Les mauvaises bases
Le problème avec ces mesures économiques est qu’elles tiennent compte seulement de certains facteurs pour mesurer son augmentation ou sa diminution. Sans entrer dans les détails, je vous donne un exemple. Si le gouvernement annonce que dans les trois derniers mois le taux de chômage est resté stable, cela ne tient pas compte des travailleurs découragés de chercher de l’emploi qui ont carrément arrêté de chercher. Cela ne tient pas compte non plus des travailleurs qui sont rendus au terme de leurs prestations de chômage, non plus du travailleur qui avait 40 heures de travail par semaine et qui est maintenant rendu à 25 heures par semaine. Je pourrais continuer encore longtemps pour vous démontrer que le taux de chômage est une mesure parmi d’autres, et qu’elle peut souvent être imparfaite.
Par contre, de nombreuses décisions politiques sont basées sur cette mesure.
La pauvreté augmente
Les chiffres officiels sur l’augmentation de la pauvreté durant la période de 2008 à 2011 ne nous seront probablement pas dévoilés avant 2013 ou 2014. Il faut donc se fier à ceux qui aident quotidiennement les gens dans le besoin pour avoir une idée de l’augmentation de la pauvreté.
Sur le terrain, plusieurs reportages montrent que les banques alimentaires en arrachent encore plus depuis 2008. Le phénomène est dû à deux facteurs. L’augmentation des personnes qui ont faim, et les besoins à combler qui arrivent plus tôt dans le mois. Et l’augmentation du coût des aliments en général. La farine, le blé, le sucre, le poisson, la viande; le coût du panier d’épicerie augmente beaucoup plus vite que l’inflation annoncée par les autorités (une autre mesure présentement inadéquate).
Vous comprendrez qu’avec le même budget, les organismes peinent à fournir suffisamment de nourriture aux citoyens affamés. Selon Mme Nathalie Belletête, directrice du Comptoir Alimentaire Drummond, les banques alimentaires du Québec composent exactement avec la même problématique que ceux du reste du Canada et de son comptoir alimentaire.
Pour sa part, elle doit composer avec une réserve de denrées vide en septembre, alors que c’était la norme à la fin de novembre les autres années. En deux ans seulement, l’organisme a dû composer avec une augmentation de 21 % des demandes d’aide. Le Comptoir est passé de 975 dépannages pour l’année 2008 à 1 416 dépannages en 2011, soit une augmentation de 45 % en 4 ans.
Les besoins vitaux coûtent plus cher
Parmi les besoins essentiels définis par Statistique Canada, l’alimentation, l’habillement et le logement sont les trois principaux. Deux d’entre eux, soit l’alimentation et le logement, sont en forte augmentation depuis quelques années. C’est la raison pour laquelle un pourcentage de plus en plus élevé de familles consacre plus de la moitié de leur budget pour répondre à leurs besoins de bases. Voir tableau.
Conclusion
Je vous laisse sur cette petite réflexion. Comment pensez-vous que l’économie peut bien aller dans les prochaines années si de plus en plus de gens ne travaillent pas ?
Cette chronique a été rendue possible à la suite de l’excellente collaboration de Mme Lise Tremblay, chef de pupitre au Journal L’Express de Drummondville, et son article : La faim guette les démunis.
À 21 359 $ de revenu par année, le ménage dépense à 63 % de son budget pour se loger, se nourrir et s’habiller. La dépense moyenne requise pour les 3 besoins de base est à 43 % du budget pour le ménage au Canada. Graphique de statistique Canada.

Les revenus en stagnation, par rapport à l’inflation, depuis très longtemps dans notre société, ont amplifié les inégalités entre les pauvres et les riches. Les plus riches, 21 % de la société, ont augmenté leurs niveaux de vie au détriment des plus pauvres, les 79 % qui restent. Le tableau démontre très la différence entre les deux groupes.

Continuez votre lecture sur www.votreargent.ca