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Une mort utile
 

J’étais en voyage en Inde lorsque j’ai appris le décès du caporal Étienne Gonthier.
Je ne connaissais pas ce jeune homme, ni les membres de sa famille. Pourtant, ce décès m’a profondément touché.

Je suis conscient qu’une majorité de Canadiens et une plus forte majorité de Québécois s’opposent à la mission canadienne en Afghanistan. Je ne partage pas cette opinion.

J’ai toujours été opposé à la guerre en Irak parce qu’elle a été déclenchée unilatéralement par un président américain un peu fou qui voulait prouver à son père qu’il était capable d’avoir la tête de Saddam Hussein. Il a gagné son pari, mais les Irakiens ne s‘en portent pas mieux pour autant.

L’intervention de nombreux pays en Afghanistan a été souhaitée par plusieurs dirigeants de ce pays et a été endossée par l’OTAN et l’ONU, ce qui lui donne une légitimité certaine.

La mort du caporal Gonthier nous attriste tous. Quand les parents d’Étienne Gonthier élaboraient des scénarios quant à l’avenir de leur fils, ils n’avaient certainement pas envisagé son décès à 21 ans dans un conflit armé.

Pourtant, en choisissant la vie militaire, le jeune Gonthier savait qu’il s’exposait à un certain risque. En acceptant de participer à la mission canadienne en Afghanistan, il était pleinement conscient des risques qu’il courrait. Mais, comme la majorité des jeunes de son âge, il se disait sans doute que ce serait une expérience de vie intéressante et que, avec un peu de chance, il en reviendrait grandi, comme la majorité de ses confrères et consoeurs.

N’oublions pas qu’il se tue annuellement plus de jeunes sur les routes du pays qu’il s’en tuera durant toute la durée de la mission canadienne en Afghanistan.

Mais, comme on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, on ne mène pas une guerre sans qu’il y ait des pertes de vies. Et ce n’est pas parce qu’une mission est difficile que l’on doive y renoncer.

Si nos pères et nos grands-pères s’étaient abstenus d’intervenir avec les alliés lors de la deuxième guerre mondiale, Hitler aurait conquis l’Europe et il aurait pu poursuivre son rêve fou de dominer le monde en éliminant des millions d’êtres humains pour un simple motif racial. Je préfère ne pas penser à ce que serait devenu le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Nous demeurerons toujours redevables à nos prédécesseurs qui ont contribué à vaincre l’armée allemande, même si plusieurs d’entre eux y ont laissé leur vie.

En participant à la mission canadienne en Afghanistan, le caporal Gonthier souhaitait redonner à la population de ce pays au moins un semblant de démocratie, un minimum de liberté.

Les gens de ma génération reprochent souvent aux jeunes de ne pas s’impliquer, de toujours vouloir recevoir sans redonner en retour. Étienne Gonthier n’était pas de ces jeunes et son engagement prouve à tous que nous pouvons avoir confiance en notre jeunesse.

Un changement en Afghanistan ne s’accomplira pas en deux ou trois ans. Les talibans sont des ennemis coriaces. Ils ont dirigé ce pays par la terreur en emprisonnant les femmes dans des vêtements rétrogrades et en les privant du droit élémentaire à l’éducation, la seule source d’un vrai changement.

Si on abandonne cette population, il est certain que les talibans reprendront le contrôle du pays et que les Afghans en seront les victimes. Quand on nous parlait de la situation dans ce pays avant l’intervention des armées de plusieurs pays, nous étions tous d’accord pour déplorer une telle situation et souhaiter un changement.

Or, le changement ne viendra pas seul et il faut être conscient qu’il faudra y mettre le temps et les efforts nécessaires, cela sans minimiser les risques qui accompagnent une telle intervention.

Si le caporal Gonthier a pu contribuer à améliorer le sort des Afghans, sa mort n’aura pas été inutile et ses proches, malgré leur chagrin, pourront se consoler en se disant qu’Étienne est mort en héros comme l’ont fait nos pères et grands-pères avant lui.

