Une fortune pour n’importe quoi ou presque (1999-2000)
Les investisseurs étaient prêts à payer une fortune une compagnie qui dirigeait ses activités dans l’ère Internet. Des exemples : des compagnies qui avaient des actifs et un chiffre d’affaires dérisoires, se vendaient cent fois les bénéfices anticipés dans le nouveau plan d’affaires ; évidemment avec le fameux (.com) le prix n’était jamais trop élevé. L’exubérance touchait même le marché boursier dans son ensemble. Le Dow Jones se payait de 25 à 30 fois les profits, historique d’environ 15 fois les profits. La bourse électronique Nasdaq, à 40 fois les profits. La folie amena les investisseurs à payer 50 fois les profits d’une compagnie comme General Electric. Elle, au moins, était solide, mais à un prix beaucoup trop haut.
Internet se transforme avec les médias sociaux
Comme investisseur, j’ai appris que l’on doit penser de manière différente que comme consommateur. En passant, c’est l’une des clés pour investir à la bourse. Donc, sur cette prémisse, je peux vous affirmer que le début d’une nouvelle ère, d’Internet ou d’un autre secteur, est toujours susceptible de faire rêver au-delà du réel. Les investisseurs, qui comme la majorité pense encore en consommateurs, oublient que l’investissement repose sur des choses prouvables et vérifiables. Par exemple, les parts de marché dans le futur, la compétition qui se développe rapidement, ou les activités de la compagnie qui peuvent être assez rentables pour justifier le prix payé par action.
Comparons les évaluations boursières/marché privé
Disons que vous êtes intéressé par une compagnie qui a comme chiffre d’affaires un million de dollars. Les profits sont de cent-cinquante-mille par année. Combien seriez-vous prêt à payer pour l’acquérir ?
Normalement, les institutions prêteuses acceptent de financer à l’acheteur une moyenne de quatre à cinq fois les profits, dépendant du secteur d’activité. En bourse, comme mentionné plus haut, le ratio moyen est d’environ 15 fois les profits. Pour l’Internet, le ratio pourrait être de 20 à 25 fois les profits.
Le cas du réseau social LinkedIn
Créé en 2003 par un groupe d’entrepreneurs, le réseau social LinkedIn a été conçu pour les professionnels et les travailleurs indépendants, qui veulent échanger sur leurs activités et le référencement. Pour se bâtir un réseau d’affaires, il est sûrement l’un des meilleurs sur le marché.
En mai dernier, LinkedIn entrait sur la bourse de New-York de manière spectaculaire. Avant son entrée en bourse, plusieurs banques d’affaires américaines évaluaient la prévente des actions du réseau social entre 32 $US et 35 $US pour son premier appel au public. Le matin du 19 mai 2011, l’action qui a été vendue finalement à 45 $US ouvrait en forte hausse à plus de 83 $US, et touchait 122 $US dans la même journée.
Avec une capitalisation de 9 milliards de dollars, l’investisseur évalue le réseau à 35 fois son chiffre d’affaires de 253 millions de dollars US, et 600 fois ses profits. Plus tôt, j’ai mentionné que l’indice S&P 500 avait une évaluation moyenne historique de 15 fois les profits. LinkedIn est à 600 fois.
Facebook est un autre exemple. Pas encore cotée en bourse, l’évaluation de la compagnie par des analystes, les soi-disant meilleurs sur la planète, est de 70 milliards. Soit 35 fois le chiffre d’affaires du réseau Facebook. Je souligne que ce sont les mêmes analystes qui vous font croire que le marché boursier n’est pas élevé présentement et de continuer à acheter des actions.
Conclusion
Maintenant, ce n’est pas le (.com), comme en 1999-2000, mais les médias sociaux qui font rêver. Il faut faire attention et ne pas croire que les actions liées à Internet monteront indéfiniment.
Compilation des chiffres clés internet et réseaux sociaux, janvier 2011. Gracieuseté de Karalys.
2 milliards d’internautes dans le monde
610 millions d’utilisateurs pour Facebook
200 millions d’utilisateurs pour Twitter
90 millions pour Linkedin
35 millions pour Viadeo
1er site le plus visité au monde : toujours Google
700 000 nouveaux inscrits par jour pour Facebook
30 000 nouveaux inscrits par jour pour Viadeo