Voilà pour le côté technique. Maintenant allons voir les conditions réelles sur le terrain. D’entrée de jeu, je considère les faits et chiffres qui suivent comme des termites qui grugent une planche de bois. Tôt ou tard, la planche cassera et je ne suis pas le seul à penser de cette façon.
J’ai trouvé quelques notes discordantes dans les dernières semaines :
1- L’équivalent de notre assurance dépôt au Canada, la FDIC (federal deposit insurance corporation) des États-Unis, manque de liquidités. La mesure mise en place par cet organisme est de faire payer, trois ans à l’avance, des primes perçues à même les commissions des banques afin d’assurer les dépôts. La FDIC compte recevoir 45 milliards de dollars de cette mesure. Je dois préciser que cette année seulement, il y a eu 95 faillites dans le réseau bancaire américain, en plus des 25 faillites de 2008. Le coût des faillites en 2009 est estimé à 32 milliards de dollars. Article du 29 septembre sur le site Cyberpresse.
J’en conclus que l’organisme s’attend à des années difficiles. Faire payer d’avance revient à emprunter aux banques pour les protéger !!!
2- Connaissez-vous Nouriel Roubini ? Ce professeur d’économie (New York University) est un des rares à avoir prédit, 2 ans d’avance, la crise financière actuelle. À l’époque, il passait largement pour un hurluberlu devant les nombreux économistes qui le disaient pessimiste et fataliste. Depuis la crise, ses analyses justes et sans parti pris ont fait en sorte
qu’il est en grande demande partout dans le monde. Devenu une sorte de gourou que l’on dit maintenant bien informé et réaliste, M. Roubini pense que le bourbier dans lequel nous sommes plongés est loin d’être terminé car les fondements de l’économie ne sont pas encore assez forts pour justifier les hausses des bourses du monde entier depuis 6 mois. Il y voit un signe de spéculation directe. De plus, des sommes colossales sont empruntées en
dollars US par les investisseurs, à de très bas taux d’intérêt, et sont réinvesties directement dans les marchés des actions et des ressources. Ces réinvestissements sont surtout profitables aux pays émergents créant ainsi une bulle gigantesque avec le risque d’une autre crise financière. M. Roubini est d’avis que le petit jeu finira quand la FED commencera à relever ses taux, ce qui entraînera, par le fait même, un renforcement de la valeur du dollar américain. À ce moment-là, tout le monde voudra sortir du marché en même temps et la bourse pourrait s’effondrer à nouveau, ainsi que la valeur des autres actifs comme le pétrole et les ressources naturelles.
Même si dans les journaux ou dans les bulletins de nouvelles, les commentateurs annoncent la fin de la récession, il faut souvent lire entre les lignes pour être en mesure d’avoir un bon portrait de la situation réelle. Dans les prochains mois, je continuerai à vous informer des développements, du résultat de mes recherches d’éléments positifs et de notions sur lesquelles l’investisseur doit garder sa vigilance. Le but est de vous aider à améliorer vos décisions en vous basant sur de bonnes informations.