L’année dernière, Hydro-Québec a remis un dividende de 2,3 milliards $ au gouvernement québécois. Les profits sont là , il n’y a aucun doute.
Un cadeau aux alumineries
En même temps que l’on nous impose ces hausses de tarifs, Hydro-Québec, fortement influencée par le gouvernement Charest, consent à garantir à Alcoa, la deuxième plus importante aluminerie au monde, près de 1 000 mégawatts à un prix ridicule, soit quelque 0,04 $ le kilowatt/heure. Cette garantie sera valide jusqu’en 2040 pour l’aluminerie de Baie-Comeau. Et dire que l’on riait de Maurice Duplessis qui, dans les années ’50, avait consenti un coût de 0,01 $ la tonne de minerai de fer à des compagnies américaines. L’histoire se répète.
Alcoa n’est pas une entreprise dans la dèche. L’an dernier, elle a déclaré des profits de 2,6 milliards $ US. Il faut mentionner que l’électricité représente 35 % des frais de production d’une tonne d’aluminium et que l’approvisionnement est important, tant en quantité qu’en coût.
Je ne m’oppose pas à ce que l’on utilise une ressource naturelle renouvelable pour favoriser le développement économique du Québec. On serait bien fou de se priver ainsi d’un réel avantage.
Là où je ne suis pas d’accord, c’est lorsque l’on offre cette ressource en bas de notre prix de revient. Il en coûte à Hydro-Québec entre 0,08 à 0,10 $ pour produire un kilowatt/heure. Si on le vend aux alumineries aux environs de 0,04 $, qui devra payer la différence? Il ne faut pas avoir un doctorat en économie pour connaître la réponse. Les autres abonnés devront mettre la main dans leur poche et compenser notre riche société d’état pour le cadeau consenti.
Rappelons que les alumineries établies au Québec bénéficient de tarifs préférentiels depuis 1980 et d’autres annonces sont attendues d’ici peu concernant les alumineries d’Alcoa à Deschambault et à Bécancour.
Manque ou surplus?
Je fais toujours appel à votre mémoire en disant que, lors des hausses de tarifs, Hydro-Québec nous expliquait que cela était justifié pour faire d’importants investissements en construisant de nouveaux barrages. On avait même parlé d’une urgence et de la nécessité de construire une centrale au gaz naturel, la fameuse centrale Suroît. Sans cette centrale, on risquait une grave pénurie d’électricité au plus tard en 2008 ou 2009.
Maintenant en 2008, ces mêmes gens nous expliquent que l’on peut consentir aux alumineries des tarifs préférentiels parce que l’on se retrouve avec d’importantes quantités d’électricité en surplus. Il semble que l’on ne soit pas trop fort en planification chez Hydro-Québec. Et rappelons que le projet de construction de la centrale de Suroît a été abandonné suite à la pression populaire.
Les dirigeants d’Hydro-Québec déclarent que les Québécois sont les plus grands consommateurs d’électricité au monde. C’est normal, on est les seuls à chauffer nos résidences à l’électricité. Et, si votre alzheimer est toujours sous contrôle, vous vous rappellerez que, durant les années ’70 et ’80, on nous incitait à convertir notre chauffage à l’électricité puisque le Québec disposait d’une quantité énorme de cette énergie et que, en plus, c’était l’endroit au monde où on la payait le moins cher.
Après nous avoir incité à se convertir à l’électricité, on nous reproche maintenant d’en abuser. Il faudrait se brancher!
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine aux dirigeants d’Hydro-Québec : « La compétence sans autorité est aussi impuissante que l’autorité sans compétence.» Gustave Le Bon, médecin et sociologue français.