Un peu d’historique
La rencontre du G20 qui avait lieu en avril 2009, à Londres, a été organisée presqu’en catastrophe. Suite à la dérive financière, les membres actifs du G20 s’étaient entendus pour l’établissement d’un “nouvel ordre mondial”, entres autres, sur la règlementation et l’encadrement des institutions financières. Tous étaient d’accord pour être solidaires face à la menace d’une dépression planétaire. On avait alors voté pour des mesures d’urgence sans trop de problèmes.
La session suivante a eu lieu à Pittsburgh, fin septembre 2009. Avant même que la rencontre tant attendue ne débute, les divergences apparurent. D’un côté, les Européens voulaient une meilleure règlementation globale de la finance, en particulier au niveau bancaire. De l’autre côté, les États-Unis et l’Angleterre, sous la pression du puissant lobby bancaire, désiraient garder l’essentiel du modèle anglo-saxon, i.e le laisser-aller de faire de la finance; autrement dit, l’essentiel du modèle qui a conduit le monde sur le bord du précipice !
La déclaration finale de cette rencontre enthousiasma un peu les participants (je dis bien un peu) car les 20 pays s’étaient entendus pour une révision des façons de faire en particulier dans le système bancaire ainsi que sur l’amorce d’une timide volonté de changement.
Par contre, les pays ont omis de parler (sans doute volontairement) de l’essentiel qui déstabilise l’économie mondiale, soit la réforme de la monnaie de réserve mondiale : le dollar américain.
La dernière réunion à Toronto afficha encore plus à la face du monde les profonds désaccords entre les pays participants. Chaque pays y alla du “chacun-pour-soi”, cramponnés qu’ils étaient à leur propre agenda dicté par leur politique intérieure respective. Il s’avère que même si les 20 pays ont réussi à s’entendre sur un point, par exemple la réduction des déficits budgétaires, aucun mécanisme ne peut contraindre un pays à suivre la règle établie s’il décide unilatéralement de faire fi de cette entente intervenue.
Autre exemple, l’instauration d’une taxe bancaire (qui n’a pas fait l’unanimité, le Canada compris) pour ramasser une réserve si une autre débâcle financière se reproduisait. En fait, les Européens veulent avoir un filet protecteur pour ne pas devoir à refiler la facture aux contribuables comme ce fut le cas avec la faillite des grandes banques et avec les plans de sauvetage qui suivirent pour sauvegarder le secteur financier et l’économie en 2008-2009.
En conclusion
Le G20 a-t-il un bel avenir? Tout dépend. Si tous les pays réussissent, même dans les divergences, à créer une agence permanente qui pourrait au moins faire appliquer les décisions prises lors des sommets, un pas énorme aura été fait. Ils doivent comprendre que, dans une économie mondialisée, les problèmes d’un partenaire deviennent souvent leur propre problème. La crise de 2008 en est le parfait exemple. De plus, cette agence serait en mesure de coordonner un éventuel changement au niveau du système monétaire tel que nous le connaissons depuis les accords de Bretton Wood en 1944. Les 20 pays du G20 représentent 85% de l’économie mondiale ! Ils ont donc le poids et les moyens d’agir. Il ne manque que la volonté. Cette volonté qui pourrait voir le jour suite à une prochaine crise encore plus forte que la dernière. Pour l’instant le G20 reste limité.
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