Il y a six mois, quand je lisais de la documentation sur ce pays, les experts étaient unanimes à dire que le marché chinois sera le futur Eldorado dans … 5 à 6 ans, quand les consommateurs commenceront à dépenser leurs réserves personnelles accumulées. Chaque chinois qui travaille met, en épargne, 25% de son revenu. N’ayant pas de filet social garanti par l’état, le travailleur chinois fait son propre coussin pour les soins de santé et ses vieux jours. Surprise ! le gouvernement voyant ses exportations fondre a décidé de changer le cap de sa stratégie économique et de consentir à des avantages sociaux garantis par l’État. Le parti communiste chinois au pouvoir n’a pas à consulter ses citoyens et les changements de politique s’adaptent rapidement à la conjoncture. Le consommateur chinois non endetté pourra commencer à dépenser dans son pays et relancer l’économie intérieure. Je vous prédis que le redressement sera rapide et que les chinois gagneront leur pari. Un pays qui en sortira gagnant est le Japon. Près géographiquement du marché chinois et, lui aussi, pays exportateur, le Japon profitera de l’accroissement des dépenses des consommateurs chinois.
LE CANADA :
Pays mature sur le plan industriel, le Canada a subi une baisse de près de 6% de ses exportations au premier trimestre de 2009, ce qui est énorme pour un pays comme le nôtre. Notre principal client, les États Unis, est à bout de souffle. Je souligne que depuis l’accord du libre échange avec les États-Unis en 1987, nos exportations vers nos voisins du sud approchent les 80% de la totalité. Dans une stratégie de portefeuille, on appelle cela de la « concentration ».
Nous avons « surfé » trop longtemps dans la facilité avec un dollar faible qui rendait nos produits attrayants, point de vue monétaire. Il serait urgent de trouver un autre partenariat de type « libre échange » pour diversifier nos exportations. Contrairement à la Chine, le marché domestique canadien est un peu chancelant avec un taux de chômage qui grimpe. Le consommateur a besoin de respirer un peu. Par contre, nous ne devons pas être désespérés car le Canada a des atouts dans sa manche.
Les ressources naturelles, l’innovation, un état peu endetté ainsi qu’un système financier très solide sont des forces de taille pour le Canada pour passer à travers la crise et réussir à en sortir plus fort. Le temps presse et le Canada doit se positionner là où le pouvoir économique bascule tranquillement, soit en Asie. L’action de nos gouvernements, dans les prochains mois, sera sans aucun doute déterminante sur l’avenir économique du pays, du maintien du niveau de vie ainsi que de la richesse collective. J’ai hâte de voir comment ils s’en sortiront face à la montée du protectionnisme américain et la clause « BUY AMERICAIN ».
La semaine prochaine : Deuxième chronique de cette semaine en bref
Bonne semaine et bonne rentrée scolaire.