Pensée de la semaine
La pensée de la semaine est dédiée à tous ces jeunes qui n’ont pas peur de l’engagement : «L’homme supérieur c’est celui qui d’abord met ses paroles en pratique, et ensuite parle conformément à ses actions.» Confucius

 
 
Lien permanent | Commentaires (9) | Publié le février 6, 2008 10:41 AM

Que de vantardise ici: ''J’étais en voyage en Inde lorsque j’ai appris le décès du caporal Étienne Gonthier...''

Dites moi, M. Dutil, en quoi cela avait-il un lien avec le sujet traité sinon vous donnez de l'importance ?

La pensée de la semaine que je vous donne est: "Il y a des aveux qu'il ne faut pas faire... c'est quand avouer à l'air d'une vantardise. " (Jean-Marie Poupart)


 
 
Publié par Mr. Style | février 6, 2008 4:17 PM

Une lueur d'espoir.
Le principal argument apporté par ceux qui s'opposent à l'envoi de troupes canadiennes en Afghanistan, consiste à prétendre que le Canada a toujours été un pays ayant une réputation de neutralité, et que le fait de participer à cette guerre pourrait nous faire perdre cette réputation légendaire.

Ces opposants semblent ignorer que la présence militaire canadienne a fait en sorte que nos soldats ont prouvé qu'ils pouvaient s'avérer fort utiles en temps de guerre, et que leur expertise était la bienvenue auprès des forces armées d'autres pays, se méritant ainsi l'admiration et l'éternelle reconnaissance de la part des peuples qui, grâce à eux, ont pu recouvrer la liberté et la sécurité. Il est très facile pour les « gérants d'estrade » de jouer à l'autruche, assis confortablement sur le bord de leur piscine, une bière à la main, en affirmant: « On n'a pas d'affaire là-bas.

Çà ne nous regarde pas ce qui se passe dans ces pays-là. Ce n'est pas de nos affaires ». Je n'ose imaginer quelle serait la réaction de ces mêmes personnes, si par exemple elles étaient témoins d'une agression de la part d'un adulte envers un enfant qui ne pourrait pas se défendre? Sous prétexte que cette agression ne touche pas un proche, seraient-elles tentées d'avoir le même comportement et de se dire: « Je n'ai rien à y voir. Je ne le connais pas »? C'est pourtant la même situation qui se produit à des milliers de kilomètres, alors que des femmes et des enfants subissent les atrocités commises par des extrémistes qui n'acceptent pas qu'une partie de leur peuple puisse bénéficier des mêmes droits qui devraient être ceux de tout être humain.

Quant à ceux qui doivent vivre continuellement sous le joug de ces tyrans, la seule consolation qui leur reste est celle de voir que les militaires d'un lointain pays, dont ils n'avaient probablement jamais imaginé l'existence, puissent leur venir en aide, contribuant ainsi à leur donner un peu d'espoir.

Cette raison à elle seule justifie la présence de l'Armée canadienne en Afghanistan.

 
 
Publié par Yvon Thibodeau | février 7, 2008 1:13 PM

Cher Mr. Style,

Le fait d'utiliser l'anonymat pour nous faire part de vos propos est une preuve de votre grand courage. Il est facile de prêter des intentions aux gens qui ne se cachent pas et qui jouent franc jeu lorsque l'on n'a même pas le courage de signer son nom,

Si vous croyez que mentionner que l'on est en voyage est un geste de vantardise, vous devez être de ceux qui ne sortent pas souvent de leur village et qui envient les autres. Dans le monde d'aujourd'hui, le fait de voyager n'a rien d'extraordinaire et il n'y a surtout pas de quoi s'en vanter. Je voulais tout simplement mentionner que, même à distance, aujourd'hui il est possible d'être toujours branché à l'actualité de chez-nous.

Je me permets de vous suggérer aussi une petite pensée: «L'humilité qui se plaît à être cachée est un orgueil déguisé.

Au plaisir!

 
 
Publié par Pier Dutil | février 7, 2008 7:46 PM

Monsieur Thibodeau,

vous dites que les opposants à la guerre ont comme principal argument que le Canada a toujours été neutre et qu'il devrait le rester. Je ne sais pas ce que vous entendez par "opposants", mais la majorité des personnes qui s'opposent à la mission canadienne en Afghanistan, telle qu'elle est présentement, ne sont pas contre la présence de nos militaires dans ce pays, mais plus contre le type de mission que nous avons là-bas. Le Bloc Québécois, par exemple, réclame une rotation des troupes de l'OTAN qui ferait en sorte de soulager nos militaires et donner une mission plus humanitaire pour l'armée canadienne qui je crois, est plus compétente dans ce genre de travail.

