Je vous raconte mon expérience personnelle vécue au mois de novembre dernier, à l’hôpital de ma ville, soit Drummondville. Je dois me rendre tous les trois mois pour une prise de sang. Je me présente, comme d’habitude, espérant faire la file 30 minutes puis attendre un autre 30 minutes avant d’être appelé pour ma petite piqûre. En arrivant, je vois un changement. On doit prendre un numéro afin de s’enregistrer. Je reçois alors le numéro 131, ils sont rendus au numéro 48.
Une heure plus tard, je m’enregistre enfin. Ils sont alors rendus au numéro 65 pour les prises de sang. Je retourne m’asseoir. Tout en attendant, j’entends deux personnes dire qu’elles étaient là depuis deux heures et demie !
La dame qui est aux renseignements me confie que depuis le changement avec la machine distributrice de numéros, le délai est passé de 1 heure (en moyenne) à 2 heures et demie, 3 heures ! Elle me dit alors que si je ne voulais plus attendre, je pouvais me rendre à telle pharmacie et que pour 15$ je pouvais avoir ma prise de sang et que le délai était d’environ 15 minutes.
Et voilà ! Allons au privé !
Cette situation n’est pas unique et pas dramatique. Je suis très conscient que beaucoup de gens attendent des semaines, voir des mois, pour avoir droit aux soins qu’ils méritent. Mon cas est banal, mais je voulais souligner cette tendance qui affecte le système de santé : la difficulté d’avoir accès à des soins. De plus, avec ce qui s’en vient, il sera difficile d’améliorer cette problématique d’accessibilité. Le système de santé est en difficulté. Le système craque de partout. La santé est « malade » !
Déjà près de 45% du budget gouvernemental est consacré à la santé. À la suite du colloque sur les finances publiques qui a eu lieu le 24 novembre dernier, le ministre des Finances, M. Bachand, a même annoncé, le lendemain, que le gouvernement n’aura pas le choix de réduire les dépenses de santé dans les prochaines années.
Les citoyens qui ont besoin de services pointus et rapides n’auront pas d’autres choix que de se tourner vers le privé. Le gouvernement fournira l’essentiel et laissera la place au privé pour combler les nombreuses lacunes.
Avez-vous remarqué que c’est le ministre des Finances qui a annoncé les futures coupures et non le ministre de la santé, M. Yves Bolduc. Attendez-vous à ce que dans les prochaines années, à cause des dettes croissantes de tous les états, la finance prédominera sur les gouvernements et le citoyen sera coincé entre les deux.
Bonne semaine !