Consulter
Accueil Fils RSS Plan du site En Beauce.com en page de démarrage
 
Recherche :
 
 En Beauce.com
Pauvre Stéphane!
 

Quand j’observe un homme politique et que je ressens de la pitié à son égard, ce n’est pas bon signe. C’est pourtant le sentiment qui m’anime depuis quelques mois à chaque fois que je vois Stéphane Dion.

Même si je n’ai pas souvent partagé les idées de l’actuel chef libéral, je dois reconnaître son intelligence et son intégrité. Mais il ne suffit pas d’être intelligent; encore faut-il savoir utiliser son intelligence. Stéphane Dion ne démontre pas beaucoup d’habileté de ce côté.

Nous savons tous que l’élection de Stéphane Dion à la direction du Parti libéral du Canada fut un accident de parcours. L’establishment du parti souhaitait l’élection de Bob Rae. Mais lorsque ce dernier a été devancé par Michael Ignatieff, la bande à Chrétien a envoyé un mot de passe sur le plancher du congrès pour appuyer Stéphane Dion afin d’empêcher Ignatieff de l’emporter. Dion était un plan «B», sans plus.

Depuis son arrivée à la direction de son parti, Stéphane Dion n’a fait preuve d’aucun sens stratégique, multipliant les gaffes et créant la zizanie au sein de ses troupes.

Renverser le gouvernement
Il est rare qu’un gouvernement minoritaire survive plus de 18 mois. Il est encore plus rare de constater que sa survie soit due au soutien de l’opposition officielle. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est ce qui se passe à Ottawa.

En refusant de voter clairement contre le budget présenté la semaine dernière, les libéraux en étaient à la quatrième occasion ratée de déclencher des élections. Pourtant, à chacune des occasions, Monsieur Dion a déclaré qu’il n’était pas favorable aux mesures présentées. Mais comment expliquer que l’on est contre si on refuse de voter contre ou que l’on s’abstient. Impossible d’être à moitié enceinte après tout.

En agissant ainsi à répétition, Stéphane Dion perd toute crédibilité. La semaine dernière, il déclarait que le gouvernement Harper n’était plus digne de confiance, mais il refusait de le renverser. On fait confiance ou non et on se comporte comme tel.

La situation est devenue à ce point ridicule, que le chef du NPD a qualifié Stéphane Dion de «chef de l’abstention officielle», ce qui veut tout dire.

Qui dirige les libéraux?
Pourtant, tout au long de la semaine précédant le dépôt du budget Flaherty, les signaux envoyés par Stéphane Dion à ses troupes indiquaient clairement son intention de renverser le gouvernement.

Mais l’establishment du parti a refusé de suivre son chef et l’a même forcé à revenir sur sa décision. Les raisons avancées en sourdine tournent autour du fait que l’on a de la difficulté à recruter des candidats de valeur, que les finances du parti sont à sec et que plusieurs députés ont peur de perdre leurs sièges.

Mais, ce que l’on ne dit pas, c’est que l’on attend l’arrivée de Bob Rae qui sera probablement élu lors des élections partielles à venir dans quatre comtés le 17 mars prochain.

Avec Bob Rae et Michael Ignatieff aux Communes, la position de Stéphane Dion ne sera pas très confortable, car ces deux aspirants officiels ont déjà commencé à préparer la prochaine course à la chefferie. Monsieur Dion aura avantage à garder le dos au mur pour éviter les couteaux qui voleront bien bas.

Si un caucus divisé et des organisateurs apeurés sont parvenus à obliger le chef à retraiter, il est évident que ce chef ne dirige plus ses troupes. Stéphane Dion est un chef en sursis et à moins d’un retournement subit forçant la tenue d’un scrutin bientôt, il n’est pas certain que Stéphane Dion dirigera les troupes libérales lors d’une prochaine élection.

Le chef du NPD, Jack Layton, caresse le projet de déposer une motion de blâme à l’égard du gouvernement dans le cadre d’une journée de l’opposition qui lui revient d’ici le 14 mars.

Dans un tel cas, il serait pratiquement impossible aux libéraux de s’abstenir une fois de plus ou de soutenir les conservateurs sans risquer de perdre le peu de crédibilité qui pourrait encore leur rester.


La pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à ce pauvre Stéphane Dion : «Quand le violon se désaccorde, il est temps de quitter l’orchestre.» Franck Dubosc, humoriste français.

 
 
Lien permanent | Commentaires (0) | Publié le mars 5, 2008 11:33 AM

 

 

Poster un commentaire

(Vous devez être approuvé par le propriétaire du site avant que votre commentaire n'apparaisse. En attendant, il n'apparaîtra pas sur le site. Merci de patienter).
Nom:
Adresse e-mail:
URL:
Commentaires:
(vous pouvez utiliser des tags HTML pour modifier le style)
 
À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

Notes récentes

S'abonner au flux de ce blog
[De quoi s'agit-il ?]
Catégories

Archives

Rechercher


Copyright © Tous droits réservés - Notes légales - Annonceurs - Contactez-nous