De plus, plusieurs erreurs commises par les Conservateurs ont fait en sorte que les Québécois et les Canadiens réclament plus de transparence de la part du gouvernement. L'histoire des prisonniers afghans démontre qu'il se trame quelque chose de malhonnête et la population a l'impression qu'on lui cache quelque chose. Il ne faut pas s'étonner par la suite que la population soit plutôt défavorable aux missions de combat.

 
 
Publié par Philippe | février 11, 2008 6:45 PM

Pourquoi démontrer du respect pour les troupes canadiennes quand ils essaient d'aider des ARABES qui on c'est que ce sont tous des terroristes. Et puis les soldats quand ils s'enrôlent ils se font laver le cerveau et puis ils pensent seulement a tuer et après ils oublie tous leurs familles et leur amis. Les troupes Canadiennes en Afghanistan ne servent a rien comparés a quand les troupes américaines avaient été au Vietnam.

P.S. Pourquoi s'en faire avec les troupes Canadiennes quand on vit au Québec !

 
 
Publié par Albert Roy | février 14, 2008 9:51 AM

À vous M. Roy, en tant que conjointe du Caporal Étienne Gonthier, j'aimerais vous dire que je n'appuie en aucun point votre point de vue. Premièrement, en Afghanistan, il n'y a pas que des terroristes, vous ne devriez jamais porter un jugement sans avoir évalué la situation comme il se doit.

Vous n'avez surement aucune personne qui vous sont chère qui soit la bas. Si vous saviez comment les soldats déployé compte sur leur famille et leur proches pour s'encourager et se remonter le moral, vous ne diriez pas qu'ils se sont fait laver le cerveau et qu'ils ne sont que des machines à tuer. Je trouve très triste que vous ayez cette opinion, car tous les hommes que je connaissent qui sont en ce moment encore la bas à combattre pour AIDER dis-je bien une population oppressée par certains de leur concitoyen, ne peuvent se permettre le découragement. Quand la mort frappe leur frère d'armes, il ne peuvent se permettre d'abandonner car s'il le ferait tous ces hommes et femmes mortes au combat, le serait pour rien. Si vous aviez parlé avec quelqu'un qui y soit déjà aller, vous verriez tous ce qu'ils ont réalisé la-bas et comment les Afghans, leur sont reconnaissant quand ils les voient.

Où croyez-vous que nos militaires trouvent la force de poursuivre une mission comme celle-ci quand ils savent parfaitement que leur vie est en danger... Si vous aviez vu les photos que mon conjoint m'avait envoyé durant son séjour la-bas, vous verriez comment les enfants sont heureux quand ils voient des soldats, ils reçoivent des crayons et des chaussures et c'est comme si on venait de leur donner le ciel. Si seulement vous pouviez voir leur visage, si heureux pour de si petites choses. Si vous aviez un peu de cœur, vous ne diriez pas qu'on ne devrait pas s'en faire avec nos troupes.

À vous M. Dutil, j'approuve votre point vue et vous ne pouviez pas si bien dire quand vous dites que ces parents lui avait imaginés des scénarios pour son avenir, j'ai actuellement 20 ans, et sincèrement à son retour c'était des enfants et une maison que nous avions en tête, je n'imaginait pas que je devrait tout recommencer. Ces jeunes hommes engagé et prêt à tout sont un merveilleux exemple de dévouement que j'admire car je ne ferais pas leur travail. Il faut avoir énormément de courage pour partir la-bas quand on sait que plusieurs personnes nous aimes ici et que l'on a plein de projets d'avenirs avec sa ou son conjoint.

Étienne sera à jamais graver dans ma mémoire mais tout comme ils ont démontrer du courage, nous devons à notre tour en démontrer et se relever même dans ces moments qu'on voudrait qu'il n'ait jamais existé. Étienne est mon héros et il le demeurera à jamais.

