De 1,40 $ à ???
Jusqu’où ira le prix de l’or noir? Bien malin qui pourrait le dire. Des spécialistes(?) parlent d’un litre à 1,50 $ cet été, d’autres risquent même un prix de 2,50 $ en 2012, comme si on était en mesure de prévoir les prix quatre ans à l’avance. Chose certaine, il ne faut pas compter sur une baisse importante des prix. Ne rêvez plus au litre à moins de 1 $, cela fait maintenant partie de l’histoire.
Les pétrolières ont beau être les entreprises les plus détestées au monde, elles continuent d’engranger des milliards de dollars de profits par trimestre. Je n’ai rien contre les profits, mais il y a des limites. L’essence n’est pas un bien de luxe auquel on peut renoncer si on n’en a pas les moyens.
En région, impossible de laisser l’auto à la maison pour emprunter les transports en commun. L’auto est un moyen de se déplacer quasi indispensable.
Pour nous encourager, on compare les prix payés ici à ceux payés par les automobilistes européens, comme si cela devait nous faire avaler la pilule plus facilement.
Au Québec, on vit une situation particulière puisque notre bon gouvernement a créé un organisme, la Régie de l’énergie, dont la mission «consiste à assurer la conciliation entre l’intérêt public, la protection des consommateurs et un traitement équitable du transporteur d’électricité et des distributeurs.» Même si la mission fait référence à l’électricité, l’organisme a aussi juridiction sur le gaz naturel et les produits pétroliers.
Et du côté des produits pétroliers, notre protectrice Régie a fixé un prix plancher, en bas duquel les détaillants n’ont pas le droit de vendre de l’essence. On peut fixer les prix aussi haut qu’on le veut, mais impossible de les baisser à volonté. Belle façon de nous protéger, n’est-ce pas?
À chaque hausse de prix, nous reprenons notre litanie de reproches à l’égard des pétrolières, mais après cette séance de défoulement collectif, nous revenons à nos habitudes de conduite.
Quoi faire?
Peut-on vraiment faire quelque chose? «Noui». Le pouvoir que vous et moi, individuellement, avons sur les pétrolières est franchement inexistant. C’est un aveu bien désolant à faire, mais il faut être réaliste.
Par contre, nous avons le pouvoir de modifier nos comportements en tant que conducteurs. Commençons par le choix de notre véhicule. Est-il nécessaire d’acheter de gros et gourmands VUS pour circuler à 99 % du temps sur des routes asphaltées? Je prétends que non, cela même si vous avez amplement les moyens de vous payer un tel véhicule et l’essence nécessaire à son fonctionnement.
Au cours de l’été, ne pourrait-on pas utiliser davantage le vélo pour nous rendre au travail, surtout lorsque le bureau ou l’usine est situé à quelques kilomètres seulement de la maison?
Des employés d’une même entreprise qui habitent le même quartier ont-il besoin d’utiliser chacun leur auto? Le covoiturage pourrait être davantage développé.
Quand je conduis, est-ce que je dois toujours avoir l’accélérateur au plancher? La réduction de la vitesse est une mesure facile à adopter et permet de réaliser des économies importantes.
Pas besoin de vendre nos autos ou de se procurer uniquement des sous-compactes pour influencer les prix. On n’a qu’à poser des petits gestes quotidiens qui contribueront à réduire notre consommation. Si la demande devient moins forte, il est permis de croire que l’offre s’ajustera.
Nous contenterons nous de chialer à chacune des augmentations ou sommes-nous disposés à modifier nos vieilles habitudes?
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous ceux qui attendent toujours après les autres pour solutionner un problème : «À attendre que l’herbe pousse, le bœuf meurt de faim.» Proverbe anglais