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La santé est malade
 

La Commission Castonguay chargée de trouver de nouvelles sources de financement pour le secteur de la santé a remis son rapport la semaine dernière. Inutile de revenir sur les recommandations en détail puisque les quotidiens et les nouvelles télédiffusées en ont abondamment fait état. J’aimerais partager avec vous mes réflexions à titre de citoyen, de contribuable et d’usager des services de santé.

D’abord, rappelons que la Commission Castonguay est la cinquième à se pencher sur le secteur de la santé depuis un peu plus de dix ans. Avant elle, il y a eu les commissions Arpin, Rochon, Clair et Ménard. À chaque fois, les conclusions se ressemblaient, mais les gouvernements péquiste et libéral n’ont pas eu le courage d’adopter les recommandations suggérées.

Il semble qu’il en sera encore ainsi si l’on se fie aux propos du ministre Philippe Couillard, lequel n’a même pas attendu que l’encre du rapport soit sèche pour rejeter la majorité des recommandations.

Des dépenses en hausse constante
En 1980-81, le budget de la santé au Québec représentait 30,6 % de l’ensemble du budget provincial. En 2006, la santé représentait 45 % de toutes les dépenses de l’état. Si on continue ainsi, la santé représentera bientôt plus de 50 % du budget québécois.

Il ne faut pas être un économiste chevronné pour comprendre que si les dépenses en santé augmentent de 6 à 7 % par année alors que les revenus de l’état ont une croissance de 3 à 4 %, il restera de moins en moins d’argent pour l’éducation, la culture, le développement économique, etc.

Le ministre Couillard prétend que les problèmes du système de santé ne résultent pas du financement, mais plutôt de la gestion des ressources. Qu’a-t-il à suggérer alors pour remédier à la situation? Il ne suffit pas de rejeter les propositions des autres; depuis le temps qu’il dirige ce ministère, s’il connaît les solutions, il aurait dû les appliquer déjà ou, tout au moins les partager avec nous, qui sommes à la fois payeurs et patients.

À date, le système a largement prouvé son inefficacité. L’accès aux services est limité, on manque de médecins et d’infirmières, les travailleurs de la santé ont la «broue» dans le toupet, mais tout le monde reste sur ses opinions. Le statu quo n’est plus une option, cela semble faire l’unanimité.

Des solutions courageuses
Si nous ne sommes pas prêts à apporter des changements radicaux, il ne faut pas continuer à demander des améliorations. Je l’ai déjà écrit: inutile de penser que l’on aura des résultats différents si on continue à faire les choses de la même façon.

Mais, dès que nous abordons des éléments de solution, on se heurte aux puissants lobbies comme les syndicats, les ordres professionnels et les gestionnaires qui refusent de bouger. Ces gens se préoccupent avant tout de leurs intérêts corporatistes plutôt que de penser aux malades.

Le privé n’est pas l’unique solution, mais son utilisation encadrée pourrait contribuer à améliorer la situation. Inutile de crier contre le privé; ça existe déjà. Saviez-vous que le contrat de vaccination contre la grippe des employés du ministère de la santé, M. Couillard inclus, a été accordé à une firme privée de Longueuil, Servir +. La loi 33 nouvellement adoptée permet le recours à des cliniques privées sous certaines conditions. Le Canada est le seul pays, à part Cuba et la Corée du Nord à limiter l’utilisation du privé en santé.

Il faudrait également avoir le courage d’enlever aux ordres professionnels le pouvoir de décider annuellement combien de nouveaux médecins, spécialistes et infirmières sont admis. La responsabilité de déterminer le nombre de ressources nécessaires pour offrir un service adéquat devrait appartenir à l’état et non à des corporations.

Malheureusement, le débat sur la santé est devenu idéologique au Québec et tant que l’on n’aura pas des dirigeants capables de prendre leurs responsabilités à l’égard des patients, on ne parviendra pas à améliorer la situation.

Le temps des études est terminé, il faut passer à l’action.

Pensée de la semaine
Je dédie ma pensée de la semaine à tous les politiciens : «Au-delà d’un certain délai, un problème dont on ne s’est pas occupé est un problème à moitié résolu.» Winston Chirchill

 
 
Lien permanent | Commentaires (3) | Publié le février 27, 2008 11:58 AM

Bonjour M. Dutil,

Je suis une Beauceronne "émigrée" à Montréal depuis 2 ans, par amour. À l'automne dernier, j'ai eu des palpitations cardiaques qui m'ont inquiétée et j'ai été voir un cardiologue dans une clinique. J'ai présenté ma carte soleil pour la consultation. Il m'a proposé de passer un ECG pour vérifier mon coeur, mais le temps d'attente à l'hôpital était de quelques mois. Il m'a aussi proposé un ECG dans sa clinique pour 40$. Je lui ai demandé dans combien de temps je pourrais le passer, il m'a dit:"Cet après-midi même, le temps de vous préparer."

