Le 15 octobre 2010 – 8h15
Le président de la FED, M. Bernanke, entreprend son discours à Boston en mentionnant que les conditions sont réunies pour une autre intervention de “détente quantitative”. Malgré une première ronde de relâchement monétaire et l’injection dans l’économie de 1700 milliards $ (qui a cessé fin avril 2010), «le chômage est insoutenable et demeure très élevé» dit le président dans son discours. L’inflation est très basse et au-dessous des cibles de la FED, toujours selon M. Bernanke.
Lutte contre la déflation
Il apparaît juste de dire que la FED combat la déflation qui gruge le pays. M. Bernanke n’est pas sans savoir que les reprises de finances des maisons ont atteint encore un record de 102,000 seulement en septembre, que 6% des travailleurs Américains n’ont pas d’emplois à temps plein depuis plus de six mois et que le dernier sondage, auprès des PME américaines, révélait que les dirigeants n’ont pas l’intention d’embaucher au cours des prochains trimestres. En plus, le déficit commercial, à la surprise de tous, a grimpé en flèche en août 2010.
Bref, ça va très mal ! Tous ces facteurs, et bien d’autres, causent des pressions à la baisse sur les prix.
Pertinence des nouvelles mesures
Les raisons peuvent être bonnes pour recommencer le processus de détente quantitative. Par contre, plusieurs spécialistes, y compris certains dirigeants de la FED, contestent l’efficacité d’une réinjection d’environ 1000 milliards $ dans l’économie.
Leurs arguments sont ceux-ci: la première ronde de rachat d’actifs n’a pas fonctionné. Le Japon essaie ce mécanisme depuis au moins 15 ans sans succès avec comme conséquence l’endettement des générations futures japonaises. Il serait préférable de s’attaquer aux problèmes structurels des États-Unis plutôt que de mettre encore une fois un BAND AID sur le “bobo”.
Deux discours dans le même discours !!!
M. Bernanke ! Après avoir affirmé que les possibilités d’intervention monétaire de votre part sont très élevées pour relancer l’économie du pays, vous admettez implicitement que les premières tentatives n’ont pas eu les résultats attendus. En tant que Président de la FED, vous connaissez les problèmes auxquels le pays et vous-même êtes confrontés. Vous admettez également que beaucoup de temps est nécessaire pour régler ces difficultés et, en plus, vous soulignez que vous n’êtes pas certain de l’efficacité entière des mesures d’assouplissement monétaire.Par contre, vous osez déclarer que les conditions sont là pour une bonne croissance de l’économie en 2011. Voilà pourquoi je dis que vous êtes un fumiste !
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Martin Michaud
Analyste géopolitique
Déficit commercial des États-Unis pour le mois d’aout 2010.