mais je peux entreprendre de petites actions qui, je l'espère, finiront par avoir un impact, si nous nous unissons dans cette volonté de nous faire entendre comme consommateurs.

 
 
Publié par Annie G. | mai 23, 2008 1:40 PM

C'est quand même drole d'entendre tout le monde être dégouté du prix de l'essence tandis qu'à la une d'enbeauce.com, on vante la participation de 515 coureurs à l'endurocross... n'est-ce pas là du gaspillage pur et simple de pétrole?

 
 
Publié par Jean Savoie | mai 26, 2008 3:18 PM

Bonjour Mr Dutil. voici en quelques mots ce dont il faut faire, et c'est déjà commencer, voici le lien...

http://fr.netlog.com/junioraymond/blog/blogid=2412307#blog

Je prépare présentement la grève générale du citoyen à la grandeur du Québec afin de dire à nos 2 gouvernements d'aller s'assoir et refaire leur devoir, cette grève est prévu du 2 juin au 6 juin prochain.

 
 

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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