Avant 1970, les gens prenaient leur retraite le plus souvent à cause de l’incapacité d’accomplir les tâches demandées rendues trop difficiles. Dans les usines, ou sur les chantiers, le travail était très exigeant. Épuisé, le travailleur n’avait d’autres choix que de retourner à son domicile avec sa boîte à lunch. Sans fonds de pension, la décision était vraiment déchirante. C’était une retraite souvent tranquille car le travailleur, à cause de sa condition physique, vaquait seulement à ses petites occupations quotidiennes. Faut dire que l’espérance de vie était aux alentours de 65 ans en 1950. Donc, à 60 ou 63 ans, quand l’heure de la retraite arrivait, c’était comme avoir 75 à 78 ans aujourd’hui, avec une espérance de vie de 81 ans pour les hommes en 2008.
Aujourd’hui la situation a radicalement changé.
Bon nombre de citoyens sont en pleine forme à l’âge de 55 ans et même jusqu’à 60 ans. Ils veulent bouger, travailler encore un peu, faire du bénévolat, se lancer en affaires, devenir consultants ou faire enfin un projet qu’ils caressent depuis des années. Mais, par-dessus tout, la liberté que procure un coussin financier, durement gagné, permet de faire plein de choses, sans pression, sans contrainte et surtout à son rythme. Les gens pour la plupart ne sont pas vraiment à la retraite, ils font plutôt « un changement de mode de vie » parce qu’ils en ont les moyens et la capacité physique de le faire.
Par contre, depuis quelques années, la situation se détériore. Un pourcentage en croissance doit retourner au travail à temps partiel, à moindre salaire, presqu’obligatoirement, soit pour boucler les fins de mois ou pour se payer un petit peu de luxe. Ce n’est certainement pas le genre de retraite que ces personnes avaient envisagée. Pourtant, depuis le début du siècle, le phénomène grandit. La question qui mérite d’être soulevée est la suivante : «Qu’es-ce qui a changé à ce point pour modifier le mode de retraite qui s’était établi dans les années ’80 et ‘90 ? » Sans avoir fait une étude scientifique, je pourrais affirmer que, lorsque j’étais courtier en bourse, beaucoup de nouveaux clients dans la cinquantaine que j’ai recrutés de 2005 à 2007, m’ont avoué, par dépit, envisager un report de retraite, un maintien d’emploi de 2 à 3 jours par semaine ou une retraite partielle. En bref, ils voyaient autrement leur retraite, ou changement de mode de vie.
Tout cela est très inquiétant car, à ce moment-là, les régimes de retraite n’étaient pas forcément dans le trouble, aucune coupure n’avait été annoncée et, surtout, la bourse avait récupéré presque la totalité de la débâcle de la bulle techno du début des années 2000.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Avec une deuxième chute boursière en moins de 10 ans, la situation est très préoccupante.
La semaine prochaine, je vous ferai part des raisons que j’estime, pour l’avoir vécu, affecter le plus votre retraite et je ne parle pas ici d’une retraite de luxe.