Il est maintenant ardu, voire impossible, de se prémunir et de protéger son portefeuille d’une catastrophe à l’autre bout du monde (même si votre portefeuille est composé à 100% de titres canadiens) puisque les compagnies qui sont cotées sur les marchés boursiers canadiens doivent composer, pour la grande majorité, avec le marché mondial plutôt qu’avec le marché intérieur.
Les décisions du gouvernement canadien n’ont pratiquement aucun effet sur votre portefeuille boursier ou peut-être parfois un petit, mais à court terme. Quant aux décisions du gouvernement québécois, elles ont encore moins de conséquences que ce soit à court ou à long terme et ainsi va de même pour l’économie locale.
Pour comprendre la mécanique, voyons quelques exemples.
1- Vous investissez dans une compagnie de pétrole dont les actions sont cotées à la bourse de Toronto, donc au Canada. La fluctuation à la hausse ou à la baisse des actions de cette compagnie n’a rien à voir avec l’usine en difficulté près de chez vous. En fait, les forces du marché qui déterminent le prix du baril de pétrole sont ailleurs.
2- Vous voulez investir dans une mine d’or du Québec ? Il y a certains avantages pour cette compagnie de faire des affaires au Québec par rapport à d’autres endroits. Par contre, sur sa performance en bourse (ce que recherche l’investisseur), la compagnie est aux prises avec une multitude de facteurs hors de son contrôle. Ex : le prix de l’or est en argent américain, le marché est mondial et les prix fluctuent en fonction d’une quantité impressionnante d’éléments. Parmi ceux-ci : la fluctuation de la monnaie américaine, les risques de défaut de paiements d’un pays, les taux d’intérêts, la quantité d’or produite, les découvertes, les arrêts de travail d’une mine importante, la demande pour le luxe… je rajoute aussi la peur. Oui, car depuis septembre plus d’un an l’or est devenu un peu un indice de peur.
La raison pour laquelle je vous rappelle ce principe fondamental est le fait que, présentement, nous assistons à un décalage entre la performance économique du Canada et celle des autres pays développés. Combien de temps cela pourra durer? Le Canada pourrait-il se faire rattraper par les mauvaises nouvelles venues d’ailleurs? Et ses bourses?
Regardez ce qui s’est passé en 2008 avec la dégringolade planétaire. Les bourses canadiennes se sont toutes retrouvées dans le même bateau. Lors du prochain plongeon, vous serez au moins avertis.