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A-t-on vraiment besoin d'un lobbyiste?
 

Dernièrement, le Centre de santé et de services sociaux de Beauce, les municipalités de Saint-René et de La Guadeloupe et le Centre d’Appels d’Urgence de Chaudière-Appalaches ont confié à Madame Diane Leblanc, lobbyiste, des mandats pour effectuer des démarches auprès de divers organismes ou ministères du gouvernement québécois.

Mon interrogation quant à la pertinence d’utiliser les services de Madame Leblanc ne concerne aucunement Diane Leblanc. En effet, cette dernière est officiellement inscrite au registre des lobbyistes et elle a pleinement le droit de gagner sa vie. Elle a sans doute les compétences et les contacts nécessaires pour accomplir ce travail. On pourrait même ajouter qu’elle a le mérite de ne pas avoir attendu une nomination gouvernementale à un poste souvent créé pour fournir un salaire à un ancien député ou ministre. Le gouvernement Charest, comme ses prédécesseurs, a largement abusé de ces nominations partisanes au cours de la dernière année.

Pourquoi?
Là où je m’interroge, c’est à savoir pourquoi, subitement, tous ces organismes publics ne sont plus capables de défendre eux-mêmes leurs projets auprès des officines gouvernementales?

Auparavant, tous ces organismes préparaient leurs dossiers et les acheminaient aux organismes concernés. Dans le cas du centre hospitalier, on n’a pas utilisé de lobbyistes pour l’agrandissement de l’édifice et pour l’obtention de nombreux équipements, le tout représentant plusieurs millions de dollars en investissements.

Dans chacun de ces cas, le personnel du centre hospitalier a fait preuve de compétence dans la préparation des dossiers et dans leur acheminement aux bons organismes. D’ailleurs, la procédure est très claire au ministère de la santé concernant l’élaboration et la présentation de projets. Il faut obtenir l’accord de l’Agence de la santé et des services sociaux de la région puis, finalement, celle du ministère.

J’imagine que l’on utilise également le député du comté pour que ce dernier fasse la promotion des dossiers auprès des instances politiques.

Ça sent le patronage
C’est probablement à ce niveau que l’on trouve une explication pour l’utilisation des services d’un lobbyiste. Sans le dire clairement, on laissera entendre que le député actuel de Beauce-Sud, Claude Morin, un adéquiste, n’a probablement pas tous les contacts au sein des ministères dirigés par les libéraux.

Dans ce cas, pourquoi ne pas utiliser les services d’une libérale reconnue qui a été députée durant une dizaine d’années et qui connaît bien des gens au sein du gouvernement libéral? Un tel raisonnement peut se comprendre.

Mais là où ça cloche à mes yeux, c’est que cela revient à dire que les dossiers ne sont pas reçus par le gouvernement au mérite, mais selon l’allégeance politique de ceux ou celles qui les défendent. On pourrait facilement être tenté d’appeler cela du patronage.

Une fois élu, le député de notre comté n’est pas le député des électeurs adéquistes de Beauce-Sud. Il représente l’ensemble des citoyens de ce comté et, lorsqu’il se présente dans un ministère, il a toute la légitimité d’une personne élue démocratiquement.

Il en est ainsi du gouvernement québécois. Jean Charest et ses ministres ne représentent pas seulement les libéraux. Ils forment le gouvernement légitime de tous les Québécois et il est de leur devoir de prendre les intérêts de tous les contribuables peu importe leur allégeance politique.

Si on me dit que, dorénavant, il faut utiliser des fonds publics pour payer un intermédiaire qui fera cheminer nos dossiers auprès des divers organismes gouvernementaux, il y a quelque chose qui cloche.

Je puis comprendre qu’un organisme ou un groupe de citoyens peu habitué à frayer à travers l’appareil gouvernemental puisse faire appel à quelqu’un qui les aidera à se démêler dans ce véritable labyrinthe, mais j’avoue ne pas comprendre qu’un organisme comme le Centre de santé et des services sociaux de Beauce procède ainsi.

Les hôpitaux se plaignent, souvent avec raison, qu’ils manquent d’argent et présentent régulièrement des budgets déficitaires. Face à une telle situation, le contribuable que je suis ne comprend pas pourquoi alors consacre-t-on des dizaines de milliers de dollars pour embaucher un lobbyiste.

Pensée de la semaine
La pensée de la semaine est dédiée à nous tous : «La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal.» Confucius

 
 
Lien permanent | Commentaires (5) | Publié le mars 26, 2008 10:59 AM

je vois que les pressions ont fait reculer Mme Giroux concernant cette décision, et c'est tant mieux.
Mme Leblanc n'était pas si efficace quand elle était au gouvernement, je ne vois pas pourquoi elle serait plus écoutée maintenant qu'elle est lobyiste. Ses amis proches du CA sont sans doute déçu de ne pas pouvoir lui donner une manne facile, mais la population sera surement moins frustrée.
En passant, vérifiez pourquoi elle n'a pas acceptée de poste suite à sa défaite, vous serez surement étonné des résultats.

 
 
Publié par G Q | mars 26, 2008 1:03 PM

Mme Leblanc a eu une très bonne idée d'exercer le métier de lobbyiste car elle a respecté les délais et fait le tout légalement. Quant à moi le député traite les dossiers qui lui sont soumis comme Mme Leblanc le faisait elle aussi mais pourquoi ne pas bénéficier de ses contacts afin de les faire avancer plus vite en allant directement aux bons endroits? En passant, je n'aime pas la petite phrase de G Q laissant entendre certaines choses qui sont personnelles et n'ont pas rapport dans l'opinion sur le sujet qui est son métier et non Mme Leblanc elle-même.

 
 
Publié par L.G. | mars 28, 2008 11:27 AM

Je viens de lire votre chronique et la seule question qui m'est venue à l'esprit est celle-ci; où vont-ils prendre l'argent pour payer Mme Leblanc?. Encore dans nos poches ..j'imagine..en oubliant d'appeler un(une)remplaçant pour entrer à 8hre. Nous savons que, son entrée au travail automatiquement est retardée et on sait très bien que s'est cet même employé qui écope en ayant moins d'heure sur sa paye...mis à part tous les dessous que l'on ne sait pas. De la mauvaise gestion.

 
 
Publié par Michelle | mars 28, 2008 1:56 PM

C`est loin d`être la première fois que le CSSSB dépense de l`argent en faisant appel à des firmes pour faire des évaluations et des enquêtes puisque la direction n`a pas confiance à ses employés et à son personnel cadre.Et maintenant , elle ne se même plus confiance à elle- même.
Elle a toujours besoin de se faire backée¨avec des rapports.
Mme Giroux a toujours peur de faire la manchette dans les médias et veut faire bonne figure auprès du gouvernement au point de faire travailler son personnel d`arrache-pieds avant une inspection . Le grand ménage et la peinture se font avant de recevoir des enquêteurs du gouvernenment .
Et Mme Leblanc fait tout simplement partie d`une des stratégies de la directrice et elle en profite car çà peut être gratifiant pour elle. Au diable la dépense quand on veut faire bonne figure....

 
 
Publié par Johanne f. | avril 1, 2008 6:58 PM

Sincèrement je vois le lobbyiste comme un moyen légalisé de contourner les lois.

le gourvernement au lieu de simplifier l'accès à l'argent et à l'information, empilent lois par dessus lois et offrent ensuite des salaires et des pot de vins à qui sait les contourner.

 
 
Publié par JD | avril 2, 2008 7:42 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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