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La fièvre du hockey
 

Je ne sais pas si c’est parce que l’hiver s’étire, que la neige n’en finit plus de fondre ou que les érables commencent à peine à couler, toujours est-il que la fièvre du hockey semble prendre des proportions inhabituelles cette année.

LNH
Dans la Ligue Nationale de Hockey (LNH), la fin de saison du Canadien de Montréal, qui trône au premier rang, fait ravaler les prédictions des experts (?) qui ne le voyaient même pas dans les séries de fin de saison.

Heureusement, à ce niveau, le hockey s’est beaucoup amélioré depuis le retour au jeu après une année d’inactivité. On a presque éliminé les accrochages, il y a beaucoup moins de bagarres inutiles, la grande majorité des taupins sont disparus des patinoires et, pourtant, le nombre de spectateurs est en hausse dans plusieurs arénas.

À Montréal, on joue à guichets fermés depuis plus de deux ans. On a donc là une preuve évidente qu’un calibre de hockey laissant de la place aux vedettes comme Crosby, Overchkin, Malkin, Lecavalier et autres peut présenter un spectacle de qualité. Enfin, le talent des hockeyeurs l’emporte sur celui des pugilistes.

La participation des joueurs de hockey professionnels aux Jeux Olympiques depuis quelques années explique une partie importante de ce changement dans la LNH. On se souvient que les parties de hockey dans le cadre des olympiques attiraient un nombre important de spectateurs à la télé. La rapidité du jeu et la grande qualité d’exécution des joueurs de talent nous ont permis de découvrir que le hockey pouvait être l’un des plus beaux sports d’équipe lorsqu’on le ramène à sa mission première.

LNAH
Malheureusement, les dirigeants de la Ligue Nord-Américaine de Hockey (LNAH) ne semblent pas avoir compris le message.

Non seulement on n’a pas fait les efforts nécessaires pour éliminer les taupins, on semble même en faire la promotion. Il y a encore trop de joueurs dans ce circuit qui ont des problèmes d’électricité au cerveau; les fils se touchent trop facilement et trop souvent.

On se bat même avant que la rondelle ait été mise en jeu. Ces combats peuvent permettre d’assouvir les instincts guerriers de quelques spectateurs qui ont besoin de se défouler, mais cela nuit grandement au spectacle. Surtout qu’il y a plusieurs joueurs de talent capables d’offrir un spectacle de qualité aux mordus du vrai hockey.

J’accepte facilement que le hockey soit un sport viril et que les mises en échec légales fassent partie du jeu. Pas question de faire du hockey un sport de «moumounes», mais il y a toute une différence entre du jeu viril et de la boxe sur patins.

On ne voit d’ailleurs pas de scènes disgracieuses comme au hockey dans les autres sports d’équipes comme le football, le baseball, et le soccer. Si un événement déplacé survient, les joueurs sont sévèrement punis. Et pourtant, la popularité de ces sports ne peut être mise en doute.


Activité économique
La présence d’une équipe de hockey comme le Canadien à Montréal et le CRS à St-Georges est un actif économique important. Les soirs de parties, il arrive souvent que les restaurants et les bars soient remplis, que les commerces situés à proximité des arénas fassent des affaires d’or. Et c’est bien tant mieux!

C’est même bon pour les médias alors que la période des séries éliminatoires marque un accroissement important de la vente du nombre de copies ou des cotes d’écoute. Cela malgré le fait que les journalistes sportifs soient devenus de vrais groupies abandonnant leur sens critique à la partisanerie.

Toujours est-il que la vraie saison dans les circuits de hockey est en cours. Espérons que l’accent sera mis sur les joueurs de talent plutôt que sur ceux qui doivent compenser leur manque de talent par l’utilisation à outrance de leurs gros muscles dont on peut mettre en doute la nature.


Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine aux dirigeants des ligues de hockey qui croient que la violence est nécessaire pour attirer les foules : «Il n’y a pas de bêtise à être ignorant, mais il y a de la bêtise à vouloir le rester.»

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le avril 9, 2008 3:08 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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