C’est le cas des rapports Gagné sur les programmes des régions ressources, Pronovost sur l’avenir de l’agriculture, Castonguay sur la santé, Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables et du livre vert sur la foresterie qui fait suite à la commission Coulombe dont le rapport avait été déposé en 2004.
Malheureusement, l’histoire nous apprend que la très grande majorité de ces rapports sert souvent à ramasser la poussière sur les tablettes des ministères. Après avoir consacré des sommes importantes à la tenue de ces commissions pour parcourir le Québec dans des tournées de consultation, le gouvernement se faisait un devoir d’oublier les recommandations des dites commissions parce que ces dernières ne faisaient pas l’unanimité.
L’éternelle recherche d’un consensus devient une excuse pour ne pas bouger. Si on attend d’avoir l’unanimité, il est évident que l’on ne bougera jamais.
Des changements s’imposent
Lorsque l’on s’attarde quelque peu sur chacun des secteurs cités précédemment, on est à même de constater que ce ne sont pas les problèmes qui manquent.
Les difficultés que traverse l’industrie forestière depuis bientôt cinq ans ne devraient laisser personne indifférent. Il n’est pas normal que l’on éprouve tant de problèmes dans un secteur où l’on dispose d’une ressource renouvelable comme le bois. Ce secteur d’activité compte plus de 300 usines et emploie près de 200 000 travailleurs au Québec. Et pourtant, en 2007 seulement, plus de 22 000 emplois ont été perdus. Sans un changement radical dans la gestion de cette ressource, il ne faut pas s’attendre à ce que la situation s’améliore d’elle-même.
L’état pitoyable dans lequel se retrouve notre agriculture est un autre exemple d’un secteur d’activité qui souffre d’un immobilisme devenu paralysant. La commission Pronovost, dans son rapport déposé la semaine dernière, a fait des recommandations qui remettent en question certains acquis, ce qui a provoqué une levée de boucliers auprès d’organismes bénéficiant de privilèges nombreux. La situation précaire dans laquelle vivent les agriculteurs et éleveurs québécois exige des modifications importantes.
Même si le rapport Castonguay sur la santé n’avait pas encore été déposé au moment d’écrire cette chronique, il soulève déjà la contestation dans plusieurs milieux du monde de la santé. Lorsque l’on écoute les commentaires des gens quant à la qualité des services de santé au Québec, il faut être conscient que, là aussi, il faut remettre en question nos façons de faire. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur ce sujet bientôt.
Les vaches sacrées
Les gens qui s’opposent à des modifications importantes dans la gestion de ces secteurs peuvent être regroupés en deux catégories. D’abord, on retrouve les gens qui profitent des systèmes en place et qui rejettent tout changement pour ne pas perdre leurs privilèges. En deuxième lieu, il y a les tenants du modèle québécois, ce modèle qui date des années ’60.
Les adeptes du statu quo prônent un certain immobilisme et refusent d’envisager des modifications même mineures. Ils ont créé des vaches sacrées auxquelles on ne doit absolument pas toucher.
Il ne faudrait pas oublier que le modèle québécois date de plus de 40 ans et que le temps est venu de l’adapter aux réalités d’aujourd’hui. De plus, il ne faut pas s’attendre à des résultats différents si on continue de toujours faire les choses de la même manière.
Dans les mois qui vont venir, les politiciens et les citoyens du Québec auront l’occasion de faire preuve de courage pour trouver des solutions nouvelles aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Espérons que nous aurons la maturité pour sortir de notre petite zone de confort et regarder plus loin qu’autour de notre nombril.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous ceux qui tentent de nous imposer leurs dogmes : «C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique.» La Bruyère