Les temps changent
Air Canada a maintenant beaucoup de compétition. Les WestJet, Air Transat et même Air France mènent une lutte féroce à l’ancienne société d’État. Ses plus gros compétiteurs, WestJet et Air Transat, ont une structure d’entreprise moins coûteuse et très différente de celle d’Air Canada. En effet, Air Canada est aux prises, comme bien d’autres compagnies de longue date, avec un fonds de pension déficitaire et problématique. Les cotisations au fil des années ont été insuffisantes et les rendements sur les placements, pas au rendez-vous. Maintenant, selon la Société Radio-Canada, les 28 000 employés de la compagnie doivent payer le manque à gagner du fonds de pension des 29 000 retraités. Une tâche impossible, surtout si la compagnie perd encore des parts de marché.
La société Postes Canada, encore sous la tutelle du gouvernement fédéral, est, elle aussi, en forte compétition avec une nouvelle réalité. Les compétiteurs Canpar et FedEx roulent à fond de train, et livrent une compétition directement avec Purolator, qui appartient à Postes Canada. Par contre, cette compétition se fait d’égal à égal.
Nouvelles technologies, nouvelles compétitions
Depuis une dizaine d’années, Postes Canada a un ennemi fantôme utilisé maintenant par tout le monde : les courriels. Devenus une véritable boîte postale virtuelle, les courriels sont un puissant moyen d’échange de renseignements. Ils sont rapides et de surcroît, gratuits. La simplicité des courriels est inégalable. En fait, les courriels sont tellement conviviaux que même des contrats peuvent être conclus par leur intermédiaire, et ils sont aussi valables que les échanges de lettres par la poste. De plus, le réseau social le plus populaire au monde, Facebook, sert également de moyen d’échange de renseignements, au détriment de Postes Canada.
Le lockout de Postes Canada
L’employeur diffuse le message suivant : les employés et le syndicat ne comprennent pas la nouvelle réalité économique avec la venue d’Internet. Nous devons couper dans la masse salariale, répètent les dirigeants de Postes Canada.
Si je décode le message, la perte de volume d’affaires dû aux nouvelles technologies amène Postes Canada à faire des ajustements comme toutes entreprises qui veulent survivre. Elle doit s’adapter.
Le syndicat et les employés, de leur part, réclament la conservation de leurs acquis. Et comme toujours, les employés ne croient pas la direction de Postes Canada quand elle affirme que les conditions doivent changer sous peine de grandes difficultés à venir.
Conclusion
Changements dans l’organisation du travail, souplesse autant de la part des employeurs que de la part des syndicats, et ajustements des régimes de pension pour les employés et les retraités. Voilà les bouleversements à venir dans les 10 prochaines années.