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Assez, c'est assez!
 

Ce qu’il est maintenant convenu d’appeler l’affaire Mulroney-Schreiber a dominé l’actualité politique à Ottawa au cours des deux dernières semaines.

À la base de cette affaire, un démarcheur germano-canadien, Karlheinz Schreiber, qui a versé à trois reprises des sommes de 100 000 $ en argent comptant à l’ex-Premier Ministre Brian Mulroney en 1993 et en 1994. Après avoir tenu secrète l’obtention de ces 300 000 $, M. Mulroney a finalement déclaré ces revenus au fisc en 1999.

M. Schreiber avait reconnu avoir versé cet argent à l’ex-Premier Ministre pour des services rendus devant faciliter l’établissement au Canada de deux entreprises européennes. Les deux projets n’ont jamais vu le jour.

Dans certains milieux, on a tenté d’associer ces paiements à un important contrat d’achat d’avions Airbus par Air Canada en 1988. M. Schreiber agissait alors comme démarcheur pour Airbus et il aurait d’ailleurs reçu 20 M $ pour ce travail.

La Gendarmerie royale du Canada a enquêté à ce sujet durant plus de huit ans, sans jamais parvenir à trouver la moindre preuve pouvant associer M. Mulroney à cette transaction. L’ancien Premier Ministre du Canada de 1984 à 1993 a exigé des excuses du gouvernement canadien, dirigé alors par Jean Chrétien, et a même menacé d’entreprendre des poursuites pour laver sa réputation. L’affaire s’est terminée par des excuses officielles et le versement d’une somme de 2,1 M $ à Brian Mulroney.

Si le sujet refait surface aujourd’hui, c’est que le dénommé Schreiber, qui croupit dans une prison en Ontario, fait l’objet d’une demande d’extradition par la justice allemande qui veut le juger pour évasion fiscale et fraudes.

M. Schreiber fait des pieds et des mains pour éviter cette extradition en multipliant tous les recours judiciaires à sa disposition. Il ne lui reste plus qu’une démarche auprès de la Cour Suprême du Canada ou un refus du Ministre de la Justice pour éviter l’extradition.

Voyant venir sa fin, ce cher Schreiber en a remis dernièrement en prétendant que l’entente avec Brian Mulroney avait été prise trois jours avant que le Premier Ministre quitte ses fonctions à la tête du gouvernement canadien.

Mais il importe de préciser que le sieur Schreiber n’était pas limité dans ses contacts qu’avec les conservateurs. Un ancien ministre libéral, Marc Lalonde, a déjà souscrit 100 000 $ en guise de caution pour permettre sa libération lors de recours juridiques. Karlheinz Schreiber jouissait d’un réseau de contacts bien branché.

Certains journalistes anglophones, dont quelques-uns vouent une haine très peu subtile à l’égard de Brian Mulroney, et les députés de l’opposition à Ottawa ont sauté sur cet os comme des chiens privés de nourriture depuis des mois.

Que fallait-il de plus à deux des trois partis de l’opposition pour se saisir d’une affaire aussi nébuleuse dans le seul but d’emmerder le gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Pour les libéraux de Stéphane Dion empêtrés dans des sables mouvants comme pour les bloquistes de Gilles Duceppe à la recherche d’un regain au Québec, la possibilité d’entraîner les conservateurs dans un scandale devenait une occasion rêvée.

Mais toute cette affaire repose sur bien peu de faits prouvés. La crédibilité de Karlheinz Schreiber peut facilement être mise en doute. Ce dernier modifie ses versions des faits au rythme de ses besoins. Brian Mulroney, pour sa part, devra expliquer pourquoi il a accepté de recevoir 300 000 $ comptant dans d’obscures chambres d’hôtels.

