En Europe : La Grèce et l’Irlande sont finalement tombées au combat. Le fonds de sauvetage voté par les membres de l’Union Européenne détermine aussi que d’autres pays auront besoin de renflouement pour éviter la faillite.
En Amérique : Les autorités ont tout fait en leur pouvoir (et avec succès) pour retarder le plus possible l’inévitable soit la hausse des taxes, des impôts et du taux d’intérêt sur la dette publique. Pendant que les yeux étaient rivés sur le baromètre du PIB, les regards se sont détournés des états et des villes en difficulté et de la rechute de l’immobilier.
En ce qui concerne les marchés boursiers, les bonnes nouvelles ont été amplifiées et les mauvaises ont trop souvent été ignorées. Les marchés boursiers ont beaucoup vécu avec l’espoir d’une reprise sans rechute.
Les marchés émergents : Les pays à forte croissance économique ont vu un déferlement de billets verts arriver dans leur économie. Pour contrer le phénomène, la Chine a relevé, à six reprises en 2010, les taux de fonds propres de ses banques. D’autres pays, comme le Brésil, ont même dû implanter une taxe pour arrêter les investisseurs étrangers d’acheter des titres de dettes du pays. Les marchés émergents n’apprécient pas du tout le jeu des États-Unis dans la guerre de monnaie déclenchée à l’automne. Ce sont eux qui en font les frais et la riposte risque d’être cinglante.
2011
Comme 2010, l’année 2011 pourrait devenir une autre année de report d’une prochaine crise, cette fois plus importante que la première. La deuxième phase de la crise qui a débuté en 2008 est bel et bien amorcée. Lors de la première phase, il y a eu la crise financière puis maintenant nous faisons face à la crise de dettes d’états, crise qui ira en s’amplifiant.
Par contre, lors d’une longue crise, il est normal que, pendant plusieurs mois, l’état des choses s’améliore et que les investisseurs détournent leur attention et se concentrent sur le positif. Cela fait partie de la nature humaine de s’adapter à une situation.
En Europe : Les secousses viendront des échéances des dettes qui sont à renégocier. Les négociations seront alors difficiles pour les pays défaillants en 2010, mais aussi pour d’autres pays de la zone « euro » qui pourraient être mis à mal par les agences de notation. Le Portugal, l’Espagne et même l’Italie et la France seront scrutés à la loupe. Les plans d’austérité qui s’installent un peu partout sur le vieux continent donnent une certaine longueur d’avance à l’Amérique, encore très tolérante.
En Amérique : Il y aura sûrement d’autres petites crisettes à venir comme, au printemps, l’échéance du relèvement du plafond de la dette américaine. Les parties s’entendront pour une augmentation temporaire et pour un délai quant à un nouveau report des grandes coupures. À l’automne, le programme de soutien aux états et aux municipalités prendra fin. Cela constitue un enjeu de 3 trillions de dollars de dettes qui sont à risque ! C’est autant que le coût des sauvetages durant la crise financière. La Fed sortira-t-elle un plan pour éponger les dettes ?
Je pense qu’avec ces deux événements, les créanciers du monde prendront conscience en 2011 que les États-Unis devront un jour renégocier leur dette et que cela fera mal. La peur augmentera donc dans le deuxième trimestre, ce qui donnera un meilleur premier trimestre au niveau des marchés boursiers.
Les marchés émergents : Encore une fois en 2011, la croissance économique sera beaucoup plus performante en Asie et en Amérique latine que dans les pays développés. La Chine devra en faire beaucoup plus qu’en 2010. La hausse tant attendue du yuan pourrait commencer à corriger les déséquilibres commerciaux si néfastes à l’économie mondiale. Dans les six premiers mois, si le yuan prend plus de 10% par rapport au dollar américain, le deuxième semestre de l’économie chinoise risque d’atteindre les 8% de croissance en 2011 par rapport aux 10% en 2010. On ne doit pas non plus oublier que les six hausses de 2010 des réserves bancaires pourraient se faire ressentir vers la fin d’année et peser sur la croissance.
CONCLUSION
Si je peux me permettre de comparer l’année 2011 à la météo, je dirais qu’il y aura de belles périodes de beaux temps suivies de quelques forts orages. Les vents repousseront encore la grande tempête qui se forme au loin mais nous savons qu’un jour elle passera au-dessus de nos têtes. Pour l’instant, respirons et profitons de la belle année qui vient !