Dans l’histoire économique moderne, les crises économiques qui ont duré plus longtemps que les autres n’ont pas toutes commencé de la même façon. Par contre, il y a toujours des similitudes. Une crise bancaire, que ce soit dans un seul pays ou à l’échelle planétaire, dérive toujours vers la crise économique. Évidemment, la dévaluation des actifs immobiliers et des valeurs en bourse évolue en parallèle et amplifie la crise. Lorsque les pays (ou un bloc économique) sont fortement endettés, l’inévitable problème de la dette souveraine resurgit puisque cette dernière est devenue soit colossale et problématique, soit ingérable à cause des facteurs extérieurs, ce qui occasionne une forte dévaluation de la monnaie. Voilà en gros ce qui se passe mais, cependant, pas toujours dans le même ordre.
Atteindre le paroxysme d’une dépression économique ne se fait pas en ligne droite.
Dans quelle direction le monde évolue depuis le début de la crise actuelle?
En 2005-2006, la détérioration du crédit hypothécaire aux États-Unis (les propriétaires n’étant plus capables de payer) évolua sur une dévaluation massive de la valeur des maisons (1ère étape). Les banques furent prises avec un double problème : un enlisement dans les reprises de finance qui n’en finissaient plus ainsi qu’une perte de valeur des actifs complexes (produits dérivés devenus actifs toxiques) basée en grande partie sur la valeur artificielle des maisons. La crise bancaire éclata au grand jour (2e étape). Pour se refaire une santé financière, les banques coupèrent l’accès au crédit, profitèrent des écarts de taux historiquement avantageux et augmentèrent les frais pour les clients. Les résultats furent dévastateurs : licenciement, chômage élevé, fermeture d’entreprises, chute de la bourse et chute rapide de l’activité économique en général. Ce fut le début de la crise économique (3e étape).
Pour pallier au manque d’activité économique, les gouvernements lancèrent des plans de relance ambitieux. Par le fait même, en voulant faire sa part, les états du monde entier empruntèrent, garantirent et firent plusieurs autres tours de passe-passe pour favoriser la relance économique. Le résultat fut que chacun des états devint plus endetté qu’avant la crise et plusieurs de manière problématique.
Le résultat des plans de relance par endettement cache les problèmes de fond sur le court terme mais amplifie, déstabilise et, à la limite, provoque des chocs extrêmes sur les systèmes en place sur une longue période. Je pense aux systèmes financiers, économiques et monétaires.
Quand les états commencent à devenir surendettés, toujours par rapport à leur capacité de payer (4e étape), la croissance économique diminue, compte tenu du fait que l’état a un besoin titanesque de revenus et puise alors dans les poches de ses contribuables pour honorer ses dettes. Cette situation fragilise les différents pays qui luttent avec cet état de fait.
La crise monétaire (5e étape) rôde alentour de ces pays comme un chat qui guette sa proie. Parvenu à ce point, c’est la pire des situations. La monnaie du pays est malmenée et le gouvernement en place ne gouverne plus grand-chose de son économie. Le système financier et l’économie du pays subissent alors les forces extérieures : l’augmentation du taux d’intérêt exigé et la mise en place d’un plan de redressement austère. De plus, l’orientation économique et sociale propre au pays devient de moins en moins viable et les citoyens en subissent les graves conséquences.
Avec les problèmes que vivent Dubaï, la Grèce, le Portugal, l’Espagne et bien d’autres pays, nous pouvons dire que le monde est présentement au début de la quatrième étape. Cette étape peut-être longue mais, avec des mesures courageuses, nous pourrions éviter de parvenir à la cinquième étape.
Soyons positifs et responsables puisque nous aurons tous à prendre part à la relève des finances de notre pays.