Le nucléaire en est le parfait exemple. Pendant que le Canada freine le développement de son énergie nucléaire (rappelez-vous la fermeture du laboratoire produisant des isotopes médicaux à Chalk River en Ontario) le reste du monde adopte le mode “construisons des centrales nucléaires en grandes quantités”.
D’ici 2030, près de 500 nouveaux réacteurs verront le jour dans le monde. À eux seuls, les pays comme la Chine et l’Inde construiront une cinquantaine de nouvelles centrales d’ici 2020 seulement. Le Brésil et la Russie embarquent eux aussi dans le mouvement planétaire.
Les États-Unis, la France et l’Angleterre font partie de la trentaine de pays développés et émergents qui ont officiellement lancé ou relancé leur participation à la renaissance de l’énergie nucléaire.
La question est : pourquoi cette relance ?
Quatre grands facteurs peuvent inciter les pays à investir dans ce sens.
1. Avec l’augmentation de la population mondiale (particulièrement dans les pays émergents) et de la croissance économique planétaire des dernières années, les ressources fossiles (charbon, gaz et pétrole) sont de plus en plus sollicitées. On estime que, d’ici 2030, la production d’électricité mondiale devra presque doubler pour répondre à la demande. Le problème est que la quantité restreinte existant dans le sol s’épuise rapidement. Les trois ressources mentionnées plus haut sont responsables de 64% de la production d’électricité mondiale. Même la découverte de nouveaux gisements ne pourrait pas renverser la tendance accablante : nous vivons la fin des ressources fossiles !
2. Le nucléaire représente un moyen de lutte contre les changements climatiques. La production d’électricité par le nucléaire se veut sans émission de gaz carbonique, contrairement aux centrales électriques qui brûlent des combustibles fossiles.
3. 28% de l’électricité actuelle provient du pétrole et du gaz qui sont tous deux en voie de tarissement. Leur prix à long terme sera de plus en plus élevé. Par contre, l’électricité qui provient de la combustion de l’uranium est déjà plus économique. Donc, convertir une partie de ses besoins d’électricité domestique au nucléaire représente une économie immédiate et à long terme.
4. Avec la rareté des combustibles fossiles qui se dessine à l’horizon, l’approvisionnement en matières premières pour produire de l’électricité risque de se compliquer. C’est pourquoi plusieurs pays ont choisi d’inclure, dans leur plan énergétique, la construction de nouvelles centrales nucléaires. De cette manière, ils s’assurent d’une plus grande indépendance énergétique. L’exemple à suivre est la France. Avec 58 centrales, cette dernière assure 50% de ses besoins en énergie.
Bonne semaine