APPUYONS NOS TROUPES
C'est tout ce dont nous pouvons faire alors faisons le sans gêne et crions le très fort!!!

Cinthia Morin, conjointe d'Étienne Gonthier

 
 
Publié par Cinthia Morin | février 15, 2008 1:59 PM

Bonjour Monsieur Roy;

il est absolument malheureux et déplorable de rencontrer des gens tel que vous, qui encore en 2008,se font une idée fausse a partir de simple préjugés. Comment pouvez vous juger des hommes si honnorables sans avoir même pris la peine de vous arreter et de vous renseigner sur ce qu'implique réellement leur mission ? Facile d'être le simple spectateur qui se contente d'observer la scene de loin et de la juger faussement tel que vous le faite...mais le jour ou vous aurez des gens dans votre entourrage qui s'y trouve...peut etre saurez vous être plus délicat et moins accusateurs dans vos commentaires. Et pour ce qui est du fait que, selon vous, les arabes sont tous des terroristes...TRES BELLE OUVERTURE D'ESPRIT de votre part monsieur Roy! On appelle cela de la discrimination et du racisme ...mais ne vous en faite pas...vous etes pardonné car seule l'ignorance conduit les gens a tenir de tels propos..

Sans rancune a votre regard Monsieur Roy,je vous souhaite un minimum d'ouverture d'esprit pour cette année 2008... et par le fait même je vous invite éventuellement, a vérifier vos sources et à vous renseigner d'avantages, avant de denoncer publiquement de telles absurdités.

Yzabelle Bisson

 
 
Publié par Yzabelle Bisson | février 19, 2008 6:36 AM

Vivre son rêve

Ceux et celles qui,volontairement, acceptent de joindre les rangs des Forces armées canadiennes, sont bien conscients que cette décision, peut-être la plus importante de leur vie, aura comme conséquence que cet engagement exigera de leur part ainsi que de la part de leurs proches, une abnégation et un sens du devoir qui sont le propre de tous ceux qui croient en un idéal, et qui souhaitent aller jusqu'au bout de leur rêve. Afin de permettre à un peuple opprimé, composé en majorité de personnes à qui on a enlevé toute dignité humaine, et qui doivent vivre continuellement sous la domination exercée par quelques fanatiques qui exercent envers eux une constante menace, nos militaires sont maintenant prêts à mettre en pratique les milliers d'heures d'entraînement qui ont fait d'eux des combattants capables d'affronter les ennemis de la démocratie.


Malheureusement, plusieurs centaines d'entre eux reviendront au pays avec des séquelles physiques, auxquelles s'ajouteront parfois des dommages psychologiques, conséquences inévitables de ce qu'ils ont vécu là-bas, devenant les témoins d'atrocités ou d'actes barbares commis par des personnes qui n'ont d'humain que le nom. Mercredi dernier, quelques minutes à peine après leur retour auprès de leurs familles, les militaires qui revenaient de mission en Afghanistan n'hésitaient pas à répondre aux médias que si leurs services sont à nouveau recquis, ils n'hésiteront pas à retourner « sur le terrain », afin de faire honneur à leur drapeau. Lorsqu'on l'interrogeait sur les raisons qui l'avaient incité à se rendre combattre en Afghanistan, le Caporal Étienne Gonthier, du 5è Régiment du génie, basé à Valcartier, dont les Funérailles militaires ont été célébrées samedi dernier à Saint-Georges de Beauce, avait l'habitude de répondre: « Si nous étions comme dans ce pays-là, nous serions contents qu'on vienne nous sortir de ce marasme ». Les 2,300 personnes qui ont assisté à ses Funérailles se souviendront pour toujours de l'hommage que lui ont rendu ses frères et soeurs d'arme, dont plusieurs avaient les yeux remplis de larmes, ce qui est un signe tangible qui nous prouve que ceux et celles qui doivent, dans certaines situations, faire abstraction de tout sentiment de faiblesse, n'en conservent pas moins l'humanisme et la compassion qui sont tout à leur honneur.

