Mon pays, c’est l’hiver
Jamais Gilles Vigneault n’aura eu autant raison que cette année. Je reconnais que je commence à avoir mon voyage avec la neige, mais il y a quelque chose qui me fatigue encore plus, c’est d’entendre les médias accorder une importance disproportionnée à ce sujet depuis des semaines.
On vit au Québec, un pays nordique; alors autant s’y faire. Nous n’avons pas le contrôle sur la température, alors assumons. Je suis conscient qu’il y a pénurie de souffleuses et même de pelles à certains endroits, mais il fallait y penser avant; ce n’est pas la première année que l’on a de la neige.
Pour les «déneigeurs» à forfait, ce sera une mauvaise année, mais a-t-on déjà oublié les deux ou trois hivers précédents où il ne neigeait presque pas? C’est un juste retour des choses.
Ceux qui détestent l’hiver n’ont qu’à prendre leur mal en patience en se disant que les fortes précipitations de cette année font l’affaire de ceux qui savent profiter de cette saison, des centres de ski, des vendeurs d’équipements de sport et ainsi de suite.
Que je n’en entende pas un se plaindre lorsqu’il fera 35 degrés cet été. Souvent, ce sont les mêmes qui se plaignent peu importe la saison.
Nouveaux péchés
L’église catholique a été frappée par un vent de modernisme dernièrement. On a décidé d’innover en publiant une liste de nouveaux péchés.
Parmi ceux-ci, mentionnons l’accumulation d’une richesse excessive, se droguer ou «dealer», polluer l’environnement, etc.
J’aimerais que l’on m’explique à partir de quel montant la richesse peut être excessive? Selon que l’on pose la question à moi, à Marcel Dutil, à Paul Desmarais ou à un cheik arabe, la réponse risque d’être fort différente.
Quant au péché relié au commerce de la drogue, je m’imagine mal Mom Boucher se payer une visite au confessionnal prochainement. Toujours est-il que la nouvelle liste de péchés ne devrait pas créer une congestion autour des confessionnaux dans nos églises.
Le salaire des chefs
Les libéraux et les adéquistes ont surpris les Québécois en leur apprenant que les chefs de ces deux partis reçoivent, en plus de leur salaire régulier, des sommes d’argent importantes pour leur permettre de joindre les deux bouts.
En plus de son salaire de premier ministre et de dépenses totalisant 183 061 $, Jean Charest reçoit 75 000 $, ce qui porte ses revenus totaux à 258 061 $. Dans le cas du chef adéquiste, Mario Dumont, ce dernier reçoit une prime de 50 000 $ en plus de son salaire et des allocations de dépenses totalisant 174 739 $ pour une total de
224 739 $
Même si cela est tout à fait légal, je ressens un certain malaise, car lorsqu’ils ont accepté l’emploi, ces chefs connaissaient les conditions salariales. De plus, le premier ministre n’est pas uniquement au service des libéraux du Québec. Il est le premier ministre de tous les Québécois et c’est donc à eux de payer.
Si l’on consent à verser des salaires faramineux à des joueurs de hockey qui pratiquent une ou deux heures par jour et qui jouent une centaine de parties par année, peut-être devrait-on payer adéquatement nos dirigeants politiques. N’oublions pas que l’on en a toujours pour notre argent.
Pensée de la semaine
Je dédie la pensée de la semaine à ceux et celles qui ont l’habitude de parler avant de penser : «Le plus difficile au monde est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans penser.» Alain