Une grosse raison du pourquoi de la lenteur et de la "pesanteur" du système de santé est simple: les SYNDICATS!!! Un syndiqué est payé à l'heure et ce ne sont pas les meilleurs qui sont choisis, plusieurs vont dans le domaine POUR LA PAYE, ne nous leurrons pas. Il y a cependant de bons travailleurs parmi les syndiqués, je ne dit pas le contraire... mais ce sont les "paresseux" qui se protègent avec le syndicat qui nuisent au système de santé. Quand les syndicats auront aussi la santé à coeur au lieu de leurs poches, ça ira peut-être mieux...

 
 
Publié par Nadine | mars 2, 2008 7:40 PM

J'ai du aller à l'urgence de l’hôpital St-Georges la semaine passée suite à un problème de santé. Je suis entré à l’hôpital à 16 h. Vers les 22 h, je suis allé vérifier auprès d’une infirmière que l’on ne m’avait pas oublié. On m’a répondu de ne pas m’attendre à voir un médecin avant minuit …peut-être… ?????

J’ai poiroté là durant tout ce temps sans jamais avoir accès à un médecin. Je vous jure qu’avoir eu l’opportunité de payer $50, et même $100 pour avoir accès à un médecin dans les plus brefs délais, je l’aurais payé sans hésitation. Quand on est malade, on se fou de $100 de plus ou de moins dans son porte-monnaie.

J’ai quitté l’hôpital vers 22 h 30, et je m’en suis retourné chez moi, découragé et espérant que mes malaises s’estomperaient. Histoire d’horreur véridique et malheureusement très courante pour les personnes devant se rendre à l’hôpital.

Amic

 
 
Publié par Amic | mars 3, 2008 2:07 PM

Voici une petite expérience de vie. Je me suis rendu à une clinique sur le boulevard Curé-Labelle l'été dernier. Une affiche sur le bord de la route annonçait clinique privé sans rendez-vous. J'entre dans la clinique, celle-ci ressembait à un bureau de dentiste décoré aux goûts du jour. On m'y accueille avec le sourire et un café. Deux divans en cuir brun remplacent les traditionnelles chaises défraîchies d'une salle d'attente traditionnelle du secteur publique. Avant même que je puisse profiter des divans on me fait remplir un petit formulaire de 2 minutes, la réceptionniste m'avertit que le médecin à déjà un rendez-vous de cédulé et qu'il s'occupe de moi juste après. Le médecin sort de son bureau quelques secondes et s'informe de ma présence sur les lieux. Il m'offre de le rencontrer sur le champs puisque je lui dit que ce ne sera pas long, seulement une confirmation d'auto-diagnostique. 5 minutes plus tard je ressort du bureau avec ma prescription en main. La rencontre me coûte 90$ et le médecin me dit que je peux revenir le voir sans frais pour une période de 30 jours. Je demande à la secrétaire si les frais sont les mêmes pour les enfants, elle me répond que pour ceux-ci c'est 60$.

Maintenant faites un petit retour en arrière et dites moi comment auriez-vous été prêt à payer pour éviter votre dernière rencontre chez un médecin avec votre enfant, ou on vous a fait attendre pendant 4 heures, ou vous avez due vous rendre à 6h30 pour pouvoir passer avant le diner, ou vous avez évité de retourner dans le même mois pour ne pas avoir à refaire le même scénario pour une consultation de 5 minutes afin de confirmer si oui on non votre enfant était guérri. La salubrité des salles d'attentes laisse tellement à désirer que nous nous rendons chez le médecin par extême nécessité. Voilà nous l'avons notre ticket modérateur, garder les salles d'attentes si peu invitantes ainsi nous resterons chez-nous de peur d'agraver notre situation.

Je crois que la plus laide et mal entretenue des salles d'attentes se trouve à la clinique face à Vallée Automobile St-Georges. Celle-ci gagnerait la palme d'or si on organisait un concours de médiocrité de service et de salubrité.

 
 
Publié par Claude | mars 3, 2008 9:06 PM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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