Les personnes présentes ont toutes été émues par ces marques de reconnaissance envers celui qui, par son courage, s'est mérité l'admiration de toute une population qui a démontré qu'elle sait reconnaître le courage et le don de soi démontré de la part d'un jeune homme qui, comme l'ont témoigné ceux qui l'ont connu, a su s'attirer l'amitié et l'admiration de tous ceux qui ont partagé ses peines et ses joies. « Lorsqu'on quitte ce monde en laissant un beau souvenir dans le coeur de ceux et celles qui regrettent notre départ, finalement, nous ne sommes pas tout à fait morts, car nous continuerons pour toujours de vivre dans le coeur de ceux et celles que nous avons aimés ».

Yvon Thibodeau
Saint-Georges de Beauce

 
 
Publié par Yvon Thibodeau | février 20, 2008 1:00 PM

Pourquoi le Canada fait-il la guerre en Afghanistan ?

Le Canada est en Afghanistan pour compenser son refus de participer à la mission américaine en Irak.

Pourquoi les États-Unis sont-ils en Afghanistan ?

L’Afghanistan est en Asie Centrale, à proximité de la Russie, de la Chine et de l’Inde. A proximité de trois pays du BRIC, qui sont le centre de la croissance économique mondiale pour les prochaines décennies.

Pourquoi spécifiquement l’Afghanistan ?

C’est la frontière Est de l’ennemi numéro 1 des américains depuis les trente dernières années, l’Iran. C’est le passage obligé pour les ressources gazières et pétrolières de la mer Caspienne, vers la Chine et l’Inde. La Russie, la Chine et surtout l’Iran ne doivent pas prendre le contrôle de cette région.

Mais nous aidons tout de même le peuple Afghan…

Rien à voir avec le peuple. Nous aidons à mettre en place un régime politique qui sera sympathique aux intérêts économiques de nos grandes entreprises. Depuis quand le Canada dépense-t-il 100 millions de dollars par mois pour aider un peuple ? Comment une occupation militaire, qui dure depuis 5 ans maintenant et durera encore longtemps, pourrait-elle aider une population qui souffre de la guerre depuis des décennies ?

C’est tout de même une mission multinationale ???

En fait, c’est une mission militaire américaine, soutenu par l’OTAN, une Alliance militaire qui oblige les pays membres à assister un autre pays membre attaqué. Le commandant suprême des opérations militaires de cette Alliance, depuis sa création à la fin de la Seconde guerre mondiale, a toujours été un général américain. Les États-Unis ont affirmés être attaqués le 11 septembre 2001.

Voyons, le 11 septembre 2001, les États-Unis ont véritablement été attaqués !

Oui, mais pas par un autre État. Al-Qaida est une organisation terroriste qui avait déjà ciblé les États-Unis à plusieurs reprises auparavant, par des attentats à l’explosif en mer et en territoire africain. La différence c’est que là, ils l’ont fait en territoire américain.

Les États-Unis devaient donc se défendre…

Le rapport du Congrès publié cet été sur les événements nous éclaire à ce sujet. Les services secrets savaient que les terroristes allaient frapper aux Etats-Unis, on apprends que certains terroristes impliqués étaient connus et suivis. La CIA aurait curieusement cafouillée… Les services de renseignements militaires savaient aussi qu’un attentat se préparait, mais ils auraient, eux aussi, étrangement, minimisé la menace. Les États-Unis voulaient eux, depuis longtemps, en découdre avec le régime Taliban. On sait maintenant que ce monstrueux désastre a été très utile pour forcer l’ONU à légitimer le renversement du régime Taliban. La légitime défense d’un État membre. Aussi, il a aidé à forcer les pays de l’OTAN à s’impliquer, l’assistance à un allié agressé. Il ne restait qu’à imposer le gouvernement Karsaï.

Ils ont fait exprès ???

Non ! Pas pour que les tours jumelles tombent. Ils s’attendaient vraisemblablement à pouvoir contrôler un scénario à l’explosif similaire aux attentats du passé. Ils n’avaient pas porté attention au scénario de détournement d’avions de ligne. Ils ont été éberlués, pris par surprise par la créativité morbide des terroristes et par le fait de n’avoir eu aucune indication sur l’ampleur du désastre qui se préparait. Le rapport dit vrai, les bonnes informations n’ont pas été considérées et la menace a été minimisée. Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’un attentat, d’une ampleur raisonnable, faisait l’affaire de certains. On parlerait ainsi d’un catastrophique aveuglement tactic, quelque peu volontaire.

