Des dépenses en hausse constante
En 1980-81, le budget de la santé au Québec représentait 30,6 % de l’ensemble du budget provincial. En 2006, la santé représentait 45 % de toutes les dépenses de l’état. Si on continue ainsi, la santé représentera bientôt plus de 50 % du budget québécois.
Il ne faut pas être un économiste chevronné pour comprendre que si les dépenses en santé augmentent de 6 à 7 % par année alors que les revenus de l’état ont une croissance de 3 à 4 %, il restera de moins en moins d’argent pour l’éducation, la culture, le développement économique, etc.
Le ministre Couillard prétend que les problèmes du système de santé ne résultent pas du financement, mais plutôt de la gestion des ressources. Qu’a-t-il à suggérer alors pour remédier à la situation? Il ne suffit pas de rejeter les propositions des autres; depuis le temps qu’il dirige ce ministère, s’il connaît les solutions, il aurait dû les appliquer déjà ou, tout au moins les partager avec nous, qui sommes à la fois payeurs et patients.
À date, le système a largement prouvé son inefficacité. L’accès aux services est limité, on manque de médecins et d’infirmières, les travailleurs de la santé ont la «broue» dans le toupet, mais tout le monde reste sur ses opinions. Le statu quo n’est plus une option, cela semble faire l’unanimité.
Des solutions courageuses
Si nous ne sommes pas prêts à apporter des changements radicaux, il ne faut pas continuer à demander des améliorations. Je l’ai déjà écrit: inutile de penser que l’on aura des résultats différents si on continue à faire les choses de la même façon.
Mais, dès que nous abordons des éléments de solution, on se heurte aux puissants lobbies comme les syndicats, les ordres professionnels et les gestionnaires qui refusent de bouger. Ces gens se préoccupent avant tout de leurs intérêts corporatistes plutôt que de penser aux malades.
Le privé n’est pas l’unique solution, mais son utilisation encadrée pourrait contribuer à améliorer la situation. Inutile de crier contre le privé; ça existe déjà. Saviez-vous que le contrat de vaccination contre la grippe des employés du ministère de la santé, M. Couillard inclus, a été accordé à une firme privée de Longueuil, Servir +. La loi 33 nouvellement adoptée permet le recours à des cliniques privées sous certaines conditions. Le Canada est le seul pays, à part Cuba et la Corée du Nord à limiter l’utilisation du privé en santé.
Il faudrait également avoir le courage d’enlever aux ordres professionnels le pouvoir de décider annuellement combien de nouveaux médecins, spécialistes et infirmières sont admis. La responsabilité de déterminer le nombre de ressources nécessaires pour offrir un service adéquat devrait appartenir à l’état et non à des corporations.
Malheureusement, le débat sur la santé est devenu idéologique au Québec et tant que l’on n’aura pas des dirigeants capables de prendre leurs responsabilités à l’égard des patients, on ne parviendra pas à améliorer la situation.
Le temps des études est terminé, il faut passer à l’action.
Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous les politiciens : «Au-delà d’un certain délai, un problème dont on ne s’est pas occupé est un problème à moitié résolu.» Winston Chirchill