Contraste évident, qui a raison ?
Les investisseurs :
Depuis le discours du président de la FED le 27 août dernier, les investisseurs ont littéralement misé sur le fait que l’économie irait assez mal pour que l’intervention de la FED soit nécessaire. Les investisseurs ont anticipé les infusions monétaires et la relance de l’économie qui pourrait s’ensuivre si, cette fois, la deuxième ronde de détente quantitative fonctionnait. (Rappelez-vous que la bourse anticipe plusieurs mois d’avance les hausses comme les baisses.)
Les entreprises :
Les entreprises affichent des profits raisonnables, à la suite d’énormes coupures dans le personnel. Aussi, les profits enregistrés en hausse sont comparables à ceux de l’année 2009, année qui fut l’une des pires en 60 ans. Les entreprises investissent seulement dans des projets pour améliorer la productivité, et accroître leur efficacité. Ce n’est pas assez pour hausser le PIB à un niveau de la création pure d’emplois.
Par exemple : selon de nombreuses études, les États-Unis devraient avoir un PIB de plus de 3 % sur une moyenne annuelle pour que le taux de chômage diminue sensiblement. Ils sont à 2,5 % pour 2010, et le service de recherche de The Economist, projette une croissance de seulement 1,5 % pour 2011.
L’argent déborde des coffres
Les entreprises américaines détiennent présentement une encaisse astronomique située entre 25 trillions et 35 trillions. Ce qui constitue un record historique.
Des exemples : Microsoft a environ 20 milliards d’encaisse, Pfizer environ 15 milliards d’encaisse. Les grandes compagnies prévoient racheter de leurs actions en bourses plutôt que d’investir.
Pourquoi autant d’encaisses ?
Dans le magazine Bloomberg Businessweek du 8 au 14 novembre 2010,
une entrevue de Meredith Whitney, de Meredith Whitney Advisory Group, dit ceci à propos de l’encaisse actuelle des entreprises;
« L’incertitude créée par la réforme règlementaire des institutions financières, les politiques, pas encore claires, à propos des taxes et impôts, l’incertitude budgétaire, et tous les autres facteurs mettent les entreprises devant des difficultés de prévoir l’avenir. Fondamentalement, les choses changent trop souvent, dit Meredith Whitney. Les entreprises préfèrent garder leur encaisse au détriment des projets créateurs d’emplois. »
Conclusion :
Nous sommes devant une contradiction flagrante. Ceux qui possèdent le pouvoir de relancer l’économie avec leurs réserves d’encaisse, les entreprises, demeurent ultra prudent face à la conjoncture des États-Unis et aussi face à la conjoncture mondiale.
Les investisseurs voient cela complètement d’un autre œil. Ils pensent que les facteurs financiers, qui pèsent sur l’économie (dette, système monétaire déficient, déséquilibres commerciaux) n’auront pas assez d’effet pour faire ralentir ou même pour faire fléchir de nouveau le PIB.
Fiez-vous aux faits. Bon placement!
Graphique ci-dessous : pourcentage d’encaisse sur les actifs détenus et encaisse total.