Les oublis d’Obama
Le président Obama ne voulait pas être le président qui serait marqué dans l’histoire comme celui étant en fonction pendant que son pays a perdu la plus haute note de crédit accordée à un pays, soit triple A. Contrairement à l’Espagne, l’Italie, la Grèce et l’Irlande, aucune réforme n’est mise en place pour réduire le déficit et contrôler la dette. Le seul plan depuis la crise a été de continuer de s’endetter davantage de manière exponentielle.
La preuve est que le président, dans les négociations sur le relèvement du plafond de la dette, ne voulait pas de mesures contraignantes de réduction du déficit avant l’élection présidentielle de 2012. Les mesures qui ont été adoptées commenceront donc seulement en 2013. Et ils pensent que les financiers internationaux accepteront sans broncher parce que c’est les États-Unis…
M. Obama, vous oubliez de dire que le plus important pour vous est de vous faire réélire en novembre 2012. Les gestes sont plus forts que les paroles, ceux de cet été en donnent un bel exemple.
Les oublis de Buffett
Sommes-nous rendus aveugles? Certains observateurs de la finance ne critiquent jamais celui que l’on surnomme l’Oracle d’Omaha, Warren Buffett. Ce monsieur a un excellent pif pour dénicher les bonnes occasions de placement. Mais il joue une partie politique avec des relents de conflit d’intérêts.
Il affirme que les États-Unis méritent la note de AAA et trouve injuste la décote de S&P, l’agence de notation. Moody’s, la concurrente dont il est actionnaire, n’a pas décoté. Oublie-t-il que son pays n’a aucun plan immédiat pour contrer le déficit? Même le FMI leur reproche leur manque de vision.
Suivez bien le puzzle. À son entrée en fonction en 2009, le président Obama demande à un certain nombre d’experts de former un comité pour étudier comment sortir de la crise. Warren Buffett est sur le comité. Au passage, sa compagnie, Berkshire Hathaway, octroie des prêts à des compagnies, dont GE, General Electric, pour la somme de 10 milliards, avec une garantie du Trésor des États-Unis. Lui qui dit avoir une pleine confiance dans les sociétés américaines a besoin de la garantie du Trésor…
Actionnaire de la firme de notation Moody’s, il a sûrement une très grande influence pour que la firme ne décote pas les États-Unis. Vous comprenez maintenant pourquoi M. Buffett perçoit très mal la décote. Ses intérêts sont en jeu. Il est directement en conflit d’intérêts. Puisqu’une grande partie de la communauté financière lui reconnaît son talent d’investisseur, il devrait être en mesure de percevoir les difficultés auxquelles font face les États-Unis et exercer son jugement comme financier. Ce n’est pas ce qu’il fait.
Faites votre jugement vous-même, et méfiez-vous.
Les gens riches disent des choses publiquement dans leur intérêt, sinon ils se taisent.