Les alliés participent tout de même à la mission.

Disons, diplomatiquement, que les pays européens se sentent plutôt coincés. Le colonialisme n’a pas bonne presse en Europe. Envoyer des soldats se battre outre-mer, sous les ordres d’un général américain est très mal vu. Comme on peut le constater, on ne se bouscule pas pour aller combattre dans le Sud. Il semble que tout cela ne soit une qu’entreprise bien anglo-saxonne, comme le sont les puissances qui contrôlent la distribution pétrolière et gazière mondiales.

On ne peut tout de même pas abandonner la population Afghane.

La seule voie responsable est d’exiger, comme c’est la tradition canadienne, que les militaires soient envoyés dans un cadre international comme Casques bleus. Mais ni la Chine, ni la Russie qui siègent au Conseil de sécurité, ne vont accepter. Lors d’un retrait immédiat, la population afghane ne sera pas abandonnée à son sort. L’Iran, la Russie, la Chine, l’Inde et surtout le Pakistan veulent tous jouer un rôle de premier plan dans le futur de ce pays d’une importance capitale pour l’avenir économique de l’Asie Centrale. Ils devront faire des compromis.

Former l’Armée Nationale Afghane n’est-elle pas, en définitive, la vraie solution ?

Former et armer à coups de milliards une armée composée d’ethnies minoritaires, face à l’ethnie pachtoune majoritaire dans la région peut difficilement être une solution. Nous jouons aux « apprentis sorciers ». Comment croire que les pachtounes joindront en masse cette armée, prétendument multiethnique, qui lutte contre ses propres séminaristes religieux, les talibans ? Cela ressemble à une sinistre blague. Une sélection des combattants sur la langue parlée ne prouve quant à leur l’ethnie, le pachtou était obligatoire lors du régime taliban. C’est une recette pour les massacres et la guerre perpétuelle.

Qu’y a-t-il de mauvais à vouloir positionner nos intérêts économique dans cette région ?

Il n’y a plus rien de démocratique et d’humanitaire dans l’exercice. Tout l’exercice devient un cynique, et sinistre jeu de pouvoir. Dans un contexte de réchauffement de la planète, nous aidons les Grandes pétrolières qui nous exploitent à ne pas perdre leur monopole sur les énergies fossiles. Nos soldats meurent en participant à une guerre et une occupation militaire pour des intérêts privés. Cette politique étrangère nous est imposée en utilisant une alliance militaire qui se veut exclusivement défensive, l’OTAN. L’assistance à la population ne devient qu’un accessoire pour masquer les vrais objectifs. Ceci explique la lenteur des développements, la croissance de la corruption et de l’économie des drogues. Si c’est cela le nouveau rôle du Canada dans le monde, nous perdons toute crédibilité international. Affirmons cette nouvelle réalité, et cessons de raconter n’importe quoi aux jeunes militaires qui s’enrôlent.

Quelles sont les véritables conséquences de tout ça ?

Les puissances de l’Asie Centrale : la Russie, l’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Iran, ainsi que plusieurs petits pays de la région, travaillent présentement à créer une nouvelle alliance militaire contre notre occupation. Son nom : l’Organisation de Coopération de Shangaï. Nous contribuons activement à créer une nouvelle guerre froide et à relancer une nouvelle course aux armements avec l’Asie.

Qui profite de tout cela ?

Les grandes pétrolières, les marchands d’armes et les partis de droite qui agissent comme services de marketing pour ces grandes manœuvres.

Qui sont les victimes ?

En premier lieu la population afghane qui subit une autre guerre. Puis, il y a nos militaires et leurs familles, qui devraient à mon avis poursuivre le gouvernement pour fausse représentation ayant causé la mort. Et, finalement, il y a la destruction de l’idéal canadien. De pays démocratique, dévoué au service de la communauté internationale et leader des actions de maintien de la paix ; nous devenons un servile défenseur de la domination pétrolière mondiale par sociétés privées qui contribuent à l’enrichissement économique de pays occidentaux, particulièrement les États-Unis et l’Angleterre.

Normand Beaudet

 
 

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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