Pendant que des travailleurs perdent leurs emplois parce que les usines ferment à cause de la force du dollar canadien, pendant que des soldats canadiens meurent en Afghanistan, pendant que des patients partout au Canada attendent pour recevoir des soins, il me semble qu’il y aurait quelque chose de plus utile à faire au pays avec les millions que coûtera cette inutile commission d’enquête.

Pour une rare fois, je suis d’accord avec Jean Chrétien, cette affaire relève de la police. Assez, c’est assez!

Pensée de la semaine
La pensée de la semaine est dédiée à la relève qui pousse parfois un peu trop fort.

«Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne des vieilles pommes.» Jacques Grand’Maison, sociologue.

 
 
Lien permanent | Commentaires (2) | Publié le novembre 28, 2007 11:39 AM

Suite à la lecture de votre commentaite assez...je veux savoir ce que vous voulez nous dire. Le deshonorable Brian Mulroney selon vous si je vous comprends bien a tenu le sac du voleur Schreiber et a empoché 300000$ et ceci est vrai puisque notre deshonorable a avoué l'avoir recu en le déclarant 6 ans apres à l'impot.

Donc Brian avait déja recu l'interet qui est l`équivalent a payer à l'impot.ceci dit on s'excuse d'avoir douté de son honneteté et on lui verse 2.1 millions en compensation.je ne peux juger m.schreiber car je ne connais pas l'affaire,ce que je sais c'est que le deshonorable brian a recu 2.4 millions pour avoir tenu le sac du voleur.que ce soient les commendites, les pots de vins des partis politiques ou autres je me demande ou cela va arreter.

Aujourd'hui il se fait encore des achats d'air canada,des commandites de toutes sortes est-ce que dans cinq ans on devra depenser encore des millions pour se faire dire qu'un tel a volé, qu'un autre a obtenu des faveurs.

Je suis rendu a croire qu'une personne qui essaie de protéger l'honneteté des gens comme brian, lafleur,ou autres, est complice elle-meme de ces bandits, je me sens meme complice avec ces voleurs de voter pour ces memes voleurs.

Quand au deshonorable Brian j'espere qu'il a declaré ses revenus de 2.1 millions avant que ca fasse 6 ans qu'il les ai recus.

je vous remercie de me donner la chance de repondre à vos commentaires.

 
 
Publié par Pier-Emil Rodrigue | novembre 30, 2007 9:24 AM

J'aime bien vos commentaires. Par contre, je suis déçu que vous ''sortiez'' déjà de la Beauce pour nous entretenir d'un sujet de nature fédéral.

Je n'ai rien contre, sauf que cela ne fait qu'un commentaire de plus dans un océan de commentaires déjà parlés par d'autres journalistes, chroniqueurs, etc.

Je préfère de beaucoup des sujets locaux que nous avons peu de chance de lire ailleurs.

Mon avis.

Amic

 
 
Publié par Amic | décembre 1, 2007 11:40 AM

 

 

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À propos de Pier Dutil

Après des études collégiales au Séminaire de St-Georges et en sciences politiques à l'Université Laval, Pier Dutil entreprend sa carrière professionnelle dans le domaine du journalisme. De 1971 à 1977, il a été rédacteur-en-chef de divers hebdos, éditorialiste attitré à l'émission radiophonique «Commentaires» de Radio Canada et collaborateur à diverses émissions d'information et d'affaires publiques à la télévision de Radio Canada.

De 1977 à 2003, Pier occupe diverses fonctions reliées aux communications, au marketing et à la gestion au sein de plusieurs entreprises comme le Groupe Canam Manac, le quotidien Le Soleil, les consultants Soleil Communication et Québécor.

Pier Dutil a pris sa retraite après 22 années de service au sein du Groupe Canam Manac. Aujourd'hui, il siège au conseil d'administration d'entreprises manufacturières et d'organismes communautaires et sociaux. En plus de le lire dans Le Journal de Beauce à chaque semaine, on peut l'écouter tous les lundis matins sur les ondes de COOL-FM où il tient une chronique traitant de politique.

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