Je me ferme les yeux et j’imagine ma province dans 10 ans. D’ici 2020, par quel chemin passera le Québec?
À court terme, un passage obligé de « serrage de ceinture » nous attend, dès la fin du mois, avec l’annonce du budget. Chaque citoyen, jeune et âgé, aura à faire sa contribution, ce qui nous rendra plus solidaires, d’autant plus que nous avons présentement un exemple (la Grèce, avec son plan d’austérité presqu’extrême pour rééquilibrer ses finances) pour nous rappeler combien il est important de renverser la vapeur de la dérive déficitaire du budget de l’État.
Dans quelques années, et avec de la rigueur, en parvenant à la bonne santé financière de la province, nous aurons une force incroyable dans un monde fragilisé par un amoncellement de dettes.
À moyen terme, notre énergie verte (hydroélectrique, éolienne et, j’espère, solaire*) deviendra une autre force pour le Québec. À ce propos, je pense qu’indépendamment du gouvernement en place à Québec, nos politiciens n’auront pas le choix de promouvoir tout ce qui est vert, et ce, pour deux raisons : la population le réclamera; nos voisins, comme l’Ontario, investissent massivement pour leur développement écologique, notamment l’énergie solaire.
Le Québec s’est bâti une infrastructure industrielle et de consultant pour exporter et l’expérience de libre échange avec l’ALENA, en partenariat avec les États-Unis et le Mexique, l’a bien avantagé. Donc, à long terme, avec l’ouverture qui viendra du libre-échange entre le Canada et l’Union européenne, nous serons en excellente position de commercialiser notre savoir-faire. Le dollar canadien demeure encore très avantageux par rapport à l’Euro, un peu comme l’était le dollar canadien par rapport au billet vert pendant les dix-sept premières années de notre libre échange.
Si le Québec veut faire partie des nations privilégiées au-delà de 2020, les dix prochaines années ne seront pas superflues pour nous permettre de redéfinir nos forces et améliorer nos faiblesses. Dans le tournant de la prochaine décennie, deux marchés seront encore plus matures et intéressants pour nos entreprises. Je pense ici à l’Inde et au Brésil, puisque leur démographie les avantage fortement, en comparaison de l’Amérique du Nord et de l’Europe.
Le Québec est capable de relever le défi et en sortir plus fort, restons positifs.
D’ici quelques années les coûts de production de l’énergie solaire seront concurrentiels à ceux de l’hydroélectricité. Ils resteront néanmoins un peu plus élevés, mais beaucoup plus intéressants à développer.
La prochaine chronique paraîtra le 22 mars. Merci à mes lecteurs.