Bref historique
En fait, la dernière déflation à survenir en Amérique du Nord remonte aux années 30. Au Japon, le pays est pris avec ce malaise depuis environ 15 ans et semble incapable de s’en sortir, malgré une dizaine de plans de relance.
Depuis 125 ans, les territoires développés ont subi la plus longue période de déflation entre 1873 et 1896, soit pendant 23 ans! C’est long!
Qu’en est-il aujourd’hui?
En 2009, nous avons vécu quelques mois de déflation. Les gouvernements inquiets ont alors délié les cordons de la bourse comme jamais dans l’histoire pour ramener l’économie vers le haut. Les autorités ont craint le pire.
Automne déterminant
Nous sommes maintenant à la croisée des chemins. Dans les mois à venir, une série d’événements mettront encore une fois l’économie à rude épreuve. Les autorités ont peur que l’un des faits suivants entraine l’économie dans une tourmente semblable à 2008.
1- L’immobilier tiendra-t-il le coup autant aux États-Unis qu’au Canada, qu’en Europe et qu’en Chine ?
2- Le plan de relance supplémentaire annoncé par le président Obama sera-t-il suivi par une reprise de l’investissement1 privé?
3- Le 3 septembre dernier, malgré des chiffres acceptables, le taux de chômage des États-Unis s’est hissé à 9.6%. Si l’on tient compte des personnes découragées, de ceux qui ne sont plus comptabilisés ainsi que des travailleurs forcés de faire du temps partagé plutôt que du temps plein comme avant la crise, le chiffre officieux du chômage américain s’élèverait plutôt à 16%. Ce point est crucial car du moment où il n’y a pas de relance d’emploi, l’économie reste amorphe. (voir graphique)
4- Selon l’agence de notation Moody’s, 46 des 50 États, ainsi que plusieurs grandes villes des États-Unis, demeurent étroitement sous surveillance et à risque de manquement à leurs obligations financières. Une accumulation de près de 3,000 milliards $ de dettes n’apparaît pas tenable, même à moyen terme. Pour certaines villes et États, le risque de défaillance est très élevé dans les prochains mois. Ces acteurs financiers importants aux États-Unis pigeront tôt ou tard dans les poches des contribuables pour se renflouer, ce qui diminuera le pouvoir d’achat des consommateurs.
5- Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, les banques possèdent une plus grande part que tous les particuliers de la valeur nette du logement résidentiel aux États-Unis.
Conclusion
1- Un autre plan de relance pourra pallier encore au manque d’investissement privé, mais pour combien de temps ? M. Ben Bernanke, dans son discours du 27 août 2010, demandait justement au secteur privé de prendre la relève. Mais avec ce nouveau plan attendu, la réponse se trouve là : le secteur privé ne joue pas son rôle pour le moment et attend pour investir que le moment soit propice pour faire de l’argent.
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