Le secteur immobilier
La confiance est à son plus bas dans ce secteur depuis la Grande Dépression des années 30. Et pour cause : l’immobilier est incapable de reprendre même un semblant d‘élan à la suite d’une deuxième chute de prix confirmée dernièrement. Du jamais vu dans le secteur depuis la fondation du pays. Depuis quinze mois, le prix des maisons baisse de un pour cent par mois, selon l’indice de prix Case-Shiller, qui regroupe les vingt plus grosses villes américaines. Cette baisse, additionnée à la dégringolade de 2007 à 2009, fait en sorte que maintenant, 28 % des propriétaires de maisons doivent plus que l’évaluation des maisons du marché immobilier américain. Cette réalité frappe très fort la santé financière des consommateurs.
La consommation
Ce secteur constitue 70 % de l’économie américaine. Les dépenses de consommation sont la pierre angulaire de l’économie. Toute baisse s’avère catastrophique pour une reprise économique ou pour la continuation de celle-ci. C’est ce qui survient au printemps 2011. Voir l’article du journal Les Affaires : http://bit.ly/j8xagp
Le constat est plutôt brutal côté consommation, car les Américains paient pour leurs excès des dix dernières années et remboursent les dettes plutôt que de continuer à dépenser. Autre élément important : dans plusieurs États, les taxes ont commencé à être relevées pour financer les déficits et payer les dettes accumulées par les États et les municipalités. Dans un avenir proche, l’État central (Washington) fera de même pour endiguer son déficit et freiner la dette colossale.
Selon Mickey D. Levy, économiste en chef à la Bank of America, l’avenir s’annonce difficile, car la FED et le gouvernement ont épuisé pratiquement tout l’arsenal dont ils disposaient pour régler les problèmes économiques internes. M. Levy pense que la FED devra relever les taux et affectera encore plus les dépenses de consommation.
Le chômage
Pour arriver à baisser le taux de chômage dans le pays, le gouvernement et la FED doivent complètement changer de politique, selon M. Levy. Les politiques sont trop à courte vue, selon lui. Le dernier budget, par exemple, est consacré en majeure partie aux paiements de transfert, aux programmes de soutien du revenu, et aux subventions. La grande majorité des mesures annoncées vont pour soutenir la consommation au détriment de l’investissement. Il ajoute que c’est justement des mesures d’investissement en formation et d’une réforme majeure du système social, dont le pays a besoin pour relancer l’emploi, étant donné que les nouveaux chômeurs ont perdu leur emploi dans des secteurs complètement dévastés et qui ne se relèveront pas de sitôt. Former les chômeurs pour leur permettre de travailler dans les secteurs d’avenir prend du temps. Si nous voulons concurrencer les pays émergents, c’est la voie que l’on doit emprunter, selon l’économiste en chef de la Bank of America.
Conclusion
M. Levy est également très critique envers la FED, qui a injecté des centaines de milliards dans le système. Ce n’est sûrement pas le bon moyen pour la relance de l’emploi, et l’on voit les résultats. Cela a contribué à amplifier le problème, car l’inflation se pointera plus vite que l’on croit.
Note : Certains propos ont été pris dans une entrevue de Mickey D. Levy dans le magazine Forces d’été 2011